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Notre ministre secrétaire d'Etat au département de l'intérieur est chargé de l'exécution de la présente ordonnance. Donné au Palais de Neuilly, le 31 mai IS^i.
Signé :
Lotts-Philtppe,
Par le Roi :
Le ministre, secrétaire d'Etat au département de l'intérieur.
Signé : L. Duciiatel.
La Société du Canal Zola, établie par actions de 1,000 francs cliacune, suivant acte reçu le 28 août i845 par AP Baudier, notaire à Paris, fut définitivement constituée le 9 juin 1846.
F. Zola est mort le 27 mars 1847, ^^ moment où commençait l'exécution de son plan.
Le Moniteur universel, numéro 92, du vendredi 2 avril 1897, p. 182, porte:
On lit dans le Sud de Marseille ; «M. Zola, ingénieur du canal d'Aix. est mort hier dans notre ville, à rhôtel de la Méditerranée. Son corps a été onihanmé et sera transporté après-demain à Aix, résidence de sa laniille. »
J'ai porté mes recherches partout.
J'ai voulu savoir l'impression qu'avait produite sa mort au milieu de ses concitoyens.
J'ai retrouvé les articles nécrolog'iques qui furent alors publiés.
Il ne vous paraîtra pas inutile, Monsieur le Procureur, que je rapporte l'un de ces articles.
Le jeudi ler avril 1847, le journal la Provence f^'exprimait ainsi :
Un homme séLait rencontré qui, promenant son œil d'aigle sur nos collines et nos vallées infécondes, s'était dit : J'emprisonnerai les torrents et les eaux du ciel au pied do ces collines et je ferai jaillir les sources limpides et la iVrlililé l'ianle dans ces vallées attristées. Chez les organisations délite, la concei)iion de l'idée est un commencement d'exécution. Pour ces natures fortes et opiniâtres, vouloir c'est réellement pouvoir. Cet homme qui devait, comme Moïse, frapper nos rochers de sa verge, avait la conviction de son courage et la foi en son œuvre. La pensée une fois éclose dans son cerveau, il appliquait à sa réalisation toute l'activité de son Ame, tous les ressorts de son intelligence. C'était désormais le hut de sa vie, son destin. Des orages pouvaient se former à l'horizon et menacer ses projets; il avait le front calme et la conscience de l'utilité de son œuvre à opposer aux orages. Son cœur de diamant et une persévérance de fer bravaient tous les obstacles. 11 fallait qu'il accomplît son destin envers et contre tous. L'homme fort briserait tout dans la lutte mais après la lutte !.,.
Après la lutte, il est tombé du moins avec gloire, le front ceint de lauriers et aux acclamations de triomphe. Les ressorts de sa vie s'étaient rapidement usés, et le tourbillon de quelques années avait peu après emporté le souffle de son existence. Le feu sacré vivait encore chez lui, mais l'aliment lui manquait, et les forces physiques devaient céder et s'affaisser par Tépuisement de la sève inlollecluelle.- 0 fragilité des choses humaines ! Zola est mort lorsqu'il commençait à vivre. 11 est mort au moment de la germination de son œuvre, sans qu'il lui ait été donné d'en voir l'épanouissement. Son nom. (Ui moins, éternellement attaché à rette œuvre, vivra dans tous les souvenirs, et lorsque nos voix seront éteintes, lorsqu'une autre génération aura poussé la nôtre dans l'oidDli, il rappellera à la postérité ses titres à la gloire et à la reconnaissance pul)lique.
M. Zola avait choisi la ville d'Aix pour sa patrie d'adoption, et toutes ses aspirations tendaient à la prospérité matérielle de notre cité. Quels beaux projets nous l'avons
fonnor. <l(iiit l;i rralisalioii. siin|ilo cf facile d.ins un ■eiiir poil rloigiié. niiniil doté notre filé dos oloineiils nécessaires à son d(''veloi)i>oment industriel I Si toutes les espérances de M. Zola ne sont pas réalisées, du moins les barraires élevés, après sa mort, d.ins les gorges de nos collines, distribueront dans nos campagnes ces ingénieuses irriga lions, tpii soni la source nourricière de ragricultiire. Nous jouirons des bienfaits de sa conception gramliose, de ses veilles laliorieuses, de son intelligente activité, de sa persévérance à toute éi)renve ! (lar chacun sait dans Aix quel courage surhumain, ([iiclle persistance inébranlable il lui a fallu déployer [)our arriver à son but ; chacun sait les obstacles et les entraves dont on l'a entouré, les tribulations sans nombre ({u'on a hérissées sous chacun de ses pas. L'indilférence glaciale, l'égoïsme désenchanteur, les haines des mauvais citoyens, comme des génies malfaisants, avaient entouré son œuvre et cherc'iaient à l'étoulTer au berceau. Il a vaincu tous ses ennemis et déjoué toutes les intrigues. Son o.nivre a grandi au milieu des mauvais jours, et une aube radieuse allait se lever sur lui, lorsqu'il a été retenu dans les bras de la nuit éternelle. Comme Moïse encore, il a vu et n'a j^as pu toucher le rocher de la terre promise.
Zola est mort, samedi matin, à Marseille ; ses dépouilles mortelles ont été transportées, à Aix où ses obsèques ont eu lieu, mardi, à (juatre heures. Un cortège nombreux suivait le convoi funèbre. Les coins du poêle étaient tenus par le sous-préfet. M. le maire, M. l'ingénieur de l'arrondissement, et M, Labot. avocat aux conseils du roi et à la cour de cassation, qui se trouvait à Aix pour la clôture de l'enquête du Canal Zola. L'absoute a été faite à la cathédrale par le chapitre mt''tro[)olitain. en présence de monseigneur Rey. chanoine-évéïpie de Saint-Denis. Le cortège funèbre s'est ensuile rendu au chami) du repos; là M. Labot a dit un dernier adieu à celui sur qui allaient se fermer les portes de la tombe, et fait la nécrologie de cet homme de bien, de cœur et de talent, dont la vie si bien rem[)lie et si laborieusement éprouvée venait d'être tranchée d'une manière aussi déplorable. A ceux qui succombent ainsi sous la croix de leur génie, la divine Providence doit réserver, là-haut, d'éternelles compensations au sein de l'immortalité.
j'ai retrouvé encore d'autres documents. Mais M. Zola
a cité les plus importants, dans son article précité « Père », auquel, Monsieur le Procureur, je suis oblig-é renvoyer, pour éviter des redites.