‹ Le père de la zoologie françaiseChapitre 6 sur 13 · Voir la préface de Grynœus · texte numérisé non relu

Voir la préface de Grynœus

2. « Divi Theodereti episcopi Cyrensis, explanationes in Duodecim Prophetas, quos minorés vocant, iuxta interpretationem septuaginta. Petro Gillio Albiensi interprète. » Lugduni, apud Seb. Gryphium, i533, in-8® de 893 pages.

de ce genre que Ton doive à sa plume laborieuse. Georges d’Ârmagnac, auquel est encore dédié ce livre imprimé à Lyon, chez Gryph , avait fortement exhorté son ancien précepteur, devenu son bibliothécaire, à s’employer de préférence à mettre du grec en latin des ouvrages de doctrine religieuse. Ayant trouvé chez Jean des Pins, évêque de Rieux Sc ancien abassadeur de France à Venise, un exemplaire des commentaires de saint Théodoret sur les douze petits prophètes, Gilles lavait mis en latin pour son protecteur, Optimo studiorum patrono Georgio Armaîgnaco ^ Rutenorum epîscopo.

' Il aurait poursuivi sans doute par une traduction des quarante-six livres de Philon le Juif, qu’il avait commencée, lorsqu’un manuscrit d’Elien, acquis pour la bibliothèque de Tévêque de Rodez, vint enfin lui révéler sa véritable vocation.

Gilles n’est plus seulement dès lors un savant philologue, helléniste 8c latiniste, traducteur 8c commentateur des textes anciens. Il va devenir, suivant l’expression de Metellus, Vohservaleur attentif de la nature des animaux^ dont le texte d’Elien lui a fait apprécier tout l’intérêt'. Comme les autres rénovateurs des sciences, dont le seizième siècle abonde, Gilles prend, en effet, pour point de départ, les témoignages de l’Antiquité 5 Aristote, Théophraste, Eüen 8c beaucoup d’autres sont évoqués tour à tour par son immense érudition. Mais il observe lui -même avec une véritable passion, 8c les faits qu’il a recueillis viendront confirmer ou compléter les déclarations des vieux livres.

Ni voyages ni lectures ne lui sembleront dorénavant trop pénibles pour poursuivre ce nouvel ordre de travail; nulli lahores^ neque itinerum neque studiorum^ mïhï graves juturï,

I. « Hoc ei addam de Petro Gillio, Vascone, viro non solum; Grecæ ac Latinæ linguæ doctissimo, verum etiam secreto naturæ animalium perscrutatore. » (Burmani Sylloges Epîstolarum a virîs îllustrîbus script ^orum.^ t. I, Epîstolœ Lîpsianœ. Jo. Matalius Metellus, Epiâtol. LVIII, p. 6o.) ; ; ; , : 1

PIERRE GILLES D’ALBIé' t ï l5

Il visitera les côtes d’Espagne & de France, Oceanî Gallîca littora 6* Hispanica perscrutatus ^ ^ séjournera à diverses reprises en Provence Sc en Ligurie, partïm in Gallîco Littore^ partim Lîgustico^ principalement à Marseille Si à Gênes, où l’attire la richesse de la faune marine.

La préface du Theodoret contient un programme sommaire d’exploration de l’Italie, qu’il a dû entreprendre à la fin de i533. C’est sans doute à cette époque qu’il poussa jusqu’à Naples, d’une part^, Si de l’autre jusqu’à Venise, où il connut Si fréquenta Lazare de Baïf^, alors ambassadeur du roi de France auprès de la seigneurie"^.

Ces premières recherches de Pierre Gilles ont été en partie utilisées pour l’élaboration d’un gros volume qu’il a fait imprimer à Lyon chez Sébastien Gryph en i535^.

La trame de l’ouvrage est composée de la traduction latine d’Elien, dont le cardinal d’Armagnac possédait, je l’ai déjà dit, un texte grec. Gilles a cru devoir grouper, pour plus de commodité, les chapitres analogues dispersés dans les seize livres de l’ouvrage original. Si il y a joint, sous le non ài' Accèssïones^y des passages empruntés à d’autres auteurs grecs, non

Page 1