EXEMPLES D AGRESSION PREMEDITEE ET DE MALVEILLANCE CONCERTEE
Je passe maintenant, Monsieur le Procureur de h République, aux exemples d'ag-ression préméditée et de malveillance concertée.
Trois hommes ont encouru, au début de l'affaire, les représailles des militaristes, nationalistes ou boulang-istes.
Ce sont :
M. Emile Zola, l'illustre écrivain, l'infatig'able tra-J vailleur, le vig'oureux polémiste dont le cri de justice traversé le monde avec un bruit de tonnerre.
M, Georges Picouart, dont Bataille a tracé cet aimable portrait : a Le colonel Picquart est un des plus jeunes lieutenants-colonels (le plus jeune) de l'armée, g-rand, mince, élancé, la physionomie très douce, une fint moustache estompant à peine la lèvre. Il a quarante-j trois ans et on ne lui en donnerait pas plus de trente. Il] s'exprime d'une voix très sympathique et tout à fait séduisante. »
venait à être établie iiltérieuroment, on reprendrait les poursuites... Néanmoins, le général de Luxer paraissait dispost' à examiner avec les membres du Conseil la question d'uni complément d'information et d'une remise de Taflaire, lorsque] le général de Pellieux lui a dit que c'était inutile. « Le général de Pellieux. — Je n'ai rien à dire. .. » Assurément, Monsieur le Procureur, vous serez le premier à] reconnaître et personne ne contestera que celle invraisemblable] intervention du général de Pellieux était d'une gravité inouïe ;] le récent aveu qu'Esterhazy a fait de ses rapports avec M. de] Schwartzkoppen en a souligné toute l'énormité.
En s'opposant sans droit à un suppl(''mL'nt d'information, en^ empêchant ainsi un examen approfondi de la question soulevée,^ le général de Pellieux a, en effet, assumé une lourde responsabilité, non seulement envers le Conseil de guerre, mais aussi envers le pays.
Il était appelé aux plus hautes fonctions. N'obéissant lu'à sa eonscionce, il atout sacrifié à la vérité; il est 1. principal témoin de l'alTaire.
M. Louis Leblois, ancien mai2;-istrat, avocat à la cour (l'appel et adjoint au maire du 7^ arrondissement. « Il ( sL tout à fait maître de lui, dit Bataille, et s'exprime avec une clarté et une tranquillité parfaites. »
C'étaient là trois adversaires d'autant plus redouihles que, dans l'afTaire, ils allaient tous visiblement
rencontre de leurs intérêts, intérêt matériel de leurs situations compromises ou sacrifiées, intérêt moral de I 'ur repos.
Quelle force que le désintéressement !
De M« Leblois, vous savez. Monsieur le Procureur de Il République, comment on a voulu se veng^er.
Aussitôt après l'arrêt de la cour d'assises (28 février i.S()8), M. Méline fut appelé par une interpellation à
onter à la tribune (24 février i8g8).
Le soir même, sans avoir pris avis du maire ni du préfet, et contrairement au sentiment de M. Barthou, ministre de l'intérieur, il relevait M. Leblois de ses foncions d'adjoint.
Ce n'était que mesquin ! La veng-eance était à la mesuré
• M. Méline, paraît-il...
Vous vous souvenez de la campaq-ne qu'on fit ensuite, notamment dans ï Eclair, pour appeler sur la tête de M'' Leblois les foudres du conseil de l'Ordre.
On y parvint !
Me Leblois a été frappé (22 mars 1898) pour avoir voulu instruire le gouvernement de la vérité. Mais, en même temps, la décision du Conseil de l'Ordre rendait un hommage peu banal à son désintéressement, en sorte que, loin de le diminuer, elle le e-randissait.
Je me suis laissé dire, car je n y étais pas, qu'un jour,
aux assises, M^ Rousse, le bâtonnier unanimement res-; pccté, défendant contre INI. Quesnay de BeaurepaireJ avocat général, une intéressante cliente, avait révélél certain détail, au sujet duquel il avait tenu ce propos textuel : « C'est peut-être méconnaître une de noi rèfjles professionnelles^ mais j'en cours volontiers le risque, si cette infraction doit sauver cette malliea^ re use femme. »
Si M^ Leblois a ag-i de même pour faire éclater l'inno-J cence d'un homme injustement etillég-alement condamné,] qui donc, en conscience, l'en pourrait blâmer? Et n'est-il pas d'un bon exemple de se mettre au service de h vérité?
Le coup n'avait donc pas porté. Au contraire ! Alors, d( lon^'s mois s'étant écoulés, M. Gavaig-nac, ce « sombre dadais », comme l'appelle M. Clemenceau, imag-ina de vous remettre, Monsieur le Procureur de la République, une plainte ridicule, dans l'unique but de bien montrer au monde qu'il ne voulait que la nuit dans l'univer^ sel silence.
Sus à tous ceux c/ui, au prix de leur repos, tral vaillent et luttent pour la vérité!
C'était la devise de M. Méline, qui, aux vaillants lui teurs de la première heure, disait : a // ny a pi dciffaire Dreyfus », ou encore: « Il faut cjue celi cesse! » Paroles dig^nes de passer à la postérité, comme 11 (( cœur lég-er »! Si gouverner, c'est prévoir, M. Méline n'était g-uère fait pour g-ouverner.
C'était la devise aussi du général Billot.
Et, par exemple, vous vous souvenez sans nul doutej Monsieur le Procureur, de l'incident Grimaux, au cours du procès Zola ?
M^ Labori. — M. Grimaux vient de parler de menaces et de procédés d'intimidation ; je lui serais reconnaissant de vouloir bien nous faire connaître lesquels.
M. Ed. Grimaux. — J'ai juré de dire la vérité toul entière; je ne puis me refuser à répondre à la demandf (!e la défense. Je dirai tout. — Le i6 janvier, le miniî
t.re de la g"uerre me fit demander oFficiellement si c'était Lien moi (Hii avais sii-né la protestation dont j'ai parlé i.tut à riieure. Immédiatement, j'éerivis une lettre dans laquelle je disais : « Voici la protestation que j'ai si^-née, (Il voici le texte ; je l'ai sii^née, je le reconnais. » Il paraît ([lie, le lendemain, au conseil des ministres, un décret .'le révocation du professeur à l'Ecole polytechnique, quia icnte-quatre ans de services à l'Etat et de services à la -cience, était présenté. Mais le Conseil le déclara illégal; le Conseil déclara que ma pétition était respectueuse et (jiieje n'avais fait qu'user du droit de tout citoyen en si^•nant cette pétition à la Chambre. »
Ce fut également la devise de M. Cavaig-nac.
N'eut-il pas, par exemple, cette idée folle de proposer un jour au conseil des ministres de faire arrêter et (h' traduire devant la Haute-Cour tous ceux dont la parole courag-euse et libre le g-ènait en son rêve d'omnipotence : Clemenceau et Urbain Gohier, Jaurès et Gérault-Richard, Yves Guyot et Trarieux, Ranc et Leblois, etc.. Tous, tous !
Ce fut encore la devise du g-énéral Zurlinden, et, après lui, celle du général Chanoine...
Oh ! celui-là ! N'avait-il pas écrit à son ami, M. Vallé, sous-secrétaire d'Etat, qu'il fallait faire la revision et remettre les choses et les individus à leur place ? N'avaitil pas dit, commeuasimpleDiumont(i), qu'il fallait nettoyer les écuries d'Aug-ias? Dans des lettres pressantes, n'avait-il pas demandé à son ami son concours pour obtenir le portefeuille qu'il convoitait? Et, après la séance de la Chambre (26 octobre 1898) où il se comporta si correctement envers M. Brisson, n'a-t-il pas
(1) Le 5noveml)re 189K !M. DrumoiU rcrivait : « Reprardoz ce ministère de la K'ii«'rrp qui devrait êtro le sanctiuiirr du patriotisme •■[ qui est une caverne, un lieu de perpétuel scandale, un cloaque (ju'on ne saurait comparer aux écuries dWu^ias, car aucun Hercule n'a encore essayé de les nettoyer. Une telle maison devrait embaumer l'honneur et la vertu ; il y a toujours au contraire quelque chose qui pue là-dedans. »
supplié, pendant six grands quarts d'heure, M"ie Vallé de lui rendre ses lettres?
Personne n'ie;'nore les incroyables et multiples efforts tentés et renouvelés auprès du colonel Picquart pour lui sug-g-érer le silence et ensuite pour lui en imposer l'oblii^ation
11 faut queje rappelle ici quelques faits, — lesplussaillants, — car, Monsieur le Procureur de la République, vous y trouverez sans doute, comme moi, la preuve que l'effort de déconsidération à l'encontrede Zola et de son père n'est que la répétition des efforts de déconsidération tentés contre Picquart.
Dans sa lettre à M. Sarrien, Picquart a révélé un dialog-ue émouvant entre le g-énéral Gonse et lui-même.
Le voici dans son texte exact :
— Qn' est-ce que cela vous Jait que ce juif soit à Vile du Diable ?
— Mais s' il était innocent?
— Comment voulez-vous revenir sur ce procès? ce serait une histoire épouvantable, le général Mercier, le général Snussier sont encfarjés là-dedans.
— Mon général, il est innocent ; cela doit suffire pour revenir là-dessus; mais, à un autre point de vue, vous savez que la famille travaille, qii elle cherche partout le vrai coupable, et, si elle le trouve, quelle sera notre fjosture ?
Si vous NE DITES RIEX, PERSONNE NE LE SAURA,
— Mon général, ce que vous dites est abominable ; je ne sais pas ce que je ferai ; -siws, en tout cas, je n'emporterai pas ce secret dans la tombe .
Naturellement, M. Gonse a protesté. Tout mauvais cas est niable. Et qu'a-t-il dit? Que sa parole devait être préférée à la parole d'un homme poursuivi pour faux.
ïl J ^j JG crois, à faire ici une observation.
Deux hommes sont en contradiction sur un mr'me fait. L'un, en l'affirmant, s'expose à des représailles certaines et court à sa perte. L'autre, en le déniant, cherche à se protéger et à éviter un irrémédiable clVondrement.
Quel est celui dont le témoignage mérite le plus de créance?
Au surplus, je retiens la défense de INL Gonse, telle qu'il l'a présentée, car nous voyons ainsi, avec une saisissante clarté, pourquoi on a voulu, à tous risciues, contre toute évidence, déshonorer celui dont il fallait, quand même et de toute nécessité, affaiblir les écrasantes révélations, puisqu'on n'avait pas réussi à les empêcher.
Gomment donc a-t-on procédé envers Picijuart qui, appelé, en juillet 1895, à la tête du bureau des renseignements, avait si l)ien donné satisfaction à ses chefs qu'il avait été nommé lieutenant-colonel le fi avril 1896 ?
L On a dit que, dans son enquête sur Esterhazy, il avait agià Tinsuetà l'enconlrc de ses chefs. — Mensonge ! IMis sur la piste de ce dernier en avril ou mai 189G, par \q petit bleu, il avait, en juillet, poussé son enquête plus avant, et il était arrivé ainsi à la preuve des rapports du commandant avec M. de Schwartzkoppen, l'attacné militaire allemand. A ce moment, d'ailleurs, nulle corrélation n'est encore aperçue avec rall'aire Dreyfus. Gependant l'affaire est en soi si grave que, sans en souffler mot à personne, il se borne à en informer à Vichy le ûfénéral de Boisdeffre, qui lui donne rendez-vous pour le 5 août, à la descente du train. « Tout en lui donnant naturellement l'ordre de poursuivre des rechkhcues actives, j'ai dû tout de suite lui conseiller lu plus grande prudence. ..y). Au cours de ses « recherches actives y), le colonel Picquart se procure un spécimen de l'écriture d'Esterhazy. Alors apparaît la corrélation avec l'affaire Dreyfus. Il montre cet échantillon à du Paty de Glam et à M. Bertlllon, qui, sans hésiter, répond aussitô t « C'est l'écriture du bordereau ». (T. L p. 28.").) Quel coup de lumière! Avant de faire procéder à une expertise régulière, il demande ses ordres au général de BoisdeftVe, qui au fur et à mesure avait été tenu au courant des recherches.
Celui-ci décide alors qu'il y a lieu de prévenir le génén Gonse, qui est à la campag-ne, et de lui demander soî avis. Le 3 s»epteiiibre 1896, le colonel Picquart v| en conséquence rendre compte de la situation au génèrg Gonse.
11 est venu, a dit M. de Boisdeffre, me rendre cempte ses soupçons au sujet du commandant Esterhazy^ à moi retour de Vichy, le 5 août 1896 ; il est venu m'attendre à 1^ gare et je l'ai même, je crois en être sûr, ramené chez m( en voiture. 11 m'a reparlé a diverses reprises de cett grave question dans le courant d'août. Dans les premiei jours de septend3re, j'ai jugé nécessaire de l'envoyer rendr^ compte au général (ionse, son chef de service, alors ei permission à la canqjagne.
II. On a dit que, si le général Gonse avait égalemenj encourag'é les recherches de Picquart, celui-ci les avaij continuées dans un sens autre que celui qui lui avait et indiqué. Le général Gonse prétend, en effet, avoir dit :] (( Il faut distinguer les deux affaires, d'une part, celle di capitaine Dreyfus et, de l'autre, celle du commandanl Esterhazy, et ne s'occuper que de l'affaire Es+erhazy. i (T. I, p. i5i.) Retenons que, par là, le général Gonsi reconnaît que la matérielle corrélation des deux affaire] lui a été signalée. S'il a eu vraiment l'idée d'une disjonc tion, cette idée ne ferait point honneur à son jugemei et à sa perspicacité. Mais, dans la vérité, cette explicatioi n'apparaît manifestement c{ue comme le moyen d'unj attaque contre Picquart. En effet, l'idée d'une disjonc tion, contraire à la nature même des faits en questioi est, en outre, en contradiction avec la propre correspoi dance de M. Gonse. Puisque, en fait, la question étai de savoir si « l'écriture du bordereau » n'était pas idei tiquement « l'écriture d'Ester hasi/», comment eût-il et possible de distinguer les deux affaires et de s'occupe! de l'une sans s'occuper de l'autre ? Et, cjuant à la coi respondance, elle prouve avec la dernière évidence que s'il prêchait la prudence, le général Gonse reconnais"! sait parfaitement l'étroite connexité des deux affaires,
7 septembre 1896. — Lettre de M. (ionse : — (( La continuation de l'enquête au point de vue des écritures a le iîi'ave inconvénient d'obliii^er à prendre de nouveaux confidents dans do mauvaises conditions, et mieux vaut, il me scmhle. attendre encore (fue l'on soit fixé, pour continuer fi (ins cette voie délicate.
iO septembre \ 8SI6. — Lettre de M. Gonsc : *< A\i point où vous en êtes de rotre em/uéte^ il ne s'afj::it pas, bien entendu d'éviter la lumière, mais il faut savoir comment on doit s'y prendre pour arriver à la manifestation de la vérité.
Dos déclarations du g-énéral de Boisdeffre et de la correspondance du général Gonse, il résulte donc, sans contestation possible, que le colonel Picquart n'a l'ait et continué son en([uéte C[ue sitr les orclrea de l'un et de l'autre. — Pourquoi donc, par la suite, a-t-on tenté d'impossibles désaveux ?
III. L'explication de ces désaveux, connue depuis long-temps, a été confirmée par le général Zurlinden. C'est à ce moment^ en effet, cjue, comme il l'a dit dans sa lettre du lo septembre i888, ii se déclare dans les bureaux du service des renseiçfnenienfs le conflit Pigouart-Henry, le premier travaillant à prouver la culpabilité d^Esterhazij pour le sid)stituer à Drci/fus. Dans ce conflit est en(/a(/é plus fard le lieutenantcolonel du Pafy de Clam, et des animosités d'ordre privé viennent encore en aqcjraver les conséquences. De grosses faites ET MEME DES GRIMES oxt
ÉTÉ COMMIS PENDANT CETTE PÉRIODE )) . (Juaild, 011
eiret, renquétc du colonel Picquart avait été coniiiio dans les bureaux de l'état-major, Henry et du Patv de Glam avaient, comme on l'a vu plus haut, multiplié leurs ofl'orts pour rompêchor d'aboutir. Mais comment pouvaient-ils faire? Ils ne pouvaient donner des ordres au colonel Picquart, chef du bureau des rensoig-noments. Donc, impossibilité d'une résistance directe. De là une campag-nc subroptice, où se commettent « de grosses fautes et même des crimes ». Voici, en effet, le faux Weyler (4 septembre
1896), puis rarticle de V Eclair (15 septem-j
bre 189B), puis la publication du bordereau dans \i Matin (lO novembre» 1896;, puis la fausse col respondance des attachés militaires à la veille de l'intei pellation Castelin (18 novembre 1896) — sanî compter tous les autres faux !
IV. Le colonel Picquart (qui a été plus tard remplace par Henry!!!) a quitté le 14 novembre 1896 soi bureau, dont il a remis le service au ^V'uéral Gonse 1( 15 novembre. Et il est parti de Paris le 16 novembre. Pourquoi a-t-il quitté le bureau des ren? seici'nements?
J'ai jugé, a dit M. do Boisdeffre, que Picquart, vu seij idées fixes, n'était plus capable de continuer à dirigerez service (le service des renseignements) et qu'il était néceaj saire de renvoyer dans la troupe.
Vaine défaite imaginée après coup ! La pauvreté de cett explication, son véritable caractère ressortent de fail incontestables. — a) Le colonel Picquart n'avait ag-i ju$ qu'au i5 septembre 1896 (date de la rentrée de M. Gonse que d'après les ordres du o-énéral de Boisdeffre et dug*^ néral Gonse, ordres dont je viens de rappeler les preuve! matérielles. Comment incriminer un inférieur à raisoi de l'exécution des ordres qu'on lui a donnés ? — b)D\ i5. septembre 1896 au i4 novembre 1896, il y a un ia^ tervalle de .soixante jours. Lui a-t-on donné, soi quelque forme que ce soit, l'ordre d'arrêter ou de ralenij son enquête. Personne ne l'a jamais dit dans aiirnnt déposition connue. Au cours du procès Zola, le colone Picquart a déclaré que, si on lui avait donné l'ordre de m pas continuer son enquête, il ne l'eût pas continuée. Aucune voix ne s'est élevée contre cette déclaration. — J c) Quand on l'a éloig-né de .son po.ste, loin de lui exprimei un mécontentement (qui eût comporté une explication)^ on a imai^iné le prétexte d'une mission ridicule, maU « extra-secrète », dont le .secret avait d'ailleurs un bu^ détestable. « Comme je ne devais dire à personne où^
j'allais, j'avais dit chez moi qu'on adressât toutes mes li'ttres au ministère de la g-uerre. Gela faisait que tout mon courrier passait par le ministère, que toutes mes Litres étaient décaclietées. » (T. I, p. p.HH.) Le 20 novembre 1896, on prend ainsi connaissance et môme
iipie d'une lettre parce qu'on y a trouvé l'expression DEMI-DIEU ». Le lendemain (5jt novembre), le général Gonse confirmait néanmoins au colonel Picquart (jue sa mission, al)solument femporairr et provisoire^ lie devait durer que ({uelques jours ou quelques semaines. . .. Vous serez donc absent au moins jusqu'à la fin du mois. Il est même à présumer que vous serez obligé d'anticiper sur la première quinzaine de décembre... I )ussiEz-vous NE RENTRER oue dans cinq ou six
iMAiNES, il faut absolument que le travail soit fait. »
Gomment concilier cela avec la déposition ci-dessus de .M. de Boisdelfre?