‹ Le père Didon; sa vie et son œuvreChapitre 5 sur 57 · ENFANCE ET JEUNESSE DUENRI DIDON · texte numérisé non relu

ENFANCE ET JEUNESSE DUENRI DIDON

Les premières années d'Henri Didon, — Au Touvet. — Au petit séminaire du Rondeau. — Départ pour le noviciat de Fla- Yig-ny.

Henri-Louis Didon naquit au Touvet, le 17 mars 1840. Le Touvet est un joli village dauphinois, assis sur la rive droite de ITsère, en pleine vallée du Grésivaudan, à égale distance de Grenoble et de Chambéry. C'est un chef-lieu de canton, peuplé à peine d'un millier d'habitants. Un château domine le village qui grimpe, du côté de la montagne, comme s'il se défiait des inondations possibles de l'Isère. La vallée du Grésivaudan est très belle à cet endroit. L'Isère roule ses eaux grises entre des saules et des osiers. Sur la rive gauche, les montagnes sont verdoyantes et montent en pentes douces, en étalant des prairies et des châtaigneraies, pour aboutir lentement et progressivement à des sommets rocailleux et enfin aux glaciers des Alpes Savoyardes. Sur la rive droite, au contraire, là où le Touvet a bâti ses

maisons, la montagne ne tarde pas à être abrupte. Un vaste rideau d'énormes rochers à pic semble interdire de passer au delà. Un torrent, le Bresson, s'est creusé un chemin à travers ces rochers, et les hommes, après le torrent, ont tracé des sentiers qui gagnent les hauteurs et pénètrent jusqu'aux solitudes de la Grande-Chartreuse. Du haut de ces rochers, le village paraît minuscule, elles modestes maisons qui le composent, se confondent. La nouvelle église émerge un peu, grâce aux trois flèches élancées qui la couronnent; mais on ne distingue plus l'humble maisonnette de la rue de la Charrière dans laquelle Henri-Louis Didon vit le jour. Le père d'Henri-Louis Didon s'appelait Rémy- Auguste et remplissait les fonctions d'huissier. H était âgé de quarante-deux ans, à l'époque où naquit Henri. La mère d'Henri s'appelait Euphrosine-Charlotte Guillaudin et était alors âgée de trente et un ans^. L'enfant fut présenté à l'Église, pour y être baptisé, le jour même de sa naissance. Il eut pour parrain Jean-Hippolyte Magnon, et pour marraine Henriette Révol. L'éghse où Henri- Louis Didon fut baptisé n'existe plus. C'était un ancien prieuré de Cluny, Il fallait descendre dix ou douze marches pour arriver au niveau de la porte d^entrée. On renversa ce vieil édifice, qui, après avoir vu passer et repasser les vieux moines

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