‹ Le père de la zoologie françaiseChapitre 5 sur 13 · d., ibid.y p · texte numérisé non relu

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3. Georges d’Armagnac, né en Gascogne, on ne dit pas où, vers i5oo ou i5oi, avait pour père Pierre d’Armagnac, baron de Caussade, & pour mère Fleurette de Luppé. C’était un enfant naturel; il fut placé très jeune « sous la discipline », sub disciplinay de Louis d’Amboise, & lorsque, bien plus tard, ambassadeur à Rome, il fit rétablir, en iSqS, le . tombeau dégiadé de son bienfaiteur, il proclama, *en composant l’épitaphe de son parent « affini », qu’il avait été « primæ ætatis alumno ». (Cf. Philippe Tamizey de Larroque, Lettres inédites du cardinal d’Armagnac, publiées avec une introduction & des notes. Paris-Bordeaux, 1874, in-8“. Coll, mérid., t. V, pp. 4-5.)

4. Cf. Boisvin, M.ém pour Vhist. de la Bibl, du roi, ap. L. Delisle, le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque impériale^ t. I, p. 154, Paris, in-4°; — Ph. Tamizey de Larroque, op. cit,, p. 6.

auquel il apporte une édition de la traduction des Gestes de saint Nicolas de Siméon Métaphraste, par Leonardo Justiniano, patricien de Venise'.

I Antoine Fajet est le patron des opprimés^ le Mécène unique des studieux^ on le loue unanimement à Albi de n’avoir jamais offensé personne dans sa lonç^ue carrière de prêtre, d’avoir, au contraire, rendu des services à tous. Guillaume Boisset, observateur attentif de la tradition religieuse, ami des lettres Si de ceux qui les cultivent, aide quiconque veut travailler, mais se montre particulièrement favorable à ses concitoyens.

Louis Robertet, chanoine de la chapelle du Palais, autre objet des hommages du jeune provincial en peine de parvenir, est le plus désintéressé des hommes d’Eglisej on sait qu’il a par quatre fois refusé l’évêché d'Albi.

Gilles, qui a espéré, en venant à Paris, secouer entièrement le joug d’une servitude lourde à ses épaules : servitutem», , cujus jugum non potest tant leviter palpare collum meum. ,,^ est encore trop heureux d’établir chez le bon chanoine ce qu’il appelle quelque part « le berceau de sa littérature », litterarum mearum incunabula^ ^

Ludovicus Robertetus ^ patronus meus ac omnium studiorum communis hospes^ écrit-il au président Roger Barma, en dédiant à ce magistrat parisien une édition de Valla que lui a commandée Colines^.

1. « Simeonis Metaphrastis : m gesta Sancti Nicolai, cogiiomeiito Magni, Myrénsis episcopi, vera historia e græco in latinum versa : Leonardo lustiiiiano patritio Veneto interprète. » Parisiis, Vænit Simoni Colinæo, iSii, in-^®, p. i. — Petriis Gillius Albiensis omni noiiiine reverendo Giulielmo Boisseto Cisterciensi abbati S. D.

2. Je trouve cette expression dans un passage de la dédicace à François xMolin, citée plus bas, à propos de la maison de Robertet ; « De domo unde litterarum mearum incunabula deprompta sunt, domum scilicet Roberteti... summus vir me alumnum sui generis & nominis multa docuit. »

3. « Laurentii Vallensis, patritii romani, historiarum Ferdinandi régis Aragoniæ libri très. » Parisiis, ex ædibus .Simonis Colinæi, iSzi, in-4®, 70 ff. — Petrus Gillius Albiensis doctissimo viro D. Rogerio Barnice præsidi Parisiensi quarto S. D. P.

PIERRE GILLES D*ALBI

Ces Histoires de Ferdinand d’Aragon, que Gilles a traduites de son mieux d’italien en latin, pourraient être suivies de beaucoup d’autres œuvres bien plus longues Sc bien meilleures , Mais il faudrait, pour continuer dans cette voie, la tranquillité d’esprit, l’abondance des matériaux d’étude, qui supposent l’une Sc l’autre cette indépendance matérielle après laquelle court vainement le pauvre philologue albigeois.

Après ces deux essais, dont les résultats matériels ont été des plus médiocres, Gilles tente encore de trouver dans la capitale quelque nouvelle besogne littéraire, qui vienne assurer cet affranchissement qu’il recherche. F.t il est obligé de se résigner à rejoindre à Lyon son ancien pupille, qui, à peine ordonné prêtre, a déjà conquis une place importante dans les conseils de Louise de Savoie, mère du roi François '

C’est Georges d’Armagnac qu’on envoie vers le roi à Avignon, en septembre 1524, pour le conjurer, au nom de la régente, de revenir sur ses pas au lieu de franchir la frontière, puisque par la seule terreur de son nom il a pu chasser l’ennemi de la Provence ’. Et cette démarche qui, bien accueillie, eût empêché le désastre de Pavie (24 février i525), a pour corollaire la rédaction de longs mémoires de Pierre Gilles à Charles-Quint, dans lesquels notre savant homme, poussé sans doute par d’Armagnac, à la maison duquel il appartiendra désormais, guidé conseillé (il nous l’apprend lui-même) par l’évêque de Condom, François Molin, ancien précepteur de François 1®*“, St. par le vieux chanoine Robertet, dont il avait été le client 8c l’ami, cherche hardiment à prouver à l’empereur Charles-Quint qu’il faut rendre sans rançon son royal prisonnier, non modo moderato pretio^ sed etiam gratis esse dimittendum

1. On sait que le jour même où François P'' partait d’Avignon pour Aix, Bourbon & Pescart levaient le siège de Marseille (28 septembre 1524).

2. « Pétri Gillii orationes duæ, quibiis suadet Carolo quinto Imperatori Regem G lliæ prælio captum non modo moderato pretio, sed etiam gratis esse dimittendum. » (Brixiæ, 1640, in-S*^, de cxx ft.) — Ces lettres, adressées à Charles-Quint, sont précédées d’une préface de cinq pages à François Molin datée de i525. « Luges eum cui eras inter præ-

Gilles a rédigé jusqu’à cinq mémoires sur la matière pendant la captivité de Madrid 5 Michel Bantin les portait à Tévêque de Condom, qui les transmettait en Espagne'.

Mis en goût par le bon accueil ainsi fait en haut lieu à sa prose libératrice, il a passé plus tard tout un hiver à Rodez, dans les manuscrits de la bibliothèque qu’il organisait pour Georges d’Armagnac^, à coordonner d’autres arguments en^ core, cette fois, contre Henri VIII d’Angleterre : Tribus ad Regem Angliæ scrîptis^ suadentibus Franciæ Regium nomen non ampllas usurpet aut ejus partes répétât.

J’ai vainement poursuivi, dans les State Papers, les traces de cette correspondance politique dont Gilles avait gardé certain orgueil. « Ah! si Seyssel avait lu tout ce que fai lu moimeme dans la bibliothèque d’Armagnac, écrivait-il beaucoup plus tard, il aurait autreijient traité la cause! » Q^uos si Seysselias legisset^ longe aliter hanc causam tractasset^ ,

Cependant Gilles a adressé à Bâle, par le même Michel Bantin dont il vient d etre question, le manuscrit du lexique gréco-latin"^ auquel, il travaille depuis ses débuts dans la

cipuos, dit Gilles à Molin, cui pueritiæ disciplinam tradideras, a quô permulta bénéficia partin\ accepisti, partim te accepturum sperabas. » Pour lui, Gilles, rien de tel, « nihil taie ». C’est l’ami des lettres qu’il pleure, « quod nobis sit ereptus Rex, per quem alacres gallos in perpetuum ad bonarum artium cognitionem fore sperabam, &c. »

La part de chacun dans la confection des Oratîones est nettement établie un peu plus bas. Il y aurait eu cinq mémoires rédigés, & non pas seulement les deux qui furent imprimés quinze ans plus tard.

1. La première des deux pièces imprimées (f®® I-LXIX) est intitulée :

« Oratio prima ad Carolum Quintiim Imperatorem de modo & rationé Regis liberandi »; la seconde (f®"* LXX-CXX) a pour titre : a Ejusdem oratio altéra, quâ suadet Carolo Quinto Imperatori ut Regem Galliæ bello captum non modo moderato pretio sed etiam gratis dimittat. »

2. Je suppose que c’est à ce titre de bibliothécaire de l’évêque de Rodez qu’il possédait un bénéfice « nummi ex sacerdotio meo », qui lui permettait plus tard de vivre en Orient.

3. Pétri Gillii ad amicum Epistola. (P. ^\iTm2iVi\\^Sylloges epistolarum aviris illustribus scriptarum, Leidæ, 1727, in-4®, t. II, pp. 232-235.)

14. « Lexicon Græcolatinum supra omneis omnium hactenus accessiones multis milib. vocabulorum, annis jam aliquot ex assidua scrip-

PIERRE GILLES D’ALBI

science, 6c rimprimeur Valentin Curion a mis neuf longues années à donner ce gros volume au public. Le célèbre helléniste d’Heidelberg, Simon Grynœus, en écrit la préface, dédiée, à la demande de l’auteur, à Georges d’Armagnac, promu depuis peu au siège épiscopal de Rodez (1529), îpsius jussu nomïnï tuo dîcatum ïnscrïptumque ^ 6c qui a généreusement contribué aux frais de l’édition.

« Tu fais sagement, dit Grynœus au nouvel évêque, toi qui penses qu’il faut avant tout prendre soin de ce trésor, les belles lettres, que si peu de gens tiennent en estime 5 toi qui ne te contentes pas de les cultiver par toi-même, autant que le permet l’importance des affaires auxquelles tu es mêlé, mais qui encourages les études des autres, 6c en suscites la publication. » Gilles, en donnant ce livre, a tourné la munificence de son bienfaiteur au profit de tous ceux qui travaillent. Quant à Georges d’Armagnac, il suit l’exemple de l’évêque de Worms, Jean d’Al bourg {Joannes Dalhurgîus)^ protecteur de Rodolphe Agricola, 6c en propageant l’étude de la science, il se donne à lui-même la satisfaction d’être applaudi par les bons étudiants qui vont célébrer en tous lieux son panégyrique'.

Pierre Gilles a terminé, vers le même temps, une traduction des Explanationes de saint Théodqret^, la dernière œuvre

torum omnium lectione congestis, auctuni. Authore Petro Gillio Albiense.

« Opus jam recens in lucem editum & excusum, in quo quantum laboratum & sudatum sit, cum in mendis emendandis, tum in dictionibus quibusque in suum ordinem restituendis, æquus judicabit lector. Keliqua huius operis, subsequens pagina indicabit.

« Basileæ, ex officina Valentini Curionis, mense septembris, anno MDXXXII. Cum privilégie. »

La préface, de deux pages in-f“, a pour dédicace : « Reverendissimo in Christo Patri & Domino, Domino Georgio Armignaco, episcopo Putinensi. Clarissimo Heroi , Domino & Patrono suo, Symon Grynœus. S. D. »

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