‹ Le père d'Émile ZolaChapitre 26 sur 65 · VII. — Puis nous arrivons à un incident plus grave · texte numérisé non relu

VII. — Puis nous arrivons à un incident plus grave

Puisque, manifestement, le colonel Picquart ne se prête pas à ce qu'on attend de lui, on lui déclare ouvertement la guerre.

Le colonel Picquart avait écrit au commandant Henry la note suivante :

Personnelle.

48/5 97 Commandant Henry,

Que Ton dise donc une bonne fois aux gens que j'ai été relevé de mes fonctions, ou que je ne m'occupe plus de mes fonctions. Je n'ai aucune raison d'en rougir; ce qui me fait rougir, ce sont les mensonges et les ini/stères auxquels ma situation vraie donne lieu depuis six mois.

Signé : G. Piculart.

Henry — le faussaire — d'accord avec le général Gonse, qui a dû en faire riiumiliant et accablant aveu, lui répond par une lettre où sont rassemblés tous les movens dont on projette de l'accabler... s'il ne prend rengagement du silence.

Cette lettre, datée du 3i mai 1897, mise à la poste le 3 juin 1897, était ainsi conçue :

Mon colonel,

J'ai rhonneurde vous informer qu'il résulte de l'enquête

faite ici, après la réception de votre note du 18 mai. que le mot « mystère >> peut s'appliquer aux faits relatés ci-dessous, ayant eu lieu à la S (ection de) S (tatistique) dans le cours de l'année 1896 :

1° Ouverture d'une correspondance étrangère au service ^ dans un but que personne ici n'a jamais compris ;

2° Proposition faite à deux membres de la S. S., et qui consistait à témoigner, le cas échéant, qu'un papier classé au service avait été saisi à la poste et émanait d'une personne connue ;

3^ Ouverture d'un dossier secret et examen des pièces y contenues au sujet desquelles des indiscrétions se produisirent dans un but étranger au service.

Les preuves matérielles de ces faits existent ici. Quant au mot « mensonges », également contenu dans la note précitée du 18 mai courant, Veiiquète n'a pas encore déterminé où, comment et à qui ce mot devait être appliqué.

Veuillez, etc.

Signé : Henry (1).

(1) Dans la confrontatioD entre M. Picquart et M. Gonse (10 août 1898), ce dernier a fait cet aveu :

« Relativement à la lettre du commandant Henry du 31 mai « 1897, il s'agit d"un incident entre doux officiers de grades « différents : le supérieur écrit à l'inférieur une note contenant « des expressions vives ; l'inférieur, piqué par cette attaque, « répondit de môme. Henry me montra la lettre et la « réponse. Je lui dis qu'il allait peut-être (!) un peu loin; il « envoya sa réponse quand même. )>

Mais alors, comment, ici encore, expliquer les lettres,^ en apparence si cordiales et si affectueuses, que M. Gonse écrivait à M. Picquart ??? — Et cela jusqu'au 23 mars 1897 !

Et comment expliquer aussi les déclarations que M. Gonse a faites dans la sixième audience du procès Zola, le 12 lévrier

<( Je nai quà confirmer ce qu'a dit le colonel Henry ; il n'a

« .JAMAIS ÉTÉ A LA TÈTE d'UNE MACHINATION, puisqu'OU parle

« de machinations, ou du moins c'est sous-entendu. Nous « avons fonctionné chacun pour notre compte, et suivant notre

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