‹ Le père d'Émile ZolaChapitre 39 sur 65 · OBSERVATTOXS SUR LA DEUXIEME LETTRE · texte numérisé non relu

OBSERVATTOXS SUR LA DEUXIEME LETTRE

Quelles sont les observations directes et. spéciales que comporte la lettre du 12 juillet 1882?

D'un mot, je rappelle tout d'abord que, comme j'en ai fait la remarque motivée, la fausseté de la première lettre impli([ue la fausseté de la seconde. Je n'ai pas à revenir sur les observations déjà présentées sur ce point.

En marge, se trouve cette ^mention : a La démission dans la forme voulue par la circulaire du lo mar. i831. y>

A la date du lo mars 1 83 1, il y a eu une circulaire ministérielle et une note ministérielle.

La circulaire, qui se trouve dans le Journal militairi officiel, année i85i, p. 280, est relative aux demandes d'indemnité de première mise d'équipement faites par des sous-lieutenants promus soit en vertu de la loi sur les récompenses nationales, soit à tout autre titre.

La note, qui se trouve dans le Journal militaire officiel, année i83i, p. 281, porte fixation du prix de l'épé' d'officier supérieur.

Il n'est, à cette date, aucune « circulaire » sur la forme des démissions. — Voilà déjà une référence dont l'inexactitude est particulièrement étonnante.

Mais, à cette même date, il y a deux « ordonnances ».

Dès lors, va-t-on dire que le colonel Combe a inconsidérément confondu les mots « circulaire » et u ordonnance )) ?

Quelles sont donc les deux ordonnances de cette même date ?

La première, qui est à la page 276, est relative à la formation de la légion étrangère.

La deuxième, qui est à la page 3o5, appelle au service actif 80,000 jeunes soldats de la classe de i83o.

Par suite, s'il y a, à cette date, quoique ce soit au sujet de la forme des démissions, ce ne peut-être que dans la première de ces ordonnances.

Il n'y a rien !

Prenons le lieu d'origine. « Mustapha, le 12 j'uil^ I let i832. »

Surtout dans un document officiel et de service, il ne \i(mdrait à personne l'idée, en mettant la date, d'écrire :

( ;hâteau pour Ghâteau-Ghinon, Ghâteau-Gontier,

Ghaleau-Salins, Gluitcau-Tliierry.

( :halon pour (ùhalon-sur-Saône.

Lons pour Lons-le-Saulnier.

Montrcuil pour Moiitrouil-sur-Mor.

:'.»iit pour Pont-Audcmcr.

■ rt pour Port-Vendres.

(3u bien, en Alg^ério :

Tizi pour Tizi-Ouzou.

Siili pour Sidi-bel-Abbès, Sidi-bel-IIaccl,

Sidi-Okba.

Mog'liar pour Moghar-Toukani.

Djenima pour Djemma-Gliazaouat.

Or, Monsieur le Procureur, la localité d'où le colonel Combe aurait daté sa lettre s'appelait, non pa? Mustapha, mais Mustapha-Pacua.

Est-ce vrai ?

Je vais vous soumettre plusieurs documents, — et en premier lieu les mémoires du baron Pichon : « Alqer sous la domination française )), ouvrage que j'aurai à citer plusieurs fois.

Qu'était le ])aron Pichon ?

L'ordonnance royale du l'^f déceminv i83t avait décidé la séparation des pouvoirs civil et militaire, et de nommer en conséquence un (( intendant civil )). Le premier intendant civil fut lcI)aron Pichon, conseiller d'Etat. Il resta en fonctions jusqu'au 19 juin 1882, et nous avons vu son successeur, M. Gentv de Bussy, arriver à Alg-er le 27 juin 1882, en même temps que le colonel Gombe. Les époques correspondent donc exactement.

Eh bien ! reportons-nous, par exemple, à la pag-e 247 :

Il n'y avail, dans la ville, de casernes que pour loirer au

plus six mille hommes. Hors d'Alger, il y avait : lo les deux casernes en pisé, bâties dans la campagne de 1831, sous le jardin de Mustapha-Pacha ; 2o les baraques en planches élevées dans ce jardin pour servir d'hôpital à notre armée ex[)éditionnaire eL aujourd'liiii devenues casernes :i'> les bàlimeids. grands et petits, de Mustapha-Pacha; 4. ,J

Voici un article du Courrier Français^ du marc 2G juin i832 (2" pai];'e, 2^ colonne) :

Nos principaux postes aux environs d'Alger sont maintt nant : 1» La Maison Carrée, occupée par un bataillon de l| légion étrangère (le iV' bataillon) et un bataillon du 10" dj ligne ; 2o le camp de Coiujba, occupé par un bataillon de ' légion étrangère ; 3" le camp du Figuier entre la Feri modèle et la Maison carrée, gardé par un bataillon zouaves (infanterie); -io la Ferme modèle, à deux lieues la Maison Carrée ; 5'^ le camp de Tit-Sereine, occupé pî un bataillon du GTe de ligne; Go le camp (ÏAli-ibrafm gardé par un bataillon de zouaves (infanterie) ; "0 le caml de Mustapha-Pacha, 80 la 9<^ Vigie où il y a un bataUlcj du A" léger ; 9o la pointe de Tescade.

Quand Camille Roussel a écrit son ouvrag-e, Mm tapha-Parha s'appelait simplement Muataplia. Et, cependant, il emploie Pancienne dénomination, MnstapJia- Paclia ou Moustafn-Pacha.

Reportons-nous au tome I de la partie de son ouvra^-e intitulé : « L'Algérie de i83o (i iH/^o ».

A la pag"e 81, il rapporte un incident de débarquement :

Le 9 février (1831), les curieux qui venaient chaque jour assister aux embarquements et aux débarquements, furent tout ébahis en voyant descendre à terre, avec les 3" bataillons des régiments qni devaient rester en Afri([ue, environ trois cents individus ramilièrement désignés sous le nom de Parisiens ou iV industriels, et décorés des costumes les j)]us étranges; c'était une vraie mascarade. Puis, tous ces ligurants qui auraient fait merveille an cirfpio. drapeau en télé, tambour battant, chaidant la Paris>e/uif. entrèrent par la porte de la marine, défilèrent dans Bab-Azoun. et s'en allèrent peupler les masures de Mustapha-Pacha.

A la pag"e io3 et à la pa^e 107, il parle des casernes le Moustafa-Paciia, construites plus tard et d'après le >lan arrêté sous le îj;énrral Clauzef.

Plus loin, paije 263, il rend un hommao-e ému à la némoire tlu général Voirol:

C'est par des soins il'iin auli'o oi'ilro qne le ^^énérnl Voirol [ reoonnnandé (l'ailieiirs sa mémoire aux habitants d'Aliter. îiir la colline de Musïapha-Pacha, au point culmina ni. 'élève une colonne de marbre; l'inscription rappelle au tassant que la roule sur laquelle il chemine est l'œuvre du rénéral. comme pres(pie toutes celles qui rayonnent autour le la ville.

D'où vient dés lors et comment expliquer que, dans ine lettre de service, on puisse rencontrer, en 1882, cette nention : u Miisfapha, 12 juillet 1882 ^) ?

Pour reprendre un exemple déjà donné, ne considéerait-on pas comme plus que suspecte une lettre portant : ( rue Victor-Masse, 12 juillet 1870 »?

Si, au contraire, la (c deuxième lettre du colonel dombes » est fausse, la mention cjui s'y trouve s'expliue à merveille. Musfnpha-ParJia est oiaintenaiit liistapha. On a daté une prétendue lettre de 1882 :omme on la daterait aujourd'hui.

Dans une lettre de service, à la dernière ligne (sensiblement isolée) de la première pag^e, se trouve l'indication du destinataire.

Nous trouvons ici cette mention : k .1 Monsieur le Maréchal de camp Buc/iet, commandant la 2^ brigade.

Reportons-nous, dans 1' AhnanacJi royal et national pour i832, au « Supplément du département de la guerre, Rég-ence d'Alger, corps d'occupation, Alger ».

Voici les mentions que nous trouvons ;

Etat-major général,

10 M. le duc de Rovigo, lieutenant g"énéral, commni dant en chef;

2°Dalton, lieutenant g-énéral, comnaandant en second les troupes ;

30 Trézel, maréchal de camp, chef d'état-major général.

Marée] taux de camp.

Baron Buchet, commandant la /""e bricfade. Baron Feuchères, commandant la 2^ brigade. Marquis de Brossard, commandant la 3^ brig-ade. Marquis de Faudoas, commandant de la cavalerie. Danlion, commandant la place d'Alg'er.

Comment se fait-il que la lettre soit adressée au maréchal de camp Buchet, commandant la 2^ brig-ade ?

11 y a pourtant apparence que le colonel Combe, qui avait dû rendre visite à son chef, qui avait dil prendrses ordres et recevoir ses instructions, savait s'il appartenait à la première brig-ade, commandée par le l^aroii Buchet, ou à la deuxième, commandée par le baron Feuchères.

Il y a apparence qu'il n'était pas sans savoir que 1' baron Buchet commandait la première et non ' deuxième brigade.

La lettre parle de François Zola comme officier d'habillement.

^^ comprends bien, si la lettre est fausse, qu'on ail Attribué cette fonction au lieutenant Zola, car on ne po" vait, sans cela, lui imputer des détournements, à moii qu'il ne fût officier payeur.

Avant de nous rcpoiler tic nouveau à V a Annuaire », il n'est pas sans intérêt d'en constater le caractère ofliciel.

Voici d'abord l'ordonnance royale du 17 novembre i8i() :

Louis, pnr la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, •le, etc.

Nous avons permis cl permettons au sieur Lcvrault. notre iiuprimeur ;i Slrashourg, à ses héritiers ou ayauls-causc, le taire imi»rimer et vendre, pendant l'espace de yiiii^t années, à compter de ce jour, I'Annuaire de l'Etat militaire de France, dont le prix, sera fixe chaque année par notre ministre secrétaire d'Etat de la guerre.

A cet efTet. notre dit ministre csl autorisé à donner au dit sieur I^ovrault, à ses héritiers ou ayauts-cause, les renseiijnements nécessaires à la confection de cet ouvrage.

Donné à Paris, au château des Tuileries, le 17» jour de novend)re i819 et de notre règne le vingt-cinquième.

Signé : Louis.

Le ministre secrétaire d'Etat de la guerre, Signé : Gouvion-Saint-Gyh.

L'instruction royale du 21 juin 1829 (art. 100 pour l'infanterie et art. 108 pour la cavalerie) porte :

La date de l'ancienneté de grade de chaque officier, arrêtée par les hureaux du ministère avec le plus grand soin, d'après les documents les plus exacts et sur les règles (|ui ont, été appliquées également à tous les cori)s. se tro^trant imrtêe sur I'Annuaire mhjïauœ. l'inspecteur général le consultera pour opérer le classement des officiers, et s'y conformera à moins qu'il ne lui soit présenté des lettres ministérielles, d'une date postérieure à V Annuaire, qui changeraient le rang d'ancienneté de quelques-uns.

Voyons donc, en nous reportant à Y Annuaire^ dressé (( d'après les documents les plus exacts », ce qu'était, en i832, l'état-major de la lég^ion étrang'ère.

La composition en est donnée à la pag-e 253 de TAn^ii niiaire de i832 :

Etat-major, 1er, 2e et 3e bataillons à Alger; 4« batailloi à Oran ; dépota Agen ; 5e bataillon et dépôt des trois pre** miers bataillons, au Pont-Satnt-Louis.

Colonel Combe, 14 décembre 1831,3

Lieutenant-colonel Darracq. IG octobre 183L

Chefs de bataillons Kléber. 0 septembre 1816.

— Moret,>o juillet, 1818.

— Salomon de Musis, 3 avril

— D'Ast. 11 août 1830.

— Poërio, 28janvier 1832.

Major Vilain, 16 mars 1815 —

5 novembre 1815.

Lieutenants aide-major Rosier, 6 novembre 1813 —

16 novembre 1829.

— — Bouillon. 8 octobre 1832,

non classé.

— — Kolb, 8 janvier 1832.

Lieutenant-trésorier Allaz. 8 juillet 1831 .

LiEUT. OFFICIER d'hahillement. Ridoux. 30 Septembre 18)i0.

Adjoint au trésorier (s-lieiit.) Cousandier. 18 mai 1831.

Lieutenant aide-major. Spitzer. 10 octobre 1829.

Sous-lieut. porte-drapeau Diicimetiùre-Allias-Monod ,

Chirurgien-major Ceccaldi. D. M.

Aides-major Eichacker.

— Hausen.

— Henze.

Que, le 23 mai 1898, M. Judet ait écrit, pour les besoins de .sa thèse, que F. Zola avait été « nommé lieutenant d'emblée, avec l'emploi d'officier d'habillement», cela n'était qu'une afiirmation de polémiste.

Mais comment expliquer que le colonel Combe eût pu parler de Zola comme « ofjicier d'habillement », alors que cette fonction appartenait au lieutenant Ridoux, comme la fonction de lieutenant-trésorier appartenait au lieutenant Allaz ?

Dira-t-on qu'il y a ([uolquo errenr, puisque nous ne \()ris pas ici mcnlioii dn lioulcuant V. Zola? Mais, à la page suivante (254), ^i^ure le lieutenant • \d, par mi les officiera de troupe.

\j Annuaire serait-il inexact? Ou'on le prouve, alors !

On ne saurait faire cette preuve. Car les mentions de

\nnunire sont conformes aux ordonnances royales.

Les lieutenants Uldoux et AUazontété appelés, chacun

(S fonctions particulières, par ordonnances royales du

liiillet i8;3i.

Le lieutenant F. Zola a été nommé lieutenant à la ésjion étrangère (officier de troupe) par ordonnance du >o juillet iHi^i, postérieure de quelques jours.

Depuis la date de ces diverses ordonnances jusqu'en juin 1882, les situations ont-elles chansfé ?

Non, car des ordonnances eussent dû intervenir, et il n'y en a pas eu. Et la preuve, ce sont précisément les énonciations de V Annuaire de 1882, puDlié en juin

En suivant la lettre dans ses diverses énonciations, je vois maintenant que, d'après cette lettre, on aurait voulu séparer F. Zola de Fischer et de ]M'"^ Fischer. Sur quoi, dit la lettre, on aurait, au commencement du mois de mai 1882, envoyé Fischer à la Maison-Carrée et M'"^ Fischer à Alg'er.

Or, prenons, telle quelle, la lettre de démission du lieutenant Zola :

« Je, soussigné, lieutenant de la 2* compagnie du 3e bataillon de la légion étrangère, reconnais avoir demandé à Son Excellence le ministre de la guerre ma démission de mon emploi d'officier et que, <lès aujourd'hui, je renonce à mon rang et droits dans l'arniée française.

Alger, le 8 juillet 1832.

Signé : F. Zola.

F. Zola appartenait au 3® bataillon de la lég-ion étran g-ère.

Ce 3® bataillon venait de prendre part, il y avait alor^ seulement quelques semaines, à un fait d'armes qui eiii un grand retentissement et les plus graves conséquences,

Il s'ag-it de la razzia d'El-Ouffia, sur laquelle, Monsieui le Procureur, j'aurai à revenir.

Le général Bernelle, que nous avons vu, comn; colonel, commander par intérim la légion étrangère, en i832, après le départ du colonel Combe, a écrit uik Histoire de l'ancienne lèc/ion éirançjère.

A la page 2g, il dit :

Le 27 avril (lire 7 avril), le .3*^ bataillon prit part à im razzia contre la tribu d'El Ouffia, commandée par le génér.i Faiidoas, et ordonnée par le gouverneur général. Les militaires de ce bataillon montrèrent beaucoup d'ardeur daii^ ce combat, le premier auquel ils prenaient part en Afrique

Un ordre du jour de l'armée, du 7 avril 1882 (nOi84). faisait connaître les motifs de cette expédition et son résultat :

La tribu arabe, nommée El Ouffia, campée à qualiv lieues et demie à l'est de la Maison Carrée, s'appliqu.iil depuis longtemps à l'cmbaucbagc des troupes qui occupenl ce poste...

... Aujourd'hui, un corps de troupes, commandé par le général Faudoas et composé du d^r régiment de chasseurs dAfrique, d'un bataillon du 4« de ligne, d'un de la Ugînn étrangère et de deux pièces de montagne, a été envovi' pour })unir celle tribu cou])a])le.

Le butin, pris sur la trihii. sera vendu et le prix en ser:i réparti entre les troupes qui ont })pis part à l'expédition. Signé : Duc de Hovigo.

Eh bien, où campait ce troisième bataillon de la légion, étrangère? A Maison-Carrée, comme l'indique, par suicroît, l'article précité du Courrier Français, dans !< numéro du 26 juin i832.

Pour séparer Fischer de Zola, qui était avec son batail-

1 à Maison-Carrée, ou n'aurait, d'après la prétendue ire de Gombe6', rien trouvé de mieux que d'envoyer ><3hcr à Maison-Carrée !

La lettre parle ensuite, à la date du i6 mai 1882, de iibarquement à Alger des époux Fiselier sur un bàtilont marchand corse, à destination de Naples. Or, le Moniteur A/r/t'/'/V/i enreg-istrait, sous la rubri- !(• : K Mouvement du port d'Alger ^), tous les départs de inients de commerce, avec l'indication de la natiouade chacun et de sa destination. l-^n i832, il n'est, à cette époque, fait mention du déi t d'aucun bâtiment corse à destination de Naples. C'est seulement, du 2 au 9 août, que partit d'Alg-cr^ It^stination de Naples, un bâtiment marchand français, Saint-Louis.

La lettre nous montre F. Zola se dég-uisant en ou- ■r pour se sauver à Alg'cr.

1 leportez-vous, Monsieur le Procureur de la Répuiliijue, à l'ouvrag-e du baron Piclion, et vous verrez si ' ■ dég-uisement n'eût point été le meilleur moyen de se laire prendre,

Entre la Maison-Carrée et Alg-er, ce n'était, en 1882, qu'un désert inabordable. Les anciens occupants avaient fui en masse.

Et même, le 29 février 1882, avait été prise la mesure suivante [Moniteur officiel algérien, du 5 mars 1882, n°5) :

Ordre génér-\l. — Le général, commandant en chef le corps d'occupation d'Arrique, ayant été informé que des bâtiments de commerce embarquent et débarquent sur la côte d'Alger des personnes qui ne sont pas munies de passeports, ni de permissions signéen de lui, confirme les ordres

donnc's par ses prédécesseurs, qui interdisent tout eml quement ou débarquement des personnes ne rempli jioint cette formalité. Le général en chef rléfend aussTl tout Européen, ciril ou militaire, et aux iiuligènes d'Alger de dépasser les avant-postes pour aller dans Tintérieurdi pays sans une permission signée de lui. Par ordi'e général commandant en chef le corps (Toccupation, maréchal de camp, chef d'étai-major. Sif/né • Trézel.

Comment concilier ce que dit la lettre au sujet de cher et de F. Zola avec les injonctions de cet ordre jour, dont la date doit être remarquée ?

La lettre parle dune somme de 4,090 francs qui aurait été déposée chez le commissaire de police.

Dans une lettre faite récemment, l'expression se comprendrait très bien, par méprise ; mais comment comprendre cette méprise sous la plume du colonel Combe à Alger en 1882?

La police ne fut organisée que par un arrêté du 2 1 décembre i835, plus de trois ans plus tard ! Pour le service de police, cet arrêté divisa la ville d'Alger en deux arrondissements, et institua deux commissaires de police. [Annales algériennes, nouvelle édition, parE. Pellissier de Reynaud, livre XV, p. 421.)

Jusqu'en décembre 1835, il n'y eut pas de commissaire de police.

En 1882, il y avait un haut fonctionnaire, qui avait le titre de « Commissaire-g-énéral de police ».

Ce fonctionnaire était à cette époque M. Lauxerrois.

Tous les règlements de police, soit du duc de Rovigo, soit du baron Pichon, soit de M. Genty de Bussy, successeur de ce dernier, étaient contresignés par le a commissaire-général de police », et ainsi publiés dans le Moniteur algérien ou affichés sur les murs.

Pas de confusion possible entre un commissaire de police et ce « commissaire-général de police ».

La lettre déclare que « Fischer fut rcroué par ordre 'Il f/énéral ».

Ouel général? Il y avait plusieurs cfénéraux:.

Dira-t-on que le « i^énéral » est ici le commandant en !icf? Soit!

J'ai rappelé l'ordonnance du 1'='' décembre i83i, j (( pour le t-ouvernement d'Alg-er en partie double ». Au Gl-énéral en chef, la direction des ailaires znilitaires. A l'intendant civil, les affaires civiles. Le duc de Kovig-o, lieutenant général, commandant en chef, était arrivé à Alsfcr le :>4 ou 20 décembre i83i. Le baron Pichon, intendant civil, était arrivé le 19 janvier 1882. J'ai déjà dit que ce dernier avait quitté Ali>Tr le 19 juin i832.

D'après la prétendue lettre du colonel (lombe, Fischer aurait donc été écroué,. le 16 mai 1882, par ordre du général.

Fischer ne relevait pas de l'autorité militaire, mais bien de Y autorité civile.

Aucun des généraux ne pouvait donc donner l'ordre d'écrou.

Voici, en outre, ce que vous pourrez lire. Monsieur le Procureur, à la page 142 de l'ouvrage du baron Pichon :

A la visite que je fis, quelque temps avant mon départ (10 juin), de la prison civile, je trouvai trois de ces Maures, trois frères Bonois, chacun avec un enfant de huit à dix ans, détenus dans un cachot depuis environ trois mois, et pinces sous un secret que pouvait seul lever un double d'un papier ployé, portant un cachet de deux initiales. Comme il ne pouvait j avoir de secret pour moi dans cette prison, je les ai fait écrouer comme les autres détenus. Il n'y avait, avant moi^ à Alger, ni registres d'écrou, ni écrous dans cette prison. De simples ordres verbaux, et de diverses personnes, faisaient emprisonner sous le prétexte de haute police. J'ai exigé que nul n'y fut reçu, même par ordre uu

GÉ.SÉRAL ex chef, SANS UN ORDRE ÉCRIT.

Cette observation sur ce point spécial est-elle décisive? Je n'ose pas l'afiirmer. Elle méritait du moins d'être signalée dans l'ensemble.

Si, à la date des i6 et 17 mai 1882, Fischer et F. avaient été arrêtés, le scandale eût été tel que, bien cei tainement, on en trouverait trace dans les chroniques l'époque.

Si, par exemple y je me reporte au Moniteur algé'^ rien, j'y vois des incidents de minime importance. Notamment, on peut lire, dans le numérodu5 juin 1882, cette nouvelle : « Dimanche soir, 27 de mai, un caporal de la légion étrang-ère, charg-é de la surveillance de l'infirmerie, et servant sous le nom de Brockhof, s'est suicidé... » Rien au sujet de Fischer et rien non plus au sujet de F. Zola.

Le docteur Bonnafont, médecin principal des armées, tenait un journal de sa vie à Alger, où il relatait, au jour le jour, les faits dont il était témoin ou qui parvenaient à sa connaissance. Ce journal a paru sous le titre: Douze fins en Algérie (i83o à 1S42J. Il rapporte des incidents de toute nature, quelques-uns môme d'un caractère fâcheux. Notamment, à la pag-e 16, il dit :

Dans raprès-midi. nous vîmes défiler les officiers d'un état-major, qu'il est inutile de nommer, suivis de leurs mulets chargés d'armes, de tapis, d'éventails^ qu'ils avaienl trouvés à la Kasbali. (le butin, mis ainsi en évidence, produisit sur l'armée une lâcheuse impression Plusieurs

portes de la Kasbah lurent enloneées^ les appartements envahis, et personne ne saura jamais ce qu'on a pu y prendre en armes, bijoux, etc.

A la date du 29 mai 1882, il mentionne le suicide du caporal Brockhof.

Nulle part, il n'est fait allusion soit à Fischer, soit A F. Zola.

La lettre porte ensuite ceci : « Lor.sque le 3« bataillon de la léiTfion obtint une g'ratification pour les prises de la tribu A7 Offra (sic), on la pava partie en argent, partie en etlets de linge, de chaussures... ».

A7 OJfra pour El Onfjia! El cela en celte mémo an-

(* i83.?, et sous la plume du colonel de la léclon étran-

re!

L'épouvantable affaire d'El Ouffia devait laisser et a I. lissé, en effet, un loni^ et pénible souvenir, non seu- I 'iiient en Alg-érie, mais en France et en Europe.

(Comment ce souvenir se fiît-il effacé dans la lég-ion t lanifère, alors que la légion étrang-ère ne cessait d être

sucrée aux phases successives de cette affaire même?

I.a légion étrangrre avait participé, par son 3« ba- I lillon, à l'affaire des 6 et 7 avril i8.''{:>, à cette opération '|iie l'histoire a appelé (y le massacre d'El Ouffia ».

V la justice, dit C. Housset, il (le duc de Rovigo) pré-

férn In force, à l'équité française le procérlé turc. Dnns la nuit (hi 0 au 7 avril, trois cents chasseurs d'Afrique et trois cents hommes de la Union ètramière eeruèrent le douar : tout fut saccagé ; hormis quelques femmes et quelques enfants, tout fut tué; il y eut soixanle-dix morts, parmi lesquels deux déserteurs allemands. « En pareil cas, disait un de ceux qui présidaient au massacre, il faut mettre son cœur flanssa poche.» — « C'était ainsi qu'onfaisait au temps des Turcs ». répétaient les autres. Assurément, mais alors pourquoi donc avoir dépossédé les Turcs ! {E Algérie de 1830 à 1840, t. I, p. 173.)

Après cette « répression sauvag-c », le profit du butin, ainsi qu'on l'a vu par les dernières lignes de l'ordre du jour précité du 7 avril, fut réparti entre les troupes qui avaient pris part à l'expédition.

Tout le bétail épars sur le territoire qu'elle (la tribu d'El- Ouflla) occupait, et qui était en partie la propriété de tiers habitant la montagne ou la ville d'Alger, a été ramassé, dit le baron Pichon. amené au i)0ste. ven(bi à l'amiable à M. Garstensten. agent consulaire de Dancmarck... Le produit en a été ré{)arti à la troupe expéditionnaire {un bataillon de la légion étrangère et un escadron de zouaves). La légion étrangère et les Arabes et Turcs qui composent en forte partie l'escadron ont eu là un avantage dont n'a pas joui l'armée expéditionnaire d'Alger, qui n'a pas eu un écu du vaste butin qua produit sa glorieuse conquête. J ai

vil (les officiers qui ii'onl rerii qu'avec un profond reg, leui- part de celle dislribution. (P. 132 et 133.)

De son côté, M. Camille Roussel (p. 175) s'expri^ ainsi :

. . .Ce ne fut pas tout ; pour compromettre encore pli dans sa détestable eaii*«e, ceux qui avaient été exécuteurs de ses ordres, il (duc de Rovigo) leur fit distribi le prix du sang, l'argent produit par la vente des troupe de la tribu détruite. ..

Puis, dans le même temps et à l'occasion de d( pauvres survivants de la malheureuse tribu à' El OiifJ la légion étrang-ère se trouve associée aux incidents aux péripéties d'un procès, d'un simulacre de proc^ voulais -je dire, dont il me faudra, pour diverses raisoi rappeler les détails. Tant il est vrai, ce procès en est preuve de plus, que la pauvre humanité s'épuise en

Ïierpétuels recommencements sous les yeux des « inteT ectuels » de tous les tempS;, qui, de leur côté, s'épuisent éternellement, semble-t-il, en de vains efforts. — Je parlerai de ce procès dans la Quatrième Partie.

Le massacre d'El Ouffia avait immédiatement rallumé les hostilités.

Cétait fini de la paix, dit C. Roussel. Mis en suspicion par le général en chef, ce n'est pas l'Agha qui pouvait être tenté de sacrifier à l'autorité française, ni même d'employer en sa faveur la grande inlluence qu'il exerçait personnellement sur les Arabes. Le massacre d'El-Ouffia avait eu un lointain retentissement ; des représailles se préparaient. (P. 175.)

Elles commencèrent, ces représailles, dès le 24 mai 1882. La lég-ion étrangère va fig-urer dans les nouveaux combats. Dans une reconnaissance avaient été envoyés « vingt-cinq hommes de la légion étrangère et ving-t chasseurs d'Afrique ». Les fantassins de la lég'ion (.( furent atteints et massacrés tous » .

Il fallut venûfor ces malhouroiix.

Une expédition, continue G. lloussel. lut aussilot orga- >ée sous le conimandemenl du général Buchet pour aller 'i;\tier les Isser; douze cents hommes ju'is également dans ■4*', le 10* rie liirne et In hh/ion (^fra/if/ère, ccni zouaves et quinze artilleurs avec deux ohusiers de montagne. s'eud)arquèrenl. le 10 Juin (18){:2 — toutes ces dates sont importantes) sur les l'régales Cah/pso et Zél(''(\ le brick Zèbre et les bâtiments à vapeur Pélican et Rajdcle. . . L'expédition manquée était une faute dont la responsabilité retombait en plein, non sur le général Bucliet. mais sur le commandant en chef. Il iallait s'attendre à une grande reprise d'armes. (P. 178.)

En effet, les suites du massacre des G et 7 avril i8.'^2 se prolong-cnt déplorablement. Le ministre voit le péril.

Le lieutenant général d'Alton venait d'être envoyé par le ministre de la guerre à Alger [)Our prendre, sous la direction supérieure du duc de Kovigo, le commandement de la division. . .

Le duc de Rovig-o, qui a déchaîné cette tempête, «en perd la tête ». Le 10 août i8.'^2, un officier d'étatmajor écrit : a II devient fou par l'approche d'un danger qu'il exag'ère... Où diable Bonaparte avait-il péché ce ministre-là ?»

La situation était d'ailleurs très mauvaise à ce moment.

Tandis que le duc de Rovigo, dit C. Housset, menaçait de tomber au niveau du général Berthezène, tout semblait avoir rétrogradé d'un an avec lui ; ou revoyait, comme eu 1831, Sidi-Saadi proclauiant la guerre sainte, lien-Zamoun descendant des montagnes, toutes les tribus se levant à la fois.

Le 21 septembre 1882, un arrêté institua une g'arde nationale ; tous les Français, depuis vingt ans jusqu'à soixante, étaient appelés à en faire partie. Il s'ag-issait de défendre Alg-er menacé !

Si, Monsieur le Procureur, j'ai rappelé ces différents

faits, en sollicitant votre attention sur les dates, c'est ces faits, suite directe, conséquences déplorables du « mj sacre d'El Ouffia », montrent clairement combien étaï vivant le souvenir de cet acte « sauvag-e », et que, si colonel Combe avait écrit la lettre du 12 juillet 1882, n'eût point écrit, étant d'ailleurs sur place, à la tête" de la lég-ion étrang-ère, (c El Oll'ra » pour (c El Ouffia ».

Qu'était-ce que « El Offra » ?

Etait-ce le nom d'une tribu voisine, et dont la proximité expliquerait tant bien que mal la substitution d' « El Offra » à « El Ouffia »?

Non. Il n'y avait, en 1882, aucune tribu de ce nom.

Je prévois ici une objeciion. On me dira que, dahs l'hypothèse d'une manœuvre coupable, l'auteur de cette manœuvre n'eût pas non plus commis cette erreur matérielle, cette substitution d'un nom, qui ne correspond à rien, au nom connu d'un fait historiquement célèbre.

Cette objection serait vaine.

L'emplacement qu'avait occupé la tribu d'El Ouffia était vacant et libre, puisque le massacre du 7 avril 1882 n'avait rien épargné.

Par la suite, une autre tribu vint s'y installer et tenta de s'y établir. C'était la tribu d' « El Offra ». . La localité, qui s'était appelée (t El Ouffia », devint donc « El Ofï'ra ».

Dans le langage courant, a El Offra » se substitua à ((El Ouffia».

Le colonel Combe n'eût donc pas pu écrire, en 1882, (( El Offra » pour (( El Ouffia ».

Supposez, au contraire, que, postérieurement ef dans la suite, un individu ait vécu en Algérie pendant un certain temps, que, pour ses occupations, pour ses promenades ou par curiosité historique, il soit allé à Maison- Carrée et, de là, au lieu du célèbre massacre.

— Ouel ost ce litMi ?

— Kl onVa.

— Un est KElOullia ^) ?

— C'est ici qu'était (( El Oiiffia ». Mais El Ouffia n'existe plus. (Test aetiiellcinent k El OtlVa, ^)

Supposez, maint euant que, dans ses notes, dans sa ( orrespondance, il veuille parler de cet emplacement, il ii'ira (( El OnVa »,

De même. Monsieur le Procureur, si vous éciiviez au- |oui'd'luii riiistoire de saint Andoche, disciple, comme ( liaeun sait, de saint Potliin et de saint Bénigne, vous ne I liriez pas qu'il a prêché le christianisme à Au^ustoduluim, mais à Autun.

L'auteur de la letli-e Comhe.^, ou son inspirateur, ou l'un de ses insjiirateurs, serait donc allé en Alt>érie au temps où « El Oulïia » s'appelait « El OtVra ».

C est de ce côté qu'il faudrait chercher.

La lettre parle d'un grenadier qui se trouvait au camp.

Il n'y avait pas de « grenadiers » à la lég"ion étran- ISj-ère, ainsi qu'il résulte de l'art. 2 de l'ordonnance royale du 10 mars 1881 sur la formation de la lég-ion étrang-ère. — « Les bataillons de la légion étrangère auront la même formation que les bataillons d'infanterie de lig'ne française, excepté qu'ils n'auront pas de compag'nie d'élite ».

Mais je reconnais que la phrase est assez vag'ue pour s'expliquer de plusieurs manières.

De même que « la première lettre du colonel Combe.^ », qui est à tout jamais aux oubliettes, de même « la deuxième lettre cîu colonel Combes » se termine par un counlel.

Voyez le texte de ces deux lettres dans le Petit JoiiA 7K//; vous constaterez. Monsieur le Procureur, parles caractères d'imprimerie, que ce sont ces deux couplets d« la fin qui étaient, si je puis dire, le clou de la publication.

Vovez comme M. Judet hausse la voix et s'époumonne sur « la prescience inouïe des dane;-ers d'une indulg-ence mal justifiée ».

Il lance le mot « merveilleux ».

N'est-il pas merveilleux, en effet, que le colonel Combe, dans sa «prescience inouïe», ait pu écrire la première lettre avant même que d'être en Alg-èrie?

Quand Henrv a faljriqué la correspondance des attachés militaires, il y a fourré* un lang-aj^-e nègre, par souci de couleur locale, et aussi, dans une des lettres, des choses teUemcnt graves (!) que M. Cavaignac a déclaré à la tribune n'en pouvoir dire un seul mol.

Ouand on a fait les lettres Combe.s, on y a fourré, pai même souci de couleur locale, des détails circonstanciés avec, par surcroît, une certaine dose de « prescience inouïe » .

Mais, à propos de ces détails si complaisamment circonstanciés, n'y a-t-il pas quelques observations à faire ?

Le colonel Combe est arrivé à Alger le 27 juin 1882. Avant de prendre et effectivement possession de son commandement, il a dû se mettre en rapports avec ses chefs, puis avec ses officiers et ses hommes, campés, comme on l'a vu, en plusieurs endroits. Or l;i démission de l'officier Zola serait du 3 juillet 1882. L( colonel Combe n'a donc rien connu personnellement de incriminations qu'il expose.

Et à qui les raconte-t-il ? A ceux qui auraient suivi l'affaire, qui l'auraient appréciée, puisque, d'après, la première lettre (si encombrante), il avait déjà étf décidé après examen, qu'il n'y avait pas lieu de donner suite.

A quelle fin, donc, dans quel but, le colonel Combe aurait-il écrit la « deuxième h'ttre »?

La question ne peut être éludée : elle s'impose.

— ISO —

A ce point (le vue, cette lettre se résume, en ctFet, dans tes deux idées :

1° Il a été décidé de ne pas poursuivre. Je tiens, INFessieurs, à vous taire savoir, on un écrit vitupérant, ce que je pense de vous tous,

■.>^ Comme il n'v a rien à faire avec vous, je vous envoie ce u narré », en votis priant de le faire parvenir à M. le maréclial ministre de la g-uerre, que vous avez dû renseig'ner tout de travers.

Mais c'est de Topéra-bouffe, cela !

Est-il, où ([ue ce soit, en quelque pays que ce soit, un ecénéral qui puisse accepter une telle correspondance, et qui, l'ayant reçue, puisse ne pas sévir et se fasse même le facteur de son subordonne vis-à-vis du ministre de la guerre ?

Est-il un ministre qui ait jamais pu tolérer, qui tolérera jamais qu'un colonel prenne une telle attitude et s'insursTC contre une décision qu'il a prise ?

Ouel était, à ce moment, le ministre de la g-uerre? Le maréchal Soult, lequel n'a pas laissé le souvenir d'un homme très endurant.

Ouel a donc été, authentiquement, le rôle de F. Zola? Quelle a été sa conduite ?

Si le moindre fait pouvait permettre de dire qu'il a peut-être été officier comptable (officier payeur ou officier d'habillement), je pourrais opposer l'ouvrage, déjà cité, du général Bernelle sur la légion étrangère. Au sujet des officiers comptables, voici, en effet, ce qu'écrit cet officier supérieur qui, dés le mois de seplcmbre 1HS2, était appelé provisoirement (pendant une absence du colonel Combe), au commandement de la léi»-ion :

L'orn^anisation de l.i légion inanlin rapidement, malgré les (liflicnltés (in'oM rencontre toujours dans la formation des nouveaux corps, même lorsqu'on a de bons éléments à

sa disposition ; ici, rien de pareil n'existait, tout était créer. Les officiers et sous-officiei^s co?}iptables, qui furent' employés dnns le principe au milieu de cette masse d'officiers inexpérimentés, même étrangers au métier et à h liuigue française, méritent sans doute les plus grands KLOGES pour le dévouement et la persévérance dont ils^ lirent preuve dans ces circonstances difficiles. (Page tO.

Mais comme F. Zola n'était qu'officier de troupe, onj ne peut le faire bénéficier de ce global élog-e des officiers] comptables.

Et la c{uestion subsiste : cjuelle a été sa conduite] comme officier de troupes ?

Lors de l'affaire d'El Oulfia, il avait dû obéir et participer au massacre ordonné par le duc de Rovig^o.

Sur la proposition de ses chefs, le ministre le récompensa de sa conduite.

Gomment ? Il n'avait été nommé lieutenant qu'à titre provisoire. Le ministre lui confirme définitivement son g^rado, et môme avec etfet rétroactif.

Reportez-vous, Monsieur le Procureur, au Journal mi li faire ojjiciel, année 1882, no 24 l^is.

Vous y verrez l'ordonnance royale du ri Juin i832, contre-sig-née le 22 juin i832 par le secrétaire e;-énéral du ministère de la guerre, ordonnance par laquelle Zola (François-Josephj est nommé à l'emploi de lieutenant, pour prendre rang- du jour de sa nomination provisoire à la lég*ion étranq^ère (20 juillet i83i).

Je demande, Monsieur le Procureur, comment on pourrait concilier cette ordonnance avec les prétendues lettres Combes ?

Je sais l'objection que vous avez faite : « Le télégraphe n'existait pas en 1882 ».

En fait, il pouvait arriver que, faute de communications télég-raphiques, le ministre récompensât à Paris

la conduite d'un officier au moment même où, à Alç;er, cet officier se rendait iii(lii»ne. Ola est vrai.

Mais, si cela était matériellement possible, la (juest ion est de savoir si, pour F. Zola, les clioses se sont .liiisi passées. Ce n'est pas raisonner sainement que de résoudre une question par cette question même.

Si les comnumications entre Paris et Aliter étaient, en i8i'{:>, moins rapides qu'au jonrd'lini, elles étaient singulièrement fré(juentes. N'ai-je pas rap|)elé un passai^e de (Camille Housset où il est parlé des u curieux qui venaient rluujne Jour assister aux emharcpu'ments et aux débarquements ». Il n'en pouvait être autrement. La' i>uerre d'Algérie ne soulevait j)as seulement d'incessantes (jucstions militaires, mais aussi d'incessantes questions politiques.

(Juelle était la durée normale d'un courrier de Paris à Alger? C'étaient sept à huit jours. Notez que les mois de mai, juin, juillet étaient les plus f«ivoral)les.

Or, d'après la a deuxième lettre du colonel Combes », F. Zola se serait constitué prisonnier le 17 mai i832. Du 17 mai au 1 1 juin, il y vingt-six jours. Du 17 mai au 22 juin, il y a trente-sept jours.

Après l'aflaire « d'El Ouffia », le duc de Rovig-o ayant fait au ministre ses propositions de décorations ou de promotions au profit de quatorze officiers de la légion étrangèie, et notamment au profit de F. Zola, comment admettre qu'il ne se fut point empressé, à partir du 17 mai, de retirer sa proposition en laveur de ce dernier. Etalors, comment expliquer l'ordonnancedu 1 1 juin t832? Et, si l'avis est arrivé après cette date, comment expliquer que, non retirée (ce qui était facile), elle soit contre-signée le 22 juin et publiée ensuite au Journal officiel militaire ? L'objection tirée de ce qu'il n'y avait point alors de télégraphe porterait si le temps avait été insuffisant pour les courriers ordinaires. Mais que devient cette objection avec les délais que je viens (le relever?

Il saute aux yeux ({ue de solitles raisonnements pour-

raient être édifiés sur le rapprochement des dates ay ces délais.

Mais je les omets, car j'aperçois par où on les pourrg attaquer. Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblî ble. On pourrait donc niobjecter que, si les délais étaiei surabondants non seulement pour un avis unilatéral soit du ministre pour ses décisions de récompenses, soi du général en chef sur les actes d'un officier coupabb mais encore pour un échang-e de correspondance enti le ministre et le général, s'il est de toute invraisem^ blance que, en un tel cas, le ministre n'aurait point et aussitôt prévenu, il est toujours possible d'admettrjj soit un oubli du général en chef, soit une madvertanc^ du ministre prévenu. De cette manière on expliquerait la récompense donnée à un officier qui, dans l'intervalle, aurait démérité.

Vous voyez, Monsieur le Procureur, que je n'élude pas la difficulté.

Pour écarter cette objection, déjà viciée par une criante invraisemblance, il faut que j'établisse que, même dans la thèse de l'authenticité des prétendues lettres Combes, on est dans la nécessité de reconnaître et qu'on reconnaît, en fait, que le ministre aurait été immédiatement prévenu.

Si je fais cette preuve, l'objection disparaîtra une fois pour toutes, sans retour possible. Car, à moins d'être de mauvaise foi, on ne pourra, au gré de la discussion, attester ou contester un même fait, et, selon le moment, dire tantôt que le ministre a été prévenu tout de suite, tantôt qu'il ne l'a pas été du tout ou qu'il l'a été trop tard.

Puis-je faire cette preuve ?

Veuillez remarquer, Monsieur le Procureur, que, d'après les défenseurs les plus décidés des prétendues lettres Combe.v, c'est le ministre lui-môme qui aurait arraché F. Zola au conseil de guerre. — M. Judet, en les publiant, s'est exprimé ainsi : « Il évitait le conseil de guerre, grâce à de liantes influences. »

C'était là, tout à la fois, l'explication de leur attitude

ot leur lliiiie de rolrallc, car, autrement, ils se fussent exposés à cette inévital)le irpli(|ue : u Justifiez les imputations de ces lettres par la condamnation ([ui a du s'en suivre. »

Pour étaldir leurs dires à ce point de vue, ils ont eu recours au i^vnéral de Lovei'do.

Qu'a donc dit celui-ci dans l'instruction?

Je transcris :

...Je n'ni. Mon entendu, jnmnis vu le texte officiel dos lettres du colonel (iombe^-, mais je les ai lues, il y a environ un mois, dnns le Petit Journal. Je me souviens très bien qu'en 1832, lorscpTil fut établi que le lientenant Zola avait détourné une somme importante" d'argent pi-ise dans la caisse du régiment de la légion étrangère, dont il était l'officier payeur (!?), nmn père, le premier général de division de Loverdo. venait de rentrer d'Algérie et était à Paris en disponibilité. Il fût informé de l'alfa ire Zola par une lettre du commandant d'Algérie. Mon père est alors allé trouver le ministre de la guerre cl, i)ar ses instances réitérées et ses rlémarches nombreuses, a fini par obtenir que le lieutenant Zola ne fût pas traduit devant un conseil de guerre et que l'on acceptât sa démission, après l'avoir puni de soixante jours de prison. Je sais que le commandement d'Algérie désirait au contraire ([ue Zola fût traduit devant un conseil de guerre, et mon père a eu l)eaucoup de mal à éviter cette honte à son ancien protégé... >>

Si j'étais de parti pris, si je n'étais pas d'une absolue bonne foi, ne cherchant que la lumière et la vérité, je commencerais par présenter ici les ol)servations accablantes, à mon sens, que comporte cette déposition

Tout au contraire, je diffère mes observations, à ce sujet, tant j'ai souci de ne point paraître tourner l'obstacle.

Pour le moment je prends donc telles quelles les dé( laratioiis de ce témoin.

<Ju'en résulte-l-il?

Pour mettre en plein relief la portée del cette déposition, je crois devoir préalablement vous rappeler,

Monsieur le Procureur, que vous et moi, les champioi des prétendues lettres Combe.s comme ceux qui contestent l'authenticité, nous sommes tous enf'ermi entre deux dates: d'une part, la date du 17 mai ïSm qui est le point de départ, et, d'autre part, la date de décision qui aurait soustrait F. Zola au conseil de g-ueri

Quelle est cette dernière date?

Quelle est-elle dans la thèse de l'authenticité des lettré Gombe.s'?

Dira-t-on : 12 juillet 1882? Mais cette date est celle do la {( deuxième lettre du colonel Gombe.ç ». Or, dans la « première » — écrite à un destinataire non dénommé : « mon Général », — le colonel apparaît comme accusant réception de la lettre où celui-ci lui annonçait que le lieutenant Zola ne passerait pas au conseil de g-uerre! Gette décision eut donc été acquise avant la première lettre. Il n'est pas permis de ne pas tenir état de cette circonstance. Car, il ne saurait suffire de faire désormais le silence sur cette « première lettre ». Tant qu'on n'aura pas reconnu ofHciellement que, comme nous l'avons vu, elle est impossible, et que, étant impossible, elle est fausse, il faudra bien qu'on la place à un moment quelconque et qu'on l'intercale dans l'ensemble chronolog-iqne des faits. Il est clair que ce n'est point à moi à faire cette intercalation. G'est à vous. Monsieur le Procureur, à vous-même, si vous considérez les lettres Gombes comme authentiques et vraies. En ce cas, vous aurez donc, pour faire cette intercalation, à fixer une date — une date approximative, tout au moins — pour la première lettre du colonel Combe.s\ Puis, à partir de cette date, nous remonterons de huit ou dix jours, et nous aurons ainsi la date approximative de l'indulg-ente décision prise à Paris par le ministre.

Dès loi\s, nous aurons à nous mouvoir entre le 17 mai 1882 et la date approximative, que vous aurez recherchée, de la décision ministérielle.

Gela posé, je reviens à la déposition du général de Loverdo et à ma question : « Qu'en résulte-t-il ? »

Il en ressort :

1° Que le g-énéral de Loverdo père aurait été ininié-

Kiteinput prévenu par le duc de Rovii'o. — Je dis :

iniuklidlPinent, car son intervention n'aurait pu se

lacer qu'entre le 17 mai et la date de l'indulgente déci-

■ )n du ministre. Et, comme il nous dit que son père,

!)lioé de lutter contre les résistances du duc de Koviqo,

irait eu, avec « beaucoup de mal », à faire des « ins-

. lices réitérées » et des « démarches nond^reuses »

>ar vaincre les résistances du mmistre, il i'aul intercaler,

iti'e ces deux dates inexorables, ces « instances réité-

s » et ces « démarches nombreuses ».

>.'• Que le ministre aurait été iminédidtenipni pré-

lui, et tout à la fois par le g-énéral de Loverdo père et

tr le duc de RoviiSi-o. — Je dis : imniédiatenient car, en

qui touche le t»"ènéral de Loverdo, il n'y aurait point à

arîer d' (( instances réitérées» et de «démarches nom-

niises», s'il s'y était pris trop tard, c'est-à-dire après

iidre de poursuites. Quant au duc de Rovigo, comme

.'.st dit qu'il faisait des résistances à une décision d'in-

iil^-ence, et comme ses résistances ne pouvaient se for-

lider que par correspondance, il y aurait eu, entre le

iinistre et lui, un échang-e de correspondances. Et

'est cet échang-e de correspondances qu'il faut intercaler

ntre ces deux mêmes dates, toujours inexorables.

Mais alors, Monsieur le Procureur, que devient, je le épète, votre are-ument personnel tiré du défaut de comaunications téfég-raphiques en 1882? A quoi sert d'obecter le défaut de telles comnmnications dans un cas où 1 y avait place non seulement pour un courrier, mais nême pour des échanges de correspondances? Vous pouvez répondre que, si cet arg-ument était en définitive hors le propos, si, en l'opposant, vous en avez tiré une -onclusion erronée, votre erreur ne chang-e rien aux 'aits, et que c'est aux faits que je dois m'attaquer. ])'est juste. Et je continue.

Gomment donc, de la part du ministre — qui aurait îté prévenu inmiédiatenieiit — expliquer l'ordonnance

de promotion en faveur de F. Zola, cette ordonnai signée le ii juin i8.'^2, conlre-signôe le 22 juin i832,' publiée ensuite au Journal offiriol mi h' faire'?

N'est-il pas curieux et probant que les défenscii de l'authenticité des lettres Gombe.s ne puissent faii un pas^ dire un mot, sans se heiivieT to/tjours à. quelqii document dont l'authenticité ne permet aucune o])je( tion ?

Et que devient encore, je vous en prie, Monsieur i Procureur, le couplet final de la «deuxième lettic di colonel Combe.9))? «... // est essentiel qne ce rappor soit envoyé à M. le maréchal ministre de la guerre.. Je pense donc que dans l'intérêt de la société (!!.' autant que de l'armée, on doit prémunir M. le m réchal ministre de la guerre... »

Mais, dans la thèse môme des défenseurs des lettu Combes, il l'aurait connue, cette affaire, M. le marécli. ministre de la g-uerre ; il l'aurait connue sur toutes s faces, ayant entendu à la fois le g-énéral de Loverch qui aurait plaidé l'indulg-ence, et « le commandemci d'Alg-érie » qui aurait désiré, au contraire, la riguem il l'aurait connue, puisque ce n'est qu'après avoi entendu les uns et les autres qu'il se serait décidé pou une décision d'indulg-ence ; il l'aurait connue, puis(|ii c'est à lui précisément que les adversaires passioniK d'Emile Zola adressent un rétroactif reproche d' « in dulg-ence mal justifiée».

Ou je ne comprends rien et ma pensée se trouble, bien il n'est plus d'autre ressource aux champions dt lettres Combes que de dire que le colonel ne savait ri( de tout cela.

Soit ! — Mais ce sera reculer pour mieux sauter. Car, en ce cas, je demande :

Que devient et que signifie et comment prétendexpliquer la «première lettre»?

Que sig-nifie la «deuxième lettre», et comment prétend on expliquer que le colonel Combe, qui venait d'arrivi en Alg-érie, qui n'y était que depuis quelques jours

me, aurait pu ('ciiie le u narré» iruiie afVaire, sans M'iiie savoir ou elle en était et où on en était? Et, ici» je rencontre la lettre du général Trézel, lauelle, dans rensenil)le, va faire singulière ligure.

Mais, au fait, pour(|uoi k Trézel », et pourquoi pas (d'Alton »? Il y eût eu ilu moins plus de vraisemblance. Quelques jours seulement auparavant, le duc de Rovig"o, jn etlet, avait fait publier cet ordre du jour :

Alger. 27 Juin 1832.

Le lieutenant e:t''néral trAlton est déharqué aujourfl'hiii à Alger et entrera en fonctions demain 28 Juin... Les officiers généraux se tiendront en relation immédiate avec le général d'Alton i)0ur tous les objets relatifs à rinspeelion générale des troupes, qui lui est attribuée .en permanence... Tous les rapports concernant l'organisation et les mémoires de projmsitions pour le personnel seront soumis par cet officier général au général commandant en chef, qui les adressera au ministre de la guerre, après les avoir examinés et approuvés.

Trézel ou d'Alton, qu'importe ! On n'en est pas là.

Voici donc la lettre du général Trézel :

Alger, le 15 juillet 1832.

Monsieur le Ministre,

.l'ai rbonneur de vous transmettre, d'après les ordres du général en chef, une demande de démission faite par Al. Zola, lieutenant, chargé dk l'habuxement {! ?) dans la légion étrangère. Vous trouverez également dans cette lettre un rapport de M. le colonel (lombei- sur la conduite de cet officier. — Ouebpie couiiable (|ue fût M. Zola, le gc'uéral en chef a pensé que i\Q\\\ mois de détention et la perte de son état seraient pour lui une punition suffisante ; en conséqiience. il a ordonné aujourd'hui son élargissement provisoire ; mais il ne lui permettra de (piitter Alger quaiirès l'acceplation de sa démission. 11 vous prie d'accorder votre consentement au déjjart de cet officier qui a payé en totalité les sommes dont il se trouvait redevable.

Tout à l'heure, le colonel, nouveau venu, ne sa pas où en était l'afFaire et où on en était des décisi pi'ises à son sujet .

Voici que le g-énéral Trézel - « maréchal de camp chef de l'état-major général » — n'en sait pas davantage !

Il écrit, dit-il, a d'après les ordres du i^énéral chef ». Celui-ci n'en sait donc pas plus ?

Et quelles contradictions !

Tout à riieure, on nous disait qu'il j avait eu (t hautes influences ». — Maintenant plus de « haut influences ».

Tout à l'heure, le g-énéral de Loverdo était allé trou^ le ministre de la ûi'uerre, et, par ses instances réitérées ses démarches nombreuses, avait fini par obtenir que le lieutenant Zola ne fut pas traduit devant un conseil de g-uerre. — Maintenant c'est le duc de Rovig-o qui aurait pris sur lui, spontanément, d'arrêter toute poursuite

Tout à l'heure, c'était le ministre qui aurait décidé que l'on acceptât la démission de F. Zola, après l'avoir puni de soixante jours de prison. — Maintenant c'est le duc de Rovi2;o qui aurait pensé que deux mois de détention et la perte de son état seraient pour F. Zola une punition suffisante.

Tout à l'heure, le ministre, en s'arrêtant à une décision d'induljg-ence, aurait été à l'encontre du commandement d'Alg^érie qui désirait au contraire que Zola fût traduit devant un conseil de g"uerre, et même le g'énéral de Loverdo (le premier) aurait eu beaucoup de mal à obtenir du ministre cette décision d'indulg-ence. — Maintenant le ministre, à qui on reprochait (( une indulgence mal justifiée », ne sait rien de rien, et on l'informe des décisions... qu'il a prises lui-même !

Tout cela serait plus que mystérieux si tout cela n'était, en somme, fort clair.

Quand Henry avait voulu frapper un grand coup contre Dreyfus, il avait fabriqué un stupéfiant ensemble : il

vait trois lettres, dont l'une avait même jeté INF, CavaimIC en une indicible émotion et en un mutisme» tremleur.

Quand du Paty de Clam avait voulu frapper un grand ïup contre le colonel Picquart, il avait lal)ri([ué, seul u cie concert avec d'autres, un ensemble audacieux de 'ttres et télé^scrammes, avec des noms qui donnaient à 3S lettres et télégrammes un caractère compromettant t tout à la fois une apparence de vérité.

Ici, même ensemble et même arrangement.

Que les lettres soient attribuées au colonel, c'est la raisemblancc qui l'exige, croit-on. Voilà donc les 3ttres Combe.s', sauf qu'on ne s'avise pas que le colonel ]ombe vient seulement d'arriver à Alg'er.

Que les lettres Combe.s soient envoyées directement )ar le colonel au ministère, ce n'est pas possible : on le ;ait très bien, — et voilà l'explication de la prétendue ettre du g-énéral Trézel.

C'est riiistoire banale du crime et des criminels : tel, 'ntré dans la voie du faux, s'y plaît, qui récidive et s'y complaît et finalement s'y vautre.

Il me reste, dans les observations directes que comporte le texte de la lettre du 12 juillet 1882, à parler du nom du signataire.

Il m'en coûte vraiment, iMonsieur le Procureur, mais je ne puis pas ne pas dire que, dans votre rapport à M. le procureur g-énéral, vous avez textuellement écrit ceci :

« Ou importe que le nom Combe doive êfre écrit avec un S ou sans S. »

Quand il s'agit de savoir si une pièce est vraie ou fausse, je comprends mal, je l'avoue, une telle indifférence pour l'orthog-rapbe du nom du signataire.

Mais, quand je vois que la phrase que je viens de rap-

— iOO —

peler a été par vous écrite le 4 «"loût 1898, jo n'î pas à me l'expliquer.

En ert'et, elles étaient récentes et très récentes, ê)\ même temps que très sensationnelles, les circonstance où nous avions vu comment un faussaire se trahit ci écrivant, par exemple, « Piquart » sans c au lieu di « Picquart « avec un c .

Il y avait eu à ce sujet, dans le procès Zola, au?| assises de la Seine, de lon^-ues explications et tellemen retentissantes que lécho s'en est prolong-é dans le monde entier.

Il y avait eu, sur le même sujet, une instruction qui fait aussi quelque bruit dans le monde, je veux parlei de l'instruction terminée par les deux ordonnances rendues par M. Bertulus, précisément à l'heure où vous écriviez la phrase ci-dessus.

N'étant pas i:;'rand clerc en matière de droit, je me sens mal à l'aise à m'avancer sur un chemin où. \e rencontre une opmion aussi autorisée que la votre.

Pourtant, il faut bien que je m'y risque.

Pour me tirer d'embarras et fixer ce que je veux dire, je vais prendre un exemple. Comme l'assonance de votre nom autoriserait à l'orthographier de différentes manières, je vous demande la permission de m'en servir en m'excusant de l'inélég-ance du procédé.

Supposons donc qu'un individu malintentionné fasse circulei' un méchant papiei- portant votre nom orthog'raphié : « Feuillolet » au lieu de « Feuilloley ». Toute personne vous connaissant dirait, au seul vu de la sig-nature mal orthographiée : «^ C'est un faux » ! Et si ce papier ressuscitait dans soixante-six ans, — on a vu de ces choses-là ! — vos arriére-neveux diraient, de même, au seul vu de cette signature : « Ce n'est pas feu notre parent qui a sig-né cela. »

Pourquoi donc, quand il s'agit du colonel Combe et de sa signature mal orthographiée, n'aurions-nous pas le droit de dire : Ce n'est pas le colonel Combe qui a signé cela ?

Parole d'honneur! je ne vois pas pourquoi.

J'ignore ce quêtait littérairement le très l)rave et g"loleux colonel. Je veux croire/}ue, à la « prescience inouïe» J>rès, il était de beaucoup supérieur au u narré » épais lit nègre dont on lui attribue la ridicule paternité. Mais, ;i mal renseig-nés que nous sovons à ce point de vue (i), |ious sommes bien assurés qu'il ne se livrait pas à des variations fantaisistes sur l'orthographe de son nom.

(1) Dans le Petif Journcl, numéro du IG août 1898. ]\I. Jude i publié une lettn du colonel Combe au capitaine Xoizot, en laie du "2> mai 18'i7. Il suffit de la rapprocher des deux prétendues lettres Combe^- pour voir que ce n'est pas du tout ie même style :

Au camp de Taphna, le 25 mai 1837.

Si j'avais pensé que la floraison de la vigne vous eut fait quitter le séjour fie la capitale, je n'aurais pas nianfiué de vous donner avis de mon retour en Afrique, qui ne fut véritablement arrêté que le jour de l'arrivée du général Bugeaux à Perpignan ; — jusque-là. les plus pressantes sollicitations n'avaient pu nie faire prendre une délermination. Ma femme ne voulait plus entendre ])arler de guerre, de soleil brûlant, de privations et de récompense si longtemps déniée, quoique je fusse disposé à contribuer à venger notre honneur, à Constantine ; à battre notre fourbe Abd-cl- Kader. avec lequel on ne devrait jamais songer à faire la paix, si Ton tenait fermement à notre gloire comme à nos véritables intérêts dans celte partie du monde. — De toute l'armée, je suis peut-être le seul oflicier qui ait prévu le résultat des négociations entamées avec l'émir, et qui ait exprimé hautement sa répugnance à faire un traité avec un homme qui ne i»eut iious olïrir aucune garantie et qui grandirait sûrement à l'ombre de notre puissante alliance.

Peu de généraux entendent la question africaine et encore moins nos prétendus hommes d'Etat, qui ne sont que chilfres de bas en haut, rabaissant tout en sols et en centimes.

Pour ceux qui depuis vingt-cinq ans combattent pour leur pays, la question est plus élevée, plus digne de fixer la pensée de notre patrie.

C'est une question si délicate, si vitale poin* le gouverne-

Gomment est siecnée, néanmoins, la seule lettre au b; de laquelle fig-ure la si^^-nature du colonel, dans les <^^ pies publiées par M. Judet?

« Combes ».

Quel est le nom au bas du prétendu orig-inal comi nique à M. Flory ?

u Combes ».

ment, que. sil abandonnait la régence, il ferait couler sor sang dans ce cruel sacrifice.

Un gouvernement que nous avons proscrit ose faire, ei dépit des observations de l'Angleterre, une conquête è laquelle tout le monde chrétien applaudit, et ce serait UE gouvernement poijulaire qui, sans échec, renoncerait, pourla misérable considération de quelques millions, à un champ de bataille qui, comme un vaste gymnase sur lequel viennent s'exercer officiers et soldats, forme des guerriers éprouvés pour les combats plus sérieux de l'Europe qui malheureusement ne sera que trop tùt en combustion.

Abd-el-Kader. soit qu'il jugeât de l'avenir par les incertitudes de nos ministres, et le désir avoué de faire la paix, en nous renfermant dans un cercle dans lequel il serait permis journellement à l'Arabe de venir nous insulter, soit qu'il pensât pouvoir recevoir les funestes ouvertures de M. le lieutenant général de Damrémont et profiter de la rivalité qu'il pouvait iaire naître entre lui et le général Bugeaud, osé faire des réponses presque insultantes qui déterminèrent ce dernier général à opérer sérieusement contre l'émir.

On peut donc considérer les négociations comme étant rompues dans la province d'Uran.

Nous sommes occupés à enlever les blockhaus et les palissades de notre malheurcuxcampdelaTafna. Conception singulière exécutée par le plus incapable dés généraux de France ou d'Europe, — conception qui coûte à la France plus de 750,000 francs malgré que le rapport de M. Janvier n'évalue la dépense faite qu'à 150,000 francs. — C'est ainsi qu'on trompe les Chambres, la nation et qu'on passe sur de coupables erreurs 1

Ajoutez que ce camp, qui paralysait plus de six cents hommes qui n'osaient s'éloigner à une portée de fusil, devait, disaient mes prétendus hommes du géniCj entretenii" nos

(Comment, néanmoins, le nom du colonel s'ortho^ra- ,iiiait-il ?

« Combe » (sans s).

Celaestsl vrai(jue,saiirces(Ieuxlettres(([ui ne sont e( ne euvent être de lui), on ne saurait représenter aucun doculent sii^né de lui, aucun document sérieux où, de son temps,

tig"ure autrement que sous le nom de Combe (sans s).

)niniunicalions avec la ville de Tlemcen, lorsqu'il avait été émontré au niarédial Clause! (Ici aana dotife <]Hi'I<iuk6 loia oubUéaj de i'aire passer une armée de 6,000 hommes travers les montaf^nes qui sé])arcnt les deux places 1 ous pouvons accuser le génie d'Afrique de cette grosse leptie et d'avoir voulu attacher son nom à un ouvrage ont la base portait dans le sable.

Mais le brave colonel Lemercier, qui commandait le génie,

ensaJt qu'en caressant la marotte du maréchal Clauzel.il

eraitun peu plus tôt fait maréchal de camp. Ce brave colonel

st mort à son retour de Constantine, et de 730.000 francs,

us n'enlèverons pas i)our 30,000, lesquels encore seront en

artie absorbés par le fret des bâtiments 1

Nous n'avons pas tiré un seul coup de fusil d'Oran à

lemcen et de cette ville ici. Tous les Arabes se sont éloignés.

ous laissant leurs moissons que. par un principe d'honneur,

lous avons respectées, parce que le général Bugeaud l'avait

ironiis. Voilà de la bonne foi, qui contraste merveilleuse-

ueut avec la perfidie punique. Nous avons appris aujour-

l'hui que. tandis quenousnousconduisionsavectantde géné-

•osité, .\bd-el-Kader lui-même, à la tête des Carabas, étaii

^enu à deux heures du matin, le 4:2, jusque sous les murs

rOran pour enlever les enfants, les femmes et les troui)eaux

le nos alliés les Ouers Smala qui se trouvent avec nous.

Et c'est avec de pareils brigands que l'on voudrait traiter? l'espère pour l'honneur du pays qu'il n'en sera rien. Malgré que l'émir dispose de 1.800 cavaliers, il n'a pu réussir qu'à Uier quelques faibles créatures. Le général Brossard,à qui nous avions laissé 2,000 hommes, sortit aussitôt et le repoussa. iNotre armée est fort bien disposée Le général Bugeaud entend la guerre et je le seconderai, avec la troisième brigade que je commande, de tout mon pouvoir. Au revoir, mon vieux camarade, ao/tf/eona toujours au passé pour faille quelque chose du présent. D'amitié.

Vous estimerez sans doute, Monsieur le Procureur, n'est pas inutile de rappeler ceux qui, au cours de recherches, me sont tombés sous la main.

I. Dans l'armée du premier empire, nous voyons Combe — sans doute parents — l'un Michel GomL (le nôtre) dans l'infanterie, l'autre dans la cavalcMÙe.

Tous deux s'exilèrent après Waterloo, le premie Amérique, le deuxième en Belg-ique. Tous deux reii| rent en même temps, au cours de l'année i83o, l'armée française. Le premier fut successivement col du 06^ régiment, puis de la lég-ion étrang-ère et enfin] 476 de ligne, au commandement duquel il fut appelé ordonnance du 18 novembre i83:>. Le deuxième, re comme chef d'escadron au 6<^ lanciers, fut ens __ nommé lieutenant-colonel au Ç>° hussards à V^erdun (:'( juillet i83i) et c'est en cette qualité qu'on le retrou\( plus tard à Tarbes. C'est lui l'auteur des mémoires dédié; au comte Tascher de la Pag-erie.

Partout et toujours, pour les deux, le nom de Gombtjj (sans 5).

IL Tous deux étaient officiers de la Légion d'honneur', Le colonel Michel Combe avait été nommé à ce gradt dans l'ordre le 17 janvier i8i5.Le lieutenant-colonel n'} fut élevé que le 2G mars i83i.

Toujours, pour les deux, le nom de Combe (sans s)

III. J'ai indiqué le caractère officiel de 1' « Annuaire » Voici, entête de 1' « Annuaire », une (( note essentielle »

Conformément à l'inslrnction du 19 murs 1830, inscritf au Journal militaire page 181, les noms, surnoms et pré noms de MM. les officiers et fonctionnaires ont été inscrits d'après les actes de naissance qu'ils ont produits au uiiniutèrc de la i?uerre. Ceux d'entre eux qui auraient quelqn réclamations à faire à ce sujet, soit pour chaugemeu suppressions ou additions, et qui désireraient en faire faii' la correction, devront se conformer aux dispositions di^ chapitre I de l'instruction précitée.

Gomment notre colonel est-il imliqué? Soit en i83i, Mii^-e 2 12 ; soit en 1882, pag"c 253; soiten i833, page 181 ; ^oit en 1834, pag'e 169; soit en i835, pag-e 207 ; soit en i<S36, page 212 ; soil en 1887, pag'C2o8, invariablement < iombe (sans .s).

IV. — « hWhnanarh royaJ et national, présenté à Sa Majesté et aux princes et princesses de la famille royale », édité à Paris, chez A. Guyot et Scribe, éditeurspropriétaires, in(li(jue chaque année Combe (sans s).

V. — xV propos de la capitulation d'Ancône, Louis l'ianc a écrit : (c Le lendemain, à midi, toutes les troupes

aient débarquées et le colonel Combe (sans s), à la tète il un bataillon, s'avançait sur la citadelle. » [Histoire de <li.c ans, t. 3, p. 168 et 169.)

La capitulation d'Ancône a été discutée et convenue le 2/) février 1882, entre le lieutenant-colonel Ruspoli et îiotrc colonel. — «Les conditions ci-dessus, proposées par le commandant Ruspoli, sont accordées par le colonel du GG'- de ligne». Sig-né : « Le colonel COMBE » '.sans s). — Voilà, certes, un document décisif.

VL Tencé et Lesur, dans leur Annuaire historique universel, année 1887, parlent du colonel Combe (sansA').

VIL Dans un ou vrag-e intitulé : Expédition de Consiantine, par V. Devoisins (Anselin, éd. Alger i84o), j'ai trouvé, à la pag-e 97, ce passage :

En entrant en ville par la porte Bab-el-DJédid, nous vîmes pour la première l'ois l.i tond)e du brave colonel Combe i^sans s). adossée à un marabout. Ce monument de la piété des soldats pour leur chef regarde la porte de la ville, à la brèche. Voici l'épitai)he qui le décore :

LE Al^ RÉGIMENT DE LIGNE

A Michel COMBE

BLESSÉ A l'assaut DE CONSTANTINE LE 13 OCTOBRE 1837 ET MORT LE 15 DU MÊME MOIS

' Reffrets éternels

Le monument a disparu. Sic transit r/loria numdk Je me suis fait un devoir d'en rappeler l'épitaplie.

VIII. M. E. M. de Lyden a réuni en volume, sous \ titre (( Nos il^^ Régiments de ligne », ses articles bliés dans la Patrie. Dans la préface de ce volume' déclare que son travail est établi d'après des dorunieni officiels et les historiques officiels des rér/i menti Quand il arrive au 47 '^ àe lig'ne, il s'arrête assez long*u( ment sur le colonel Combe, dont il écrit le nom sans

IX. Camille Rousset a eu à parler à plusieurs reprj ses du colonel. (L'Atc/érie de i83o à i84o, t. II, p. i5| 74, 75, 76, 80, 90, 93, 94, 195, 249, 262, 254, 281, 28r 290). Toujours Combe (sans .v),

Pag-e 288 :

C'est l'assaut de Constantine. La Moricière vient d'èlre blessé. Avec le peloton de tète, le colonel Combe (sans s) vient d'arriver, au moment de la catastrophe, tout prêt à relever le J^àton échappé des mains de La Moricière.. 11 lait reprendre l'attaque par la rue du Marché. L'explosion a renversé la porte; au delà s'élève une barricade dissimulée dans l'ombre sous les nattes de roseau qui sont suspendues à travers la rue d'une maison à l'autre. La barricade est emportée, mais le colonel est atteint de deux coups de feu ; après avoir donné ses ordres pour attaquer un second obstacle qu'on entrevoit plus loin, seul, sans permettre qu'on l'accompagne, il refait lentement le chemin qu'il vient de parcourir depuis labatterie de brèche, et debout, l'épée haute, il met le général en chef et le juince au courant des péripéties du combat ; puis il ajoute : « Ceux qui ne sont pas blessés mortellement pourront se réjouir d'un aussi beau succès ; pour moi, je suis heureux d'avoir encore pu faire quelque chose pour le Roi et pour la France.» — « Mais vous, colonel, s'écrie le duc de Nemours, vous êtes donc blessé?» — « Non, monseigneur, je suis mort. » Le lendemain, ce fut fait de lui.

Il est inutile de multiplier ces citations. Je reconnais, d ailleurs, que les ouvrag'es de seconde main ne sauraient

ici faire autorité (i). Je me suis appliqué à fournir des docunionts officiels ou dos docunu'iits [>ort;iiil la sij^iiaturcdii ])rave colonel. La preuve est faite.

Les deux lettres (lond)e.s' sentent la fraude par tous côtés et puent le faux à toutes distances. Le faussaire n'a pas pensé à tout. Il a sii^né Combe.s. Cette si;^nature à elle seule suffirait à dénoncer le faux. Combe'^ n'est pas plus l'héroïque colonel Combe que Pi<iu<u'l n'est l'néroïque colonel Plcqnart.

S'il se e;"àte la main dans des enflures de style et des boursouflures qui rendent souvent sa pensée inintelligible, AL Judet n'en est pas moins, ([uelles que solcMit ses idées, un homme instruit et intellig-ent. J'ai le reg-ret d'avoir à dire que, quand, dans son article du 19 juillet 1898, il a rapporté le passag-e précité de Camille Rousset sur la mort tlii colonel, il a substitué le nom « Combe.v )i, qui n'y est pas, au nom « Combe », qui y est. — lia mis de même « Combe.v » dans la lettre au capitaine Noizot, que j'ai citée tout à l'heure en note, mais il ne s'empressera pas d'en produire l'original. M. Flory a encore omis de lui demander la production de ce document!

(1) En elYet, il ne s'agrit pas de savoir comment le nom de notre colonel est écrit ici ou là, mais com-^nent il l'écrivait lui-rnêrne. Notamment, Gombo^ est écrit avec un s dans l'ouvrage de M. Germain Bapst, intitulé : Le 7naréehal Canrobert, et dont j'aurai à reparler. G.et intéressant ouvrap^e est un livre de « souvenirs », sans prétention à la documentation historique. J'y ai aperçu certaines ei'reurs. Par exemple, fi l'ordre du jour du colonel, lors de sou arrivi'-c à INIonlpellier, il donne la date du 4 di-cemlire 18:^:^ : il faut lire 18.'{2. Plus loin, au sujet de Tépitaplie, je lis : « On avait d/'C^uvert dans « les ruines romaines une grande dalle de marbre blanc; les « soldats la dt'-posèrent sur le toml^eau, et l'un d'eux y grava « ces mots: An colonel Combes,, le 47^ régiment d'infanterie « de lifjne ». Ge n'est là (|u"un abr.^gi'' peu exact du texte vrai où le nom de Gombe est d'ailleurs écrit sans s.

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