D’ORBESSON
Est-ce-là tout ce que vous en savez ?
Oui, Monsieur. d’Orbesson.
Eh bien ! Mademoiselle , ce malheureux-là...
Vous le connoissez ?
d’Orbesson.
Si je le connois ?... C’est mon fils.
Sophie.
Votre fils! d’Orbesson.
Oui , Mademoiselle. Sophie.
Ah ! Sergi , vous m’avez trompée.
d’Orbesson.
Fille aussi vertueuse que belle, connoissez le danger que vous avez couru. ’ Sophie.
Sergi est votre fil* !
d’Orbesson.
Il vous estime , vous aime ; mais sa passion prépareroit, votre malheur et le sien si vous la nourrissiez.
Pourquoi suis - je venue dans cette ville ? Que ne m’en suis-je allée lorsque mon cœur me le disoit.
d’Orbesson.
Il en est tems encore. Il faut aller retrouver une mère qui Vous rappelle , et à qui votre séjour ici doit causer la plus grande inquiétude. Sophie, vous le voulez ?
Sophie.
Ah ! ma mère , que vous dirai-je ?
d’ O r besson,# Mde . Hébert .
Madame , vous la reconduirez , et j’aurai soin que vous ne regrettiez pas la peine que vous aurez prise. Mais , Sophie , je vous rends à votre mère , c’est à vous à me rendre mon fils. C’est à vous à lui apprendre ce que l’on doit à ses parens! Vous le savez si bien !
Sophie.
Ah ! Sergi , pourquoi ?...
d’Orbesson.
Quelque honnêteté qu’il ait mis dans ses vues , vous l’en ferez rougir. Vous lui annoncerez votre départ , et vous lui ordonnerez de finir ma douleur et le trouble de sa famille.
Sophie, en s* appuyant sur elle.
Madame , je me sens mourir. . .
Mde. Hébert.
Monsieur , nous allons nous retirer et attendre vos ordres* S o P H I E.
Pauvre Sergi ! malheureuse Sophie !
(Elle sort appuyée sur Mde . Hébert ).
d’OpvR esson, seul.
O Loix du monde ! O préjugés cruels l . . . 11 y a déjà si peu de femmes pour un homme qui pense et qui sent. Pourquoi faut-il que le choix en soit encore si limité !... Secouons , s’il se peut , de mon ame , l’impression que cet enfant y a faite... Représenterai-je à mon Ris, comme il me convient , ce qu’il , me doit, ce qu’il se doit à lui-même , si mon coeur est d’accord avec le sien.