‹ Le père d'Émile ZolaChapitre 27 sur 65 · CONSCIENCE · texte numérisé non relu

CONSCIENCE

« .... Par conséquent, nous ne nous sommes jamais

Vni. — M. Scheurer-Kestner fait ses premières déiiarches (octobre 1897).

Il ne faut pas que Picquart puisse ôtre appelé comme ■rnoin.

C'est alors que se place l'ordre de partir en expéiliou en un endroit «. peu sûr ». A bon entendeur, ,ilut! Le e;énéral Leclerc, qui n'était pas dans le secret, e consentit jKis à laisser partir Picquart pour cette l'pédition qui n'avait ni ri /ne ni raison.

IX. — Le 10 novembre 1897, M. Mathieu Dreyfus «Irnonce officiellement Esterhazy. (Cf. Le Matin, numéro du i5 novembre.)

Le i5 novembre 1897, Esterhazy, qui était tenu

m courant de tout par l'état-major, publie dans la Libre

l^arole, sous le pseudonyme de Dixi, un article où, par

une ((prescience inouïe», il parlait de correspondances

iirivées au colonel Picquart, alors que celui-ci venait

'ulement de les recevoir à Sousse (le faux Blanche et le

■cond fanx Speranza). Dans le môme article, il an-

onçait, par suite de la même ((prescience inouïe», qu'il

V aurait, dans le dossier du ministère de la g-uerre, des

iéces à jeter le monde entier dans l'épouvante, notam-

entendus, et nous n'avons jamais cherché à falsifier la vérité. Au contraire, nous avons toujours cherché à la ren- Irc aussi éclatante ciue possii^lo !! » (T. I, p. 86G.)

<Juant au général do Boisdeffre, il déclara être resté étran,gL-r à l'envoi de la lettre d'Henry.

'< Je n'ai connu les lettres échangées en mai 1897 entre Pic- « quart et le colonel Henry qu'une fois la chose faite. »

Mais une question:

Si le chef d'état-major et le sous-chef croyaient à la réalilc'; des imputations de la lettre d'Henry contre M. Picquart, d'où vient qu'ils ne s'en soient aucunement émus, ni; l'un ni l'autre, à cette époque ? (mai 1897).

S'ils n'ont pas cru à la realité de ces imf)utations, d'où vient qu'ils aient toléré une pareille attitude d'un inférieur envers son supérieur ?

A quel moment prétendent-ils avoir obéi à leur devoir?

ment la pièce qui devait être plus tard le « documenj libérateur ». — Et, pour g-lacer les courag-es et refroidi l'impatience de ceux qui devinaient des dessous honteux! le même journal, dans le numéro du 20 novembre 1897I revenait sur ce même document, dont « les initiés ne parlenj qu'en frissonnant, car, vous disent-ils, s'il était publié! demain il y aurait six cent mille Allemands en France»^

X. — Le 18 novembre 1897, V Intransigeant accuse le colonel Picquart de noJ . Qu'a-t-il donc volé? Oh ! c'esi bien simple. Ha volé une photog-raphie du dossier secret, C'est d'ailleurs un homme pendable. Sa femme divorcée g-émit à Strasbourg- avec ses deux enfants. Tous h journaux anti révisionnistes répètent cela en chœur, et plus haut que tous, le Petit Journal. (Procès Zola, t. 11^ p. i63.) Il vivait avec une maîtresse, dont il a vouli faire sa complice. « Mais cette femme, peut-être par] jalousie, refuse, écrit W. Esterhazy, le rôle d'à-, bord accepté et se retourne contre l'amant pour le; perdre. Elle m'écrit alors, à moi, qu'elle sait la victime désig-née, pour m'avertir d'être sur mes g-ardes... » Tout cela, d'ailleurs, n'était qu'une série d'inventions mons-j trueuses.

XI. — Sur les instances de M. Scheurer-Kestner, appuyées par M. Clemenceau, dans V Aurore, Picquart (22' novembre 1897) est appelé comme témoin par le g-énéral de Pellieux qui^ le même jour (22 novembre), sans [ attendre son retour, fait procéder, de concert avec Henry, à une perquisition où on ne trouve d'ailleurs rien. Une perquisition au domicile d'un témoin ! . . .

Le colonel Picquart, revenant de Tunisie, est d'ailleurs accompag-né d'un officier. A son arrivée à Paris, défense de conférer avec M^ Leblois, son ami et son conseil. On traite ce témoin en accusé, donc défense à lui de consulter son avocat ; on traitait le prévenu Esterhazy en innocent, donc toute facilité de voir qui bon lui semblait : c'était log-ique !

Page 1