‹ Le père de familleChapitre 25 sur 39 · YL A DEMOISELLE · texte numérisé non relu

YL A DEMOISELLE

Saint-Albin.

Cecile, à Sophie .

Ne craignez rien , rassurez-vous.

Saint-Albin.

Je vous recouvre , ma Sophie. . . O ciel ! Quelle sévérité ?... Ne me refusez pas un regard. Dites un mot à cet infortuné. Sophie.

Le méritez-vous ?

Sai^t-Albin.

Demandez-leur.

Sophie.

Qu’est-ce qu’on m’apprendra? N’en sai-je pas assez ? Où suis je ? Que fais-je ici ? Qui est - ce qui m’y a conduite ? Qui m’y retient? Monsieur, qu’avez vous résolu de moi?

Sa Int - Albin.

De vous aimer, de vous posséder ; d’être à vous malgré toute la terre , malgré vous.

Yous me montrez bien le mépris qu’on fait des malheureux. On les compte pour rien. On se croit tout permis avec eux. Mais , monsieur , j’ai des parens aussi.

Saint-Albin, seul .

Je les connoitrai, j’irai , j’embrasserai leurs genoux ; et c’est d’eux que je vous obtiendrai.

Ne l’espérez pas. Ils sont pauvres , maïs ils ont de l’honneur. Monsieur , rendez-moi à mes parens , rendez-moi a moi-meme , renvoyez - moi.

Sain t-A l b i n.

Demandez-moi plutôt ma vie.

Sophie.

Faut-il tomber à vos genoux ? m'y voilà.

Saint-Albin.

Vous , à mes pieds ! C’est à moi à me jetter à mourir aux vôtres. Sophie.

Yous êtes sans pitié. Oui vous êtes sans pitié. Y il ravisseur , que vous ai-je fait? Quel droit avez-vous sur moi ? je veux m’en aller. Qui est-ce qui osera m’arrêter ? vous m’aimez , Vous m’avez aimée ?... Yous ?...

Sain t-A l b i n.

Qu’ils le disent. Sophie.

Vous avez résolu ma perte ; oui voifs l’avez résolue et vous f achèverez. Ah , Sergi !

Sain t-A l b i n.

Yous détournez vos yeux de moi. . . Ah j’ai mérité la mort. Malheureux, qu’ai-je osé? qu’ai-je fait?

Pauvre Sophie , à quoi le ciel t’a-t-il réservé ? la misère m’arrache d’entre les bras d’une mère. J’arrive ici avec un de mes frères. Nous y venons chercher des secours et nous n’y rencontrons que le mépris et la dureté. Parce que nous sommes pauvres , on nous méconnoît. Mon frère me laisse ; je reste seule ; nne bonne femme voit ma jeunesse et prend pitié de mon abandon. Mais une étoile qui veut que je soi$ malheureuse , conduit cet homme-là sur mes pas , et l’attache à ma perte. J’aurai beau pleurer; ils veulent me perdre, et ils me perdront. Et pourquoi cet oncle me poursuit-il aussi ? est-ce moi qui ai appellé son neveu ? Le voilà , qu’il parle ,

au’il s’accuse lui-même. Homme trompeur , homme e#peini e mon repos, parler.

Saint-Albin.

Mon coeur est innocent.

Sophie*

Qui s’en seroit méfié ? il paroissoit si tendre , si bon. Je le croyois doux.

SàINT-AlBIN.

Sophie , pardôttiiei-hioi.

Sophie.

Que je vous pardottne ?

Saint-Albin.

Sophie . . .

Sophie.

Non , non , je ne Vous aime plus. Je ne vous estime plus , non , non.

Saint-Albin.

Que vais-je devenir ? Ma sœur , Germeuil , vous connoissez tout ce que j’ai souffert , c’est à vous d'obtenir ma grâce.

Cecile, s* approchant.

Mademoiselle . . .

Germeuil.

Il vous adore.

Eli b ien , qu’il me le prouve. Qu’il me défende contre son oncle \ qu’il me rende âmes parens; qu’il me renvoie, et je lui pardonne.

Mlle. Claire t , entrant Mademoiselle , on vient ; c’est monsieur votre père,

S aint-Àlbin.

Ali , Sophie, câchez-vous.

Sophie sJen va avec Mlle. Clairet

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