Extrait d'une lettre àM"° Roger des Genettes
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siècle et de notre pays. Il redonna les discours qu'il avait donnés à l'église Saint-Joseph de Marseille dans le carême de 1872. Les progrès de l'irréligion parmi les hommes Tépouvantaient, et il était convaincu qu'on ne pouvait arrivera rien, si Ton ne parvenait pas à conjurer ce lléau. Quels furent les résultats positifs de cette prédication de liJordeaux? Il eut beaucoup d'auditeurs, mais il ne réassit pas à les ébranler sérieusement. Est-ce parce que la station de l'avent était trop courte? Est-ce parce que les préoccupations politiques étaient alors trop grandes? Ces deux raisons contribuèrent sans doute à ne lui donner qu'une demivictoire.
Tout de suite après son premier discours, il écrivait à un jeune homme : — « J'ai prêché samedi (( devant un auditoire immense. Je suis resté un « peu enveloppé dans ma froideur : c'est le ca- « ractère de tous mes débuts. Pourtant je pense « que l'amorce prendra. J'ai fait appel aux « hommes, en traitant de l'état présent de la lutte u religieuse et du rôle qu'avaient à y jouer tous « ceux qui veulent sauver leur patrie et leur « foi. Je devine que ce ne sera pas commode de (( faire mon trou ici et de réunir les hommes. « L'avent est court et les préoccupations police tiques sont grandes. »... Verslemilieu del'Avent, il écrivait au môme jeune homme. « Je frappe ici « un bon coup d'épée dans l'eau. C'est-à-dire que
(( je parle un peu ipouv des primes. Rien ne vibre. i( C'est glacé, et ce monde qui est autour de ma (c chaire, me rend caillou, me pétrifie. » Enfin, le jour môme de Noël, il écrivait : « Je viens de pre- « cher h une foule. L'auditoire était immense. (( Dieu m'inspirait. Si j'étais ici deux mois et un (( carême, Bordeaux se remuerait et ce réveillerait. « Mais l'heure est à la somnolence. Nous sommes (( entre deux tempêtes, sous un nuage sombre, ence dormant et plein de foudre i. )> — Il rentra à Paris mécontent, ennuyé, inquiet, comme nous le révèlent ces mots adressés à samère adoptive, à la date du 9 janvier 1894. u Je serai à Paris dans une (( huitaine de jours et vous aurez une de mespre- « mières visites. Il me tarde de causer longue- « ment avec vous de ce pauvre grand pays que la (( division, laréactionetlaviolence tuent, et de cette f( église, dont la puissante vie doctrinale et con- « quérante semble frappée de paralysie. J'ai la (( conscience profondément émue des périls qui (( nous pressent, et je ne me dissimule rien des « plaies qui nous rongent. Malgré tout, j'espère.. « je dirais presque, malgré moi, si Dieu ne « m'avait donné une nature qui ne se résoudra « jamais ni à capituler ni à désespérer. Je pourrai « être vaincu, mais on me trouvera les armes à (( la main; je pourrai être pris mais on ne pren-