DOXT CE DERNIER A PARLÉ DANS SON ARTICLE
Je ne prétends donner de leçons à personne, mais je crois qu'il était dans la fonction du juge d'instruction et de son devoir d'élucider ce point.
Vraiment, il n'a pas été curieux !
Je l'ai été (lavaDtaofC.
Je me suis donc adressé à M. Judet. Mais, comme je ne le connaissais pas, j'ai eu recours à un intermédiaire.
Vous allez voir, Monsieur le Procureur, quelles étaient mes questions et quelle fut sa réponse ?
L'an mil liuit centquaire-vingl-dix-huit, le vingt décembre,
A la requête de M. Jacques Dhur, homme de lettres, demeurant à Paris, 5, boulevard Arago,
Pour lequel domicile est élu en mon étude;
J'ai, Jules-Georges Brécourt, huissier audiencier près 1' Tribunal civil de la Seine, séant à Paris, y demeurant, boulevard Arago, n<^ 18, soussigné,
Signifié et rappelé à M. Ernest Judet, directeur politique du Petit JoariiaL dont les bureaux se trouvent à Paris, rue Lafayette, n° 01, où étant à gauche, au deuxième étage, parlant à un employé de bureau, lequel m'a répondu que -M. Judet n'était pas présent en ce moment dans lesdits bureaux, qu'il n'y venait qu'à des heures très irrégulières et n'y séjournait pas longtemps, que, par suite, il ne pouvait m'indiquer aucune heure utile où je puisse le rencontrer; pourquoi je me suis aussitôt transporté au domicile personnel de M. Judet, sis à Paris, 29, rue de la Faisanderie, où étant dans ce domicile et parlant à sa jJersonne, ainsi déclaré :
Que M. Judet a affirmé avoir reçu, dans des conditions sur lesquelles il y aura lieu de revenir, la prétendue copie de deux lettres prétendument signées par le colonel Combes ;
Qu'à l'audience du mois d'août 1898, et sur la question de savoir si les originaux étaient au ministère de la Guerre, il a répondu : Eh oui !
Qu'au cours de l'instruction à laquelle a procédé M. Flory, il a déclaré qu'il avait reçu copie desdites deux lettres cVun anoni/me, mais qu'il n'a représejité ni les copies qu'il prétendait avoir reçues, ni la lettre anonyme avec ou sans son enveloppe;
Qu'il est cependant de toute nécessité que ces pièces soient représentées;
Pourquoi j'ai fait sommation à M. Judet d'avoir à me déclarer immédiatement :
1«J S'il a entre les mains : 1° la prétendue copie des deux
retendues lettres Comhe^ ; 2" la lettre (aver ou sans son ivelo[»pe) par laquelle un anonyme lui aurait envoyé les- |tesro[)ics;
'io S'il consent ou se refuse à en donner régulière comiunication au requérnut, rclui-ci déclarant accepter [avance tout modo <lc communication régulière; 3^ Enfin, au cas où M. Judet consentirait à faire cette nnmunicalion, quel jour elle pourra être faite, mon rtquérant ayant d'ailleurs besoin de l'avoir le plus tôt possible.
Lui déclarant que, faute de déférer à la présente sommation, le requérant en tirera tels avantages que de droit.
A quoi il m'a été répondu, tant sur la première question que sur les deux autres, qu'i/ n'a absolument rien à répondre à M. Dhur à ce genre de sommation . (1)
J'étais, au surplus, sans illusion et bien sûr d'avance
3ue M. Judet ne produirait ni la prétendue copie des eux prétendues lettres du colonel Gombei", ni la lettre (avec ou sans enveloppe) par laquelle un anonyme lui aurait envoyé lesdites copies.
N'ai-je pas le droit do dire que M. le juge d'instruction n'a pas montré une ardente volonté de lumière et de vérité en ne réclamant pas ces pièces à M. Judet, comme le g'énéral de Pellieux avait réclamé à Esterhazy la correspondance anonyme de sa ce dame voilée ».
(1) A l'audience du 11 janvier 18U9, 9* cliambro, M. Judet a fait savoir qu'il ne pouvait ôlre à la merci de toutes les exigences et qu'il en perdrait le boire et le manger, s'il lui fallait obtempérer aux « curiosités de deux cents journalistes » (sic). Je ferai simplement remarquer que, si la situation de M. Judet est plus grande que la mienne, comme journaliste, il y a bien quelque distance aussi entre lui et M. Zola, à qui il avait pourtant fait sommation de demander au ministère de la guerre et de lui communiquer le dossier F.Zola (V. p. 13). Néanmoins, M. E. Zola a, tout de suite, demandé ce dossier. S'il ne l'a pas communiqué, c'est qu'on le lui a refusé à lui-môme. J'ai donc fait envers M. Judet ce que M. Judet avait fait envers M. Zola. J'ai suivi l'exemple qu'il avait donné. Il n'a pas suivi l'exemple qui lui avait et"'- donné. Gcpemlaiit, j'avais pris soin, dès le début de mes recberclies, de mettre à la disposition de M. Judet les documents que j'avais trouvés.
Gag-eons que M. Judet se fût retranché derrière le secret professionnel !
d'où venait la copie des lettres combes ?
Quel que fût ranoiiyme qui avait remis à M. Judet la copie des lettres Combes, cette copie venait de quelque part ; d'où venait-elle ?
Les faits dont parlent ces lettres remonteraient à 1882, c'est-à-dire à soixante-six ans.
Certes, on peut avoir chez soi des pièces de cet âg-e ; mais, en somme, cela n'est pas commun, sauf, bien entendu, pour les titres de propriété, les archives de famille, ou les notes d'un homme important, un homme politique, par exemple, un savant, un historien.
Mais une exception est toujours possible. On peut imag-iner le cas d'un collectionneur retrouvant, ou dont les héritiers retrouvent, dans ses vieux papiers, un document oublié, dépourvu, semblait-il, d'intérêt, et qui, au caprice des événements, devient tout à coup très intéressant.
Cela est possible, oui ! Mais encore faut-il que cette pièce puisse se trouver dans les papiers d'un particulier.
Or, les pièces dont il s'ag-it seraient des pièces de service, qui ne pouvaient se trouver qu'au ministère de la g-uerre. Et voilà, si je ne m'abuse, exclue la possibilité d'une communication par un particulier.
Dans soixante-six ans d'ici, mon raisonnement pourrait n'être pas juste. Nous vivons, en effet, dans un temps où la curiosité publique, insatiable de nouvelles quotidiennement sensationnelles, a donné naissance à un reportag-e effréné et vig-ilant, très indiscret et plein d'audace, auquel rien n'échappe, qui sait tout, qui trouve tout et qui publie tout. Par exemple, dans un siècle d'ici, les curieux, les historiens, en lisant les jour-
mx de notre temps, v verront les notes militaires cVEs- ^hazy, ces notes excellentes de moralité tirées d'un Bsicr extra-secret. Mais, en i8.'i2, la piessc existait à Jne, et le reportage n'existait pas du tout. Ce n'est Inc pas d'un |ournal de ré[)0((ue ([ue le correspondant lonvme de M. .ludet aurait tiré les lettres Gombr.s-. Si lelque feuille en avait ])arlé, cet anonyme et, après lui, j, Judet, n'eussent d'ailleurs [)as nianrpié de la citer.
^D'où venait donc, je le répè(«', la prétendue copie des
lettres Combes- ?
Qu'on cheiclie, «pTou multiplie les hypothèses, que la passion et le parti piis entassent les suppositions, je consens à tout, et je dis que, quoi qu'on fasse, quoi qu'on imaî^ine, le polémiste le plus sul)til, l'avocat le plus délié et le plus retors, ne trouvera rien de plausible, rien de soutenable, rien d'acceptable, en dehors de ceci :
a. Les pièces militaires dont il s'at^it, si elles existent, ne pouvaient être ({u'au ministère de la guerre;
b. La copie qui en aurait été donnée à M. Judet ne peut, dés lors, émaner que du ministère de la guerre.
Je dis d'abord (|uc les prélendues lettres Gombe.s', étant des pièces militaires, ne pouvaient être, si elles existent, qu'au ministère de la g-uerre, — et là seulement >
Sur ce p(jint, je n'ai point à m'étendrc, car j'ai le témoignage de M. Judet lui-même. Il n'a été, ce témoigriage, ni très développé, ni très chaud, ni très .spontané, mais enfin, tel quel, il est clair, je crois, et formel. D'ailleurs, Monsieur le Procureur, il ne s'agit pas de mon opinion là-dessus, et vous allez en jnger vou.snième.
C'était le 3 août i8()S, à l'audience de la neuvième ehambre, saisie du procès intenté pour ditl^imation par M. Emile Zola au Petit Journal et à M. Judet.
Au moment où l'affaire allait s'cng-a^-er au fond, ^h Labori se leva et adressa à M. le Président la demande suivante :
Voiidriez-voiis demandera M. Jiidet s'il affirme l'existeiid des lettres du rolonel Combes et s'il peut dire où s<' trouvent ces lettres ?
M. le Président posa la question. Et voici la réponse de M. Judet :
Je suis lié parle serret professionnel (c'est la cantilène aceouiumée). Ce que Je puis affirmer, c'est que les lettres du colonel Combes existent; j'en ai vu des copies {sic).
Puis M® Labori donna lecture d'un article dans lequel il était dit que les orig-inaux de ces lettres se trouvaient au ministère de la g-uerre.
Là-dessus M. Judet inten'ompit et fit, non pas la réponse mentionnée dans l'exploit ci-dessus, mais exactement celle-ci :
— Eh bien, von.A to^^t !
M^ Labori observa alors <]ue cette réponse ne pouvait être considérée que comme un aveu, l'aveu que, siM. Judel avait vu les pièces en question, ce ne pouvait être qu'au ministère de la g-uerre ou par le ministère de la guerre.
Et il ajouta :
La réponse que vient de faire M. Judet crée une situation ))articulièrement grave, que j'avais déjà envisagée, mais, devant laquelle j'avais hésité. Etant données cependant les ( irconstances, je dépose entre les mains de M. le substitut^ occupant l'audience, une plainte de faux contre ceux qui détiennent les lettres, et une plainte en usage de faux contre M. Judet.
Je dis, d'autre part, que la copie des prétendues lettres Gombe.s, qui aurait été donnée à M. Judet, ne peut émaner que du ministère de la g*uerre.
Eu t'Hct, celui-là seul qui cU'lit'ul uu acte peut en donner copie. Quand on veut une expédition d'un acte notarié, il faut s'adresser au notaire qui l'a reçu. La conséquence que je vous soumets, Monsieur le Procureur, n'est donc pas contestable, — .sauf, bien entendu, la réserv(^ d'un acte indélicat ou même délictueux commis au préjudice du propriétaire de cet acte ou de son détenteur. Car je tiens à demeurer strictement dans les limites dun raisonnement prudent et circonspect, digne, en un mot, de votre attention.
Votre discrétion professionnelle va-t-elle, pourtant, considérer comme invraisend:»lable une indiscrétion professionuelle commise au ministère de la guerre, quel qu'en soit d'ailleurs le coupable ?
Direz-vous qu'on sait urbi et orbi que le ministère de la g-uerre n'entend pas risette sur les indiscrétions? Direz-vous qu'il a même porté plainte contre le chef du bureau de renseignements, un certain Picquart, qui, ig-norant le droit et voulant s'éclairer, a pris la liberté c"rande de consulter un avocat sur la procédure d'une affaire d'espionnage et sur la codification des prescriptions, d'ailleurs publiques, relatives aux pig-eons voyageurs ?
Direz-vous qu'il a porté plainte aussi contre cet avocat, ce qui, si je ne me trompe, vous a paru à vous-même une idée sing-ulière et pas du tout sérieuse ?
En ce cas, et sans même parler de l'incident de l'ex-ministre Turrel, je me permettrai de vous renvoyer, si vous le voulez bien, à la deuxième partie de cette lettre où vous verrez que, au ministère de la guerre, on a, en matière de justice distributive, des idées particulières, avec un /s;"oût prononcé pour le système des deux poids et des deux mesures.
En effet, si on a poursuivi Picquart, dans les conditions que j'ai rappelées, si, contre tout bon sens, on a poursuivi jM<^Lel)lois, on n'a pas pou rsuivi,«(///6?ye5rtc/?^)), ni celui qui a remis le document « ce canaille de D.. » au journal L'Eclair, ni celui qui a remi.s au journal Le Matin le bordereau, ni celui qui a remis à Esterhazy,
qui les a pul)llLC.s, ses iiol; s c::.ol:cntos d'officier pai l'ait sous tous rapports, y compris la moralité, ni celui qui... Mais tout cela est dans les « précédents ».
Et comme, si je sais discerner, les indiscrétions et les fuites sont léû;itimes ou illicites selon ceux à qui elles profitent et ceux à qui elles nuisent, lé2;-itimes quand elles protèg-ent les uns, et illicites quand elles accablent les autres, M. le jug-e d'instruction eût sans doute été bien avisé en recherchant si, au ministère de la g-uerre, on avait, au moment de la publication des lettres Gombe.v, beaucoup de sympathie contre Emile Zola ou beaucoup de colère.
Mais il a néerligé ce C(jté de la question.
Et cette omission se conçoit malaisément, au seul point de vue où nous sommes en ce moment, car le problème qu'il avait à résoudre se posait ainsi :
Etant donné que, contre Dreyfus, un faussaire, non encore recherché, k qiip je sacJie », avait fait ou fait faire la fausse lettre de l'empereur d'Allemag-ne ;
Etant donné c{ue, contre Dreyfus derechef, on s'était servi de la pièce: « ce eau aille de D... », en l'agrémentant de deux faux ;
Etant donné que, contre Dreyfus encore, le faussaire Henrv avait fait ou fait faire les trois faux de la correspondance de Schwartzkoppen et Panizzardi ;
Etant donné que, contre Picquart, du Paty de Clam avait fait ou fait faire, seul ou en complicité avec Ester liazy et M>'^ Pays, les faux u Blanche » et « Speranza » ;
Etant donné que, couvert par tous, Esterhazy, pour se sauver, avait fait ou fait faire les fausses lettres de la dame voilée;
Etant donné que, contre ledit Esterhazy, Picquart aurait, au dire du g-énéral Zurlinden, altéré ou fait altérer le « petit l)leu » ;
Etant donné que, en dehors des faux matériels, il y a eu, en outre, dans toute l'affaiie, un enchaînement ininterrompu de pièces diversement altérées, de fausses nou-
vellos, (le contradictions incessantes, do faux tùmoi^na- ^nr-es et do t(''nu)i^'nai;es sur des faits faux;
Etant donne (juc l'intcrct est la mesure des actions, ainsi qu'il résulte de l'adaiJi'e isferil rni prodest ;
Etant donnés tous ces cléments, rechercher et dire si, le pli étant pris et l'hahitude acquise, un quidam, haut placé et bien placé, n'aurait pas, pour atteindre Emile Zola, inventé, conti'e Zola père, les lettres (-omhe.v, en demandant au besoin son concours à quel([ue succédané de Lemercier-Picard, — le suicidé par persuasion.
Et si les données du problème inquiétaient la modestie de M. Florv, il aurait pu trouver, parmi les intellectuels, certains spécialistes, avantageusement connus, du calcul des probaltilités.
Le pro])lème devait d'autant mieux se poser en ces termes que, le but de tous ces faux étant en définitive partout et toujours le même, les prétendues lettres Combe.s" sur Zola père, procuraient un résultat exceptionnel, avec moins de danger que partout ailleurs.
N'est-ce pas, en effet, un fait d'expérience quotidienne que la tentation d'une mauvaise action, d'un délit, d'un crime, est d'autant plus i^randeque les chances d'impunité le sont elles-mêmes davantage ?
Quand on prend leurs noms ou leurs signatures, ou quand, d'une façon quelconque, on les compromet dans des histoires de pièces fausses, les vivants s'indiiifnent à grand fracas. Témoin, par exemple, M. Rochefoi't quand le ridicule Millevoye lut à la Chambre les faux papiers Norton, Ce genre de plaisanterie est ordinairement suivi de multiples désagréments. Témoin M. 3Iillevoye déjà nommé ; témoin ]\I . Judet lui-même ; témoin M. Ducret ; témoin Henrv à qui dut être plutôt pénible l'interview de M Cavaii^nac ; témoins du Paty de Clam et son ami Esternazy dont les divers faux ont été avoués par Christian, de la minorité de qui ils s'étaient honteusement S"! vi .
Quant aux niorfs, on ne les voit pas d'ordinaire sortir <^lu tombeau, quoi qu'en puisse dire M. Judet en ses prolixes et verbeuses métaphores. 11 n'y avait point à crain-
dre les témoig-nag-es contraires de M. Zola père, ni du glorieux colonel Gombe.s\ A une distance de soixante-six ans, on pouvait les faire parler sans avoir à redouter leurs dénég"ations.
Le dang*er était donc moindre, et plus forte la tentation à laquelle on avait déjà succombé toutes et quantes fois que le besoin s'en était fait sentir.
Sans doute, Emile Zola allait protester; mais comment ?
En demandant la représentation des pièces? — Mais on répondrait, et on a en effet répondu que ces pièces appartenaient à un dossier essentiellement secret.
En faisant des recherches? — Mais, le i8 juillet 1898, personne n'ig-norait que, s'il ne voulait pas être étranglé dans un procès habilement machiné, il lui fallait, en attendant des temps meilleurs, tirer sa révérence.
En déposant une plainte ? — Mais on escomptait les inévitables lacunes d'une instruction où le véritable intéressé, en prison ou à l'étrang^er, ne pourrait se faire en- '■endre. En pareil cas, les recherches nécessaires sont long-ues et difficiles. Que répondrait chacun d'entre nous si, à brûle pourpoint, on lui posait cette question : (( Que faisait, en bien ou en mal, tel de vos ancêtres, il y a soixante-six ans ? »
Oh ! je suis de trop bon compte, et je me tiens dans une trop sincère impartialité de discussion pour méconnaître que la partie a été bien menée et bien jouée.
Et je joindrais de bon cœur mes bravos aux bravos des amis de M. Judet, s'il s'ag-issait d'une partie d'échecs ou d'une séance d'escrime.
Mais il s'ag-issait d'une instruction judiciaire.
Et, si un citoyen quelconque a le droit d'exprimer son opinion, je prendrai la liberté de dire que M. Florj. parait avoir procédé à son instruction comme on préside un assaut, en spectateur désintéressé, gui n'a rien à faire qu'à reg-arder les coups et à les marquer.
Quanti je vous ai remis ce travail, j'ai cru, Monsieur le '^oruronr, devoir le rerneltre aussi aux nia-^istials de la , clianihre, saisie tle l'action de M. Judet contre M. Zola.
Depuis lors, il s est produit, comme vous le savez, un
fait nouveau ^>, je veux dire le jui>ement par défaut du 1 janvier 18(39 ^"^' 1 action de \l. Judet contre M. Zola.
J'en ai rapporté le texte (p. 19).
Il en résulte in fine que, loin d'accepter, comme argent comptant, l'explication d'un u anonyme correspondant », retrouvant dans ses papiers personnels une copie des prétendues lettres Gombe.s*,le tribunal a considéré que cette communication venait directement du ministère de la i>*uerre. C'est précisément ce que, à cet ég'ard, j'avais voulu établir.
Aussi bien, comme je ne veux pas me livrer à des interprétations, voici le dernier « attendu » :
...Zola a pu être légitimement ému par la publication de documents constituant des pièges de service ayant un
CARACTÈRE CONFIDENTIEL, ET DONT, PAR SUITE, en leS SU/jpO-
saiit véritables, Judet n'aurait jamais du avoir communication,
N Le laiii^a^e des magistrats a été, comme il convenait, sobre et modéré. Elle n'en est que plus précieuse et, pour ainsi dire, plus vibrante, la condamnation qu'ils ont formulée contre la communication de telles pièces.
...a EN LES SUPPOSANT VÉRITABLES », a ajouté le tribunal, qui connaît les ce Précédents », et qui s'est facilement rendu compte de ce qu'étaient, à la vérité, les prétendues lettres Combes.