Lettres à M™" Roger des Genettes, 9 et 15 mai
vèrent. Flavignylui offrait une solitude plus complète et plus de repos d'esprit. D'ailleurs le plan des conférences était fait : il n'y avait plus qu'à le développer.
Le P. Didon était absorbé dans son travail intellectuel au moment oi^i la déclaration de guerre éclata. Il eut d'abord de belles espérances, comptant sur les vertus militaires et la vaillance indomptée de la France... Les désastres de Forbach et de Frœschviller le surprirent et l'exaspérèrent. Il écrivit le 10 août 1870 : « J'ai le cœur « navré. Vaincus au dehors, trahis et divisés au (( dedans, envahis par les Prussiens. Je n'y tiens « plus et je frémis et je rugis devant Dieu. Il n'y « a donc plus de sang dans les veines de notre (( pays. Voilà où nous ont conduits notre légèreté « et vingt ans d'un despotisme servile. Jamais pa- (( reille angoisse n'avait étreint mon cœur. Je « vous jette ce cri. Votre cœur de mère le com- (( prendra. Je compte partir samedi pour Nancy. « Je me dessèche sur ce rocher de Flavigny, tan- (( dis que le pays souffre et est humilié. Je veux (( voler aux avant-postes ^ »
Il partit en effet; et, ne voulant pas rester spectateur inactif des événements qui allaient se dérouler, il demanda et obtint une place d'aumônier militaire. Il suivit l'armée, et après les journées