‹ Le père de la zoologie françaiseChapitre 11 sur 13 · Elephanti nova descrîptîo.,,^ &c. », cap. vu, p · texte numérisé non relu

Elephanti nova descrîptîo.,,^ &c. », cap. vu, p

2. « ...Milita tergora vidi , quæ mercatores Rhaïtini vendere soient agrestibus Arabibiis & monachis Montis Sinæi, ad soleas calceorum validissima, & perdiu durabilia, si illis utantur ad sicca loca. Nam madefacta citius consiimuntur : è qiiibus unum perspexi ea magnitudine, qua tergus existit bubulum, crassitudine digitale, colore fusco. Emi ejus dentes pedalis longitudinis, singiilos ambitu complectentes sex digitos... (Loc. cît., p. 5i5.) — Cf. Brehm, La vie des animaux. M.ammîfères^ t. H, p. 818, in-q®.

3. Le voyage de M. d’Aramon, éd. de Ch. Scheffer, pp. 1 38- 189.

PIERRE GILLES D’ALBI

• On revint par Damas, Tripoli de Syrie, Antioclie, Nicée, Scc., 8v l’on était rentré à Constantinople le 28 janvier i55o... ,

. Qu’est devenu ensuite Pierre Gilles? Est-il encore resté quelque temps en Oriejii? Quand a-t-il pris la mer pour cette fatale traversée c[ui le mit aux mains des pirates de Gerba? Combien de temps demeura-t-il captif? Comment son fidèle ami d’Armagnac parvint-il à briser ses fers?

A. toutes ces questions, l’inscription de San Marcello al Corso est à peu près seule à répondre : [post] miracvlosam E ^MANIB(us) et CARCERE PIRATAR[um] CERBOR(um) LIBERA- TIONEM, ROMAM QVASI POSTLIMINIO REVERSO ET IN RECOLLI- GENDIS ORDINANDISQ(ue) RERVM GELEBRIVM NARRATIONIB(us) DIES NOCTESQVE OCCVPATO, FEBRE VIOLENTlSS(i ma) PER DIES XI VEXATO, piEM SVVM IN CHRISTO lESV OBEVNTI...

Délivré miraculeusement des fers des pirates de Djerba, il est rentré à. Rome chez son protecteur qui avail payé sa rançon 8c c’est quand il travaille jour 8c nuit à mettre en ordre ses notes de voyage, qu’une fièvre violente v,ient enlever en onze jours le vaillant explorateur, dont onze années de fatigants voyages n’avaient pu abattre l’énergie.

Le généreux cardinal ne voulut pas que tant de labeurs fussent rendus tout à fait inutiles par cette mort inopinée. Et tandis qu’il érigeait à ses frais le monument, dont Philander paraît avoir dressé les plans 8c rédigé d’épitaphe, il confiait à un autre de ses clients, Jean Touiller (loannes Tullerius), 8c au propre neveu de Gilles, la tâche de rechercher dans les papiers du défunt ce qui pouvait être avantageusement publié.

Les pirates de Djerba avaient détruit une partie de ces documents, mais d’autres avaient été pillés par des « plagiaires

1. Suivant André Thevet, « estant adverty qu’il (Gilles) avoit esté pris par les Galères du Grand Turc qui estoient en l’Isle de Gerby, (le cardinal) envoya pour le rachej;ter en la ville d’Alger cinq cents ducats. » (Hist des plus illustres 6* s<^avants hommes de leurs siècles^ t. VIII, p. 22. Paris, 1671, in-S».) *

inconnus », partîm a pyratîs ^ partïm a plagiarîis ' non cognitîs expilata nunc desideramus»

Il restait néanmoins une large moisson à recueillir encore, lies papiers de Gilles furent rapportés en France, en même temps que le cardinal rentrait de sa mission auprès du pape Paul IV, St. bientôt après (i 558) deux premiers volumes étaient bons à paraître, le De Bosporo Thracio Si le De Topographia Constantïnopoleos , Ils ont été édités, trois ans plus tard, par Antoine Gilles, chez Rouillé, à Lyon^.

Le premier avait pour base descriptive un manuscrit de Denys de Byzance, découvert par Gilles en Orient, Si dont M. Wescher a, de nos jours, retrouvé le texte original^. Le second exposait avçc grands détails l’état du vieux Byzance au seizième siècle"^ : il me suffira de rappeler les éloges unanimement adressés à cette topographie par les écrivains spéciaux, depuis Pietro délia ^Valle jusqu a Jules Labarte^.

1. Gesner s’était fait dès i557 Técho de cette accusation... « & forte si quæ fuerunt (lucubrationes siipeVstites), ab hominibiis ambitiosis subtractæ sunt, quos aliéna pro suis usurpare non pudet... » Mais il n’avait nommé personne. Avec Scévole de Sainte-Marthe, de Thou & de la Mare, les attaques prennent corps, & c’est Pierre Belon, du Mans, qui est carrément accusé de ces vols. J’ai trouvé des documents qui éclairent quelque peu cette cause plusieurs fois déjà débattue & je m’appliquerai un jour à les coordonner.

2. J’ai donné plus haut (p. 21, note 2) la bibliographie de ces éditions de i56i, dont le privilège est de i558. Les deux ouvrages ont été réimprimés, notamment chez les Elzévier (1682, 2 vol. in-32); cette jolie petite édition est encore aujourd’hui recherchée.

3. Dyonisii Byzantini De Bospori navigatione quæ supersunt, una cum supplementis in geographos græcos minores aliisque ejusdem argumenti fragmentis », e codicibus ed.C. Wescher. Paris, Typogr. publ. 1874. — Cf. E. Jovy, Pierre Herbert 6* ses travaur. inédits sur V anthologie de Planude* Vitry-le-François, 1899, in-80 pp. 236-237.

4. Herbert a longuement analysé les parties archéologiques de cet ouvrage dans les pages 244 à 267 du volume qui vient d’être cité.

5. Cf. Les fameux voyages de Pierre délia Valle^ gentilhomme romain^ surnommé l'illustre voyageur^ trad. Carneau. Paris, i663, t. I, pp. 24, 27, 37, 39, 40, 41. — Niceron, op. cit», t. XXïll, p. 411. — E. Ivry, op. cit.,

6. J. Labarte, Le palais impérial de Constantinople & ses abords^

PIERRE GILLES D’ALBI

En 1562, Touiller a donné, à son tour, à la même librairie, VElien complet que Gilles avait préparé'. Ce n’est pas, ainsi que l’ont répété les uns après les autres des commentateurs étourdis, une nouvelle édition du livre de iSSSj c’est un tout autre ouvrage, un véritable EUen traduit sur le texte grec, qui s’ajoute ainsi aux Collectanea ^ que Gilles avait autrefois réunies. Touiller y a joint les deux lettres écrites au cardinal : l’une de Syrie, l’autre d’Egypte, dont nous avons tiré parti plus haut^ j une traduction par Gilles des deux livres du De cura meàïcïna accipïtrum de Demetrius de Constantinople 5 enfin le petit traité du même auteur De cura (S* medïcïna canum^.

Ces trois volumes contiennent tout ce qu’on a pu retrouver des œuvres inédites de Pierre Gilles.

Philander a pleuré une amitié de plus de vingt-deux ans 5 Gesner St Rondelet ont associé leurs regrets St leurs louanges. Nicolas de Nicolay a parlé en fort bons termes de « Pierre Gillius » St « des longues St laborieuses pérégrinations » qu’il avait faites en Orient. Scévole de Sainte-Marthe lui a donné une place honorable dans ses Éloges^ tandis que de Thou lui adressait un salut sympathique en passant en revue les événements de l’année i555.

Sainte^Sophie, le Forum Augustéen & VHippodrome^ tels quils exîstaîem au dixième siècle. Paris, Didroii, 1861, in-4®, pp. 4, i5, 19, 20.

1. « Æliani de Historia Aiiimaliiim libri XVII quos ex iiitegro ac vetei^i exemplari Græco, Petrus Gillius vertit. Una cum nova elephaiiti descriptione, item Demetrii de cura accipitrum & De cura & medicina canum, eodem Petro Gillio interprété. Ad Reverendissimum & Illustr. D. Georgium Cardinalem Armaignacum. » Lugduni apud Gulielm. Rovilliiim. Sub Scuto Veneto, 1662, pl. in-8® de 496 pages. — C’est de cet ouvrage que parle Peiresc, où, à propos de l’éléphant, il a trouve de la pasture pour sa curiosité. {Lettres de Peiresc aux frères Dupuy, éd. Tamizey de Larroque, t. I, pp. i36, 167, 197. Paris, Docum, ihéd.^ 1888, in-4°.)

Page 1