Ibid.n cap. XI, pp
avait été acquis à El-Tor, non loin des Fontaines de Moïse
Gilles a quitté, en effet, un certain temps la caravane de Tambassadeur pour aller observer les poissons de la mer Rouge, 5c visiter rapidement le Sinaï. Un mois de séjour à El-Tor lui a permis de noter les différences de la faune ichtyologique, 5ç c'est là qu’il s’est procuré la peau 5c les dents d’un animal inconnu, qui n’est autre que le dugong.
Si l’on compare, en effet, ce qu’écrit notre voyageur des propriétés Sc des usages de la peau d’éléphant marin qu’il a vu vendre par les marchands rhaïtines aux fellahs 5c aux moines^ à ce que disait naguère Rüppel de Tutilisation du cuir de VHalicore cetacca, on ne conservera aucun doute sur l’dentité de ces deux Siréniens. Les dimensions que donne Pierre Gilles conviennent d’ailleurs parfaitement au dugong de la mer Rouge.
L’expédition repasse par le désert 5c se retrouve à Jérusalem le g novembre iSqg. Là se trouvait, dit Jean Chesneau, « M® Guillaume Postel, qui y estoît venu dès le moys d’aoust, avec les pellerins dans le navire de Venise, homme docte 5c de grandes lettres, disant à l’ambassadeur qu’il estoit demeuré exprez afin que, par son moyen, il peust recouvrer quelques vieux livres du pays. A quoy s’opposa, continue Chesneau, un nommé Petrus Gillius, aussy fort docte, qui avoit fait le voyage avec nous. Lequel le feu roy François I®*' avoit envoyé ès pays de Levant pour y retirer des livres, principalement ès langues grecque 5c hébraïque des plus anciens qu’il y pourroit trouver.
Luy 5c ledict Postel qui revint en Constantinople avec nous, entroient souvent en dispute 5c avait-on bien affaire quelques
fois à les mettre d’accord^...»