‹ Le père Didon; sa vie et son œuvreChapitre 33 sur 57 · Loi 1res à M. Th. V., 23 mai 1X · texte numérisé non relu

Loi 1res à M. Th. V., 23 mai 1X

SAlNT-PIIiLlPPE-DU-ROULE ET LA TRIMTÉ 187

ordre essentiellement cipostojique; et il y réussit, grâce à la pratique des vertus héroïques, grâce a une inspiration personnelle, grâce au sens de l'opportunité, et grâce à de saintes audaces. — Le P. Didon fit allusion, dans le corps du discours à son voyage de Rome, en termes habiles : «Saint « Dominique avait reçu d'En-Hautune inspiration « personnelle. Voyez-le à trente-trois ans, il se (( trouve en face de l'hérésie, il se dit : je créerai un (' ordre d'apôtres. Il ne Ta créé que douze ans après. (( L'inspiration lui vint en 1204, il ne la réalisa « qu'en 121(3. Quand on a porté une idée douze ans (( dans sa conscience, ouest personnellement ins- (( pire, mais quand on appartient à l'Eglise de Dieu, c il faut soumettre l'inspiration à l'autorité; il (( faut entreprendre le voyage de Rome. — J'en- (( tends les hommes du xix° siècle me dire : Quoi ! (( vous avez une idée personnelle; et vous allez la « mettre aux pieds d'un homme! Oui! j'y vais, (( car cet homme n'est pas un homme pour moi, (( c'est le gardien de la grande doctrine du Christ... (( Pourquoi faut-il qu'aujourd'hui on n'obéisse plus « qu'au glaive, qu'on ne sache pas se mettre à u genoux devant celui qui tient en main la croix « du Sauveur, la loi de l'Evangile et de la chariié. y> Les journaux parlèrent de ce discours, les uns avec éloges, les autres avec injures. Mais le P. Didon ne s'en émut guère. Il était destiné à Atre maudit et béni, persécuté et acclamé.

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Dès le lendemain de la Saint-Dominique, sur Tordre du docteur il alla prendre quelques semaines de repos, dans ce qu'il appelait son ermitage de Saint-Brieuc. Il avait besoin de se refaire une provision de fluide nerveux, et dans cette solitude marine de la villa Godu, devant les grands horizons de la nature, seul en face de luimême et de Dieu, il se retrempait admirablement pour les luttes futures. — En cette année 1879, il savoura plus avidement, ce semble, la paix délicieuse de cette vie champêtre. On aurait dit qu'il avait le pressentiment d'en goûter les charmes pour la dernière fois. Jamais il n'apprécia mieux ce calme rempli d'inspiration, ce silence troublé seulement par le chant des vagues, ces collines aux flancs desquelles se suspendaient de beaux épis d'or, celte grève blanche lavée deux fois chaque vingt-quatre heures par la vague salée, cette nappe bleue qui s'étendait à l'infini, cette ligne de l'horizon sans limites ; toutes ces choses qui permettaient à son âme vivante de s'enivrer de contemplations et de rêves divins ^

Il revint à Paris dans les premiers jours de septembre, en repartit aussitôt pour Flavigny oi^i il devait prêcher la retraite aux religieux da 10 au 22; alla précipitamment à Marseille, au commencement d'octobre, pour donner à un moribond qui

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