REMISE DE LA DEUXIEME LETTRE
Gomment le ministère de lag'uerre a-t-il remis le prétendu orig'inal de la seconde lettre (12 juillet i832), de laquelle seule on se prévaut maintenant, à l'exclusion de l.i [trcmiére?
En premier lieu, voyons comment on a eu ce pi'étendu orii^inal.
l^e 29 août 1898, dans une lettre au garde des sceaux, M. Cavaignac, ministre de la guerre, disait :
...Avant la publication de ces lettres, mais à la suite d'un article du Petit Journal., intitulé « Zola père et fils », qui n entraîné des poursuites en dillamation contre M. Judet, M. Emile Zola, d'une part, et M. Judet, d'autre part, se sont tous deux adressés à mon prédécesseur pour obtenir communication du dossier de François Zola, ex-lieutenant à la légion étrangère. — Or les dossiers du personnel, conservés au ministère de la guerre, sont des dossiers secrets constitués uniquement en vue de besoins administratifs. 11 n'a pas paru à mon prédécesseur ni à moi-inéme qu'il fût possible de les faire servir à la satisfaction d'intérêts privés.
— D'ailleurs, en l'espôec. la communication demandée été sans utilité, la preuve des allégations diffamatoi: n'étant pas admise devant la juridiction correctiouneUè. Les demandes faites par MM. Emile Zola et Judet ont ptr suite été rejetées. Par contre, je ne crois pas pouvoir me refuser à donjicr satisfaction à la demande de renseigne mcnts qui est formulée aujourd'hui par un juge d'instructio' pour arriver à la manifestation de la vérité dans un proci criminel. — J'ai, en conséquence, l'honneur de vous donm ci-après, pour être communiqué à M. Flory, le résultat des recherches auxquelles j'ai fait procéder. — lo La première lettre du colonel Comi)e6', insérée dans le no du Petit Journal du 18 juillet 1898, et commençant par ces mots « Mon général, j'ai l'honneur de vous accuser réception. . . n'existe pas au dossier du lieutenant Zola, conservé ai ministère de la guerre. — 2» La deuxième lettre, puhli( dans le même u" du Petit Journal et comm3a,^ant par c( mots : u Mon général, j'ai l'honneur de va air vous rendr compte...» figure au dossier sous la cote 14. — C'est j rapport du colonel Comhes, commandan, la légion étraii gère, adressé au maréchal de camp Bucnet, commanda r: la 2e brigade et daté de Mustapha, 12 juillet 1832. — La comparaison du texte, imprimé dans le Petit Journal. avec celui du rapport écrit de la main du colonel Combe.y ne fait ressortir que des différences peu nombreuses qui ii' dénaturent pas le texte original et qui pourraient être reK vées si M. le juge d'instruction le jugeait nécessaire.
Le 9 septembre 1898, le g-énéral Zurlinden informait le g-arcle cles sceaux qu'il autorisait M. Flory à prendre possession de la lettre du 12 juillet 1882.
Le i5 septembre 1898, M. le juge d'instruction recevait cette lettre des mains de M. Georges Ravcret, chef du bureau des archives administratives.
Il n'est pas besoin d'en reproduire ici le texte, rapport' déjà, avec, en note, les additions que comportait le texte cité par le Petit Journal.
Le 3 octobre 1898, M^ Collet, avoué de M. Zola, faisait connaître les raisons pour lesquelles celui-ci persistait dans la plainte.
Le 4 octobre 1898, Me Collet observait a qu'il serait utile pour l'instruction d'avoir eu communication du
— Hin —
I Ministère de la iii-ucrre dos Imlt pièces annexées à la
Irttre du 12 judlet 1882 ».
Deux jours après, le 17 octobre 181)8, M. Florv se V'senle à cet elVet au ministère tle la i^i^uerre où il est reçu par le capitaine Dumay, officier d'ordonnance de
^l. le ministre de la i^uerre », qui lui dèclaie qu'en
! ihsence de M. le ministre de la i'uerre, personne n'ait qualité pour prendre une décision au sujet de sa
Liemande, qu'il transmettrait à son chef.
Le 19 octobre i8()8, M. Flory se présente de nouveau:
M. le chef de l)urcau Raverct nous a dérlaré qui! n'exista it dans le dossier du lieutenant Zola, avec la lettre du colonel Combes et à rappui, que sa lettre de démission et une lettre de transmission du général Trézel, <lont il uous faisait remise. — Et aussitôt M. Raverct nous a (léposé I "^ . . . !2'i . . ,
\''^ilà donc les pièces qui ont été remises par le ministère de la g-uerre.