SCENE 1 I
DORBESSON, CECILE, PHILIPPE.
T\T Philippe
M oNSiEUR,ilyalà deux femmes qui demandent à vou* parler. d’ Orbe sson
Fai tes-les entrer. ( a Cecile qui sort).
Cécile. Cecile.
Mon père. d’Orbesson.
Vous ne m’aimez donc plus ?
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s"ce“tTe I I I.
F D’OR BESSON, SOPHIE, Mde. HEBERT.
d’Orbesson, appercevant Sophie .
IL ne m’a point trompé. Quels charmes ! quelle modestie ! t Quelle douceur !.... Ah !...
Mde. Hebert.
Monsieur , nous nous rendons à vos ordres.
d’ Orbe sson.
C’est vous , mademoiselle ? qui vous appeliez Sophie ?
Sophie, tremblante , troublèei Oui , monsieur.
d’O rbesson, à Mde. Hébert.
Madame , j’aurois un mot à dire à mademoiselle. J’en ai entendu parler, et je m'y intéresse. ( Madame Hébert se retire ). Sophie, toujours tremblante , la retenant par le bras . Madame ! d’ O r b e s s o n.
Mademoiselle , remettez-vous. Je ne vous dirai rien qui puisse vous faire de la peine.
Sophie.
Hélas î
Madame Hébert va s’ asseoir sur le fo?id de la salle ; elle tire son ouvrage et travaille .
d'Orbesson, conduit Sophie à une chaise , la fai$ asseoir à côté de lui .
D 'où êtes- vous , mademoiselle ?
Sophie.
Je suis d'une petite ville de province.
‘ d’Orbesson.
Y a-t-il long-tems que vous êtes à Paris ?
Pas îong-tems , et plût au ciel que je n’y fusse jamais venue î d’Orbesson. ,
Qu’y faites-vous ? Sophie.
J’y gagne ma vie par mon travail.
d’Orbesson.
Tous êtes bien jeune. Sophie.
J’en aurai plus long-tems à souffrire.
d’Orbesson.
Avez-vous monsieur votre père ?
Sophie.
Non , monsieur. d’ O r b e s s o N.
Et votre mère. S o p h i e.
Le ciel me l’a conservée. Mais elle a eu tant de chagrin î sa santé est chancelante , et sa misère si grande 1 d’Orbesson.
Votre mère est donc bien pauvre ?
Sophie.
Bien pauvre. Avec cela , il n’en est point au monde dont j'aimasse mieux être la fille.
D? O RB-ESSON./
Je vous loue de ces sentimens j vous paroissez bien née. . . . Et qu’étoit votre père ?
Sophie.
Mon père fut un homme de bien. Il n’entendit jamais le malheureux sans en avoir pitié. Il n’abandonna pas ses amis dans la peine , et il devint pauvre. Il eut beaucoup d’enfans ; nous demeurâmes tous sans ressources à sa mort. . . J’étois bien,
jeune alors... Je me souviens à peine de lavoir vu. . . Ma mère fut obligée de me prendre entre ses bras, et de me lever à la hauteur de son lit pour l’embrasser. .. Je pleurois. Hélas ! je ne sentois pas tout ce que je perdois !
b’Orbesson.
Elle me touche Et qu’est - ce qui vous a fait quitter la
maison de vos parens et votre pays ?
Sophie.
Je suis venue ici avec un de mes frères implorer l'assistance d’un parent qui a été bien dur envers nous. Il m’avoit vue autrefois en province. Il paroissoit avoir pris de l’affection pour moi , et ma mcre avoit espéré qu'il s’en ressouviendroit. Mais il a fermé sa porte à mon frère , et il m’a fait dire de n’en pas approcher.
d’Oreesson.
Qu’est devenu votre frère ?
Sophie.
Il s’est mis au service du roi. Et moi je suis restée avec la personne que vous voyez , et qui a la bonté de me regarder comme son enfant.
d’Orbfsson.
Elle ne me paroît pas fort aisée.
Elle partage avec moi ce qu’elle a.
d’Orbesson.
t vous n’avez plus entendu parler de ce parent ?
Sophie.
Pardonnez-moi, monsieur. J’en ai reçu quelques secours : £ais de quoi cela sert-il à ma mère ?
Votre mère vous a donc oubliée.
Sophie.
Ma mère avoit fait un dernier effort pour nous envoyer h Paris. Hélas , elle attendoit de ce voyage un succès plus heureux ! sans cela , auroit-elle pu se résoudre à m’éloigner d’elle ? depuis elle n’a plus su comment me faire revenir. Elle me mande cependant qu’on doit me reprendre , et me ramener dans peu. Il faut que quelqu’un s’en soit chargé par pitié. Oh , nous sommes bien à plaindre.
d ’ Oreesson.
Et vous ne connoitriez ici personne qui pût vous secourir ? Sophie.
Personne. d’Orbesson.
Et vous travaillez pour vivre ?
Sophie.
Oui , Monsieur. b’Orbess on.
Et vous vivez seules ?
Sophie.
Seules. d' O r b e s s o K*
Mais qu’est-ce qu’un jeune homme dont on m’a parlé , qui s’appelle Sergi , et qui demeure à côté de vous ?
Sophie.
C’est un malheureux qui gagne sa rie comme nous, et qui a uni sa misère à la nôtre.