‹ Le Père Duchesne d'HébertChapitre 43 sur 47 · LES GRANDS PRÉPARATIFS DU PÈRE DUCHESNE · texte numérisé non relu

LES GRANDS PRÉPARATIFS DU PÈRE DUCHESNE

Pour faire marcher en masse tous les républicains contre les esclaves des despotes. Sa grande joie de foutre, à la gueule du canon, tous les courtauts de boutique,

tous les petits clériaux et tous les foutriquets à culottes serrées et aux habits carrés. Sa grande découverte d’un nouveau complot pour sauver le traître Brissot, et sa grande colère contre certains bougres à double face, qui veulent marier la fille de Louis le traître avec un des fils du roi d'Angleterre.

De voir l’accaparement de savon que l’on fait pour blanchir Custines, et la grande lessive que l’on prépare pour le laver de la tête aux pieds. Sa grande dénonciation aux braves sans-culottes, pour leur faire connaître les faux frères qui veulent rétablir la royauté, et tous les fripons qui pêchent en eau trouble.

Au sujet du tripotage que l’on a employé pour affamer Paris et faire passer nos subsistances aux muscadins de Lyon et aux accapareurs de Marseille. Sa grande ribotte à la Courtille avec toutes ses commères, pour leur découvrir le pot aux roses et leur faire connaître les jean-foutres qui sont cause que nous avons mangé notre pain blanc le premier.

Contre les jean-foutres qui ne sont dans les places que pour jouer au fin et tirer leur épingle du jeu. Ses bons avis aux braves sans-culottes, de ne choisir, pour juger les traîtres et les conspirateurs, que de pauvres bougres qui n'’iront pas chercher midi à quatorze heures pour condamner Custines, et qui n'auront pas les pattes crochues pour empocher l'or et les assignats qu'on leur offrira pour ne pas voir clair en plein midi.

Au sujet du raccourcissement du général Moustache ! qui, après avoir vécu comme un traître et un scélérat, est mort comme un jean-foutre. Ses bons avis à la Convention, pour qu'elle établisse une douzaine de tribunaux pour faire mettre promptement la tête à ]à fenêtre, à la louve autrichienne, à l'infâme Brissot, et aux autres coquins qui ont trahi le peuple et allumé la guerre civile.

‘ Le général Custines fut exécuté, sur la place dela Révolution, le 28 août 1793.

De voir que les gros continuent de manger les petits, et que les riches se déclarent tous les ennemis de la république. Sa grande joie de voir que les muscadins de Lyon vont être mis à la raison. Ses bons avis à la Convention pour qu'elle ôte l'autorité aux riches qu'elle protége les pauvres, et qu’elle ne souffre pas plus longtemps que tous les œufs soient dans un même panier, comme dans l’ancien régime.

En apprenant que les marchands de sucre et les accapareurs de Marseille ont été forcés de mettre les pouces , et d'ouvrir les portes de cette ville aux troupes de la république qui y sont entrées en triomphe. Sa grande motion pour que le fonctionnaire Samson joue bientôt à la boule avec la tête de la louve autrichienne et celle de Brissot, de Vergniaud, du calotin Fauchet et des autres scélérats qui voulaient détruire la sans-culotterie.

. De voir que l'on souffre tous les bandits du Palais-Ro yal,

tous les vendeurs d'argent, tous les filous qui dévalisent tous les passants. Ses bons avis au général des sans-culottes, de faire main basse sur toute cette ca- - naille, et d'en purger une bonne fois Paris. Sa grande douleur en apprenant que les soldats de la république ont abandonné la victoire auprès de Lille, pour se livrer au pillage, et s'en foutre des piles tandis que les ennemis prenaient leurs canons.

Au sujet des bons décrets que la Convention vicnt de rendre !, pour faire ouvrir tous les greniers des accapareurs, par la vertu de la sainte guillotine ambulante et par l'armée révolutionnaire qui va dauber les Muscadins et donner le coup de grâce aux Âristocrates et aux Royalistes.

' Décret du 5 septembre 1793, portant établissement d'une arméc révalutionnaire de 6,000 hommes et de 1,200 canouniers.

LE PÈRE DUCHESNF, . 185

De voir le pain reparaître chez les boulangers depuis que le peuple a retrouvé la clef du grenier, en mettant à l'ombre tous les Muscadins, tous les commis de Pitt et de Cobourg, qui se déguisaient le matin en sans-culottes, pour faire rafle des pains de quatre livres, et les jeter dans Ja rivière, et qui, le soir, bien poudrés et bien pomponnés, allaient insulter à la misère publique, avec leurs culottes étroites et leurs habits carrés, dans les promenades et les spectacles. e

De voir que les sans-culottes de Paris restent les bras croisés, au lieu de marcher promptement en masse pour balayer les frontières de tous les brigands qui les ravagent. Ses bons avis aux jeunes Parisiens pour qu'ils forment promptement leurs bataillons, et qu'ils marchent sans délai vers l'ennemi , en faisant porter leurs sacs aux Muscadins , et les forçant de trainer les équi- . pages. Sa grande joie de voir siffler la linotte à tous les jean-foutres qui voulaient brüler Paris, et faire perdre

le goût du pain aux braves Montagnards et aux Jacobins.

En apprenant toutes les victoires des braves défenseurs de la République sur les Anglais , les Autrichiens et les Prussiens !, et de voir qu'avant qu'il soit l’âge d’un petit chien on promènera à Londres au bout d’une pique

. Ja tête de l'âne de Hanovre et celle de son porte-esprit Pitt, le Jokey. Ses bons avis aux sans-culottes pour qu'ils continuent de lever les cnttes des salopes soudoyées par les Anglais pour assiéger les portes des boulangers, et de les étriller comme elles le méritent.

Ne 286.

De voir que les sans-culottes s'amusent à la moutarde, au lieu de donner le coup de grâce aux Royalistes , aux Aristocrates , aux Rolandins, tandis que nos braves guerriers foutent de si bonnes danses aux ennemis du dehors. Ses bons avis à la Convention pour qu’elle fasse promptement mettre la tête à la lunette à l’mfâme Brissot , à la louve autrichienne et à toute la clique de

# Le 9 septembre, 15,000 hommes, commandés par Landri, entrent dans Dunkerque;les Anglais sont battus à Houdscoote, et forcés de lever le siége de Dunkerque.

la Gironde, et surtout qu'elle n'oublie pas le scélérat Bailly. Sa grande motion pour que le maire-grue soit raccourci à l'entrée du Champ-de-Mars , où il a fait | massacrer le peuple.

Dans les prisons , pour passer én revue tous les Aristocrates, tous les Royalistes , tous les Brissotins qui sif-

flent la linotte. Sa grande colère de voir que l'on se fout du peuple en allongeant la courroie au sujet du jugement de Brissot, de la veuve Capet, du prêtre Fauchet, de Vergniaud, de Gensonné, du borgne Manuel et de tous les autres scélérats qui voulaient dépecer la République , et en vendre les lambeaux au roi Georges Dandin , au Mandrin de Prusse et au Cartouche de Vienne.

De voir que des Muscadins déguisés empêchent les femmes des hraves sans-culottes de porter la cocarde natio-

nale ‘. Ses bons avis à toutes les luronnes qui ont si bien foutn la danse à tous les Muscadins de Vefsailles, le 6 octobre , de ne pas se démentir. Sa grande motion pour qu'on enlève, d’un seul coup de filet, tous les Aristocrates et les Royalistes qui brouillent les cartes

parmi nous, et qu’on les embarque pour le Mis- SISSIPI.

De voir que les accapareurs se foutent des décrets de la Convention, ct qu’ils continuent , comme de plus belle, à affamer les sans-culottes, dans tous les départements. Ses bons avis aux braves Montagnards, pour qu'ils s’occupent nuit et jour des subsistances , et qu'ils fassent marcher promptement l’armée révolutionnaire avec la sainte guillotine qui fera miracle et qui mettra à la raison les accapareurs , les traîtres et tous les contre-révolutionnaires.

‘ Le 21 septembre, les femmes sont assujetties à porter la cocarde nationale, sous peine de huit jours de détention pour la première fois, et, pour la seconde, d'être tenuss pour suspectes, et enfermées jusqu'à ja paix. |

Contre le palfrenier Houchard ! qui, comme son maitre Custines, a tourné casaque à la $ans-culotterie. Sa grande joie de voir bientôt ce butor mettre la tête à la fenêtre. Ses bons avis aux braves soldats républicains pour qu'ils lui dénoncent tous les jean-foutres qui regrettent l'ancien régime et qui préfèrent de porter la

livrée du tyran, plutôt que d'endosser l’habit des hommes libres.

De voir que les sans-culottes saignent du nez quand il faut frapper à coups redoublés sur les vermines qui s’engraissent du sang du peuple. Ses bons avis à tous les citoyens, et surtout aux habitants des campagnes, pour qu'ils fassent la conduite de Grenoble à tous les ci-devant robins, avocats, greffiers, procureurs, qui sont à la tète des départements, et qui s'entendent comme des larrons en foire avec les accapareurs pour affamer le peuple. |

‘ Le général Houchard, qui fut exécuté le 26 brumaire an Il 16 novembre 1793).

Ne 202.

De voir que la Convention donne le coup de grâce aux

accapareurs , aux affameurs du peuple {, aux Musca-

dins et Muscadines. Sa grande colère de ce que les grands intrigants et les gros fripons sont épargnés. Ses bons avis aux braves Montagnards pour qu'ils fassent déclarer suspects tous les jean-foutres qui étaient les amis de Brissot, et qui taupaient dans le fédéralisme avant le 31 mai.

En apprenant un nouveau complot pour forcer les prisons, afin de sauver la louve autrichienne et l’infème Brissot. Ses bons avis aux braves sans-culottes , pour qu'ils se tiennent sur leurs gardes, et qu’ils continuent de don- .ner la chasse aux Muscadins et Muscadines. Sa grande joie de voir partir l'armée révolutionnaire pour aller inettre à la raison les gros fermiers qui enterrent leurs grains , ainsi que les vignerons qui ont vendu d'avance leur vendange à Pitt et Cobourg , afin de nous faire périr de faim et de soif.

‘ 6 vendémiaire an IL (27 septemibre 1793), fixation du maxinum du prix des denrées.

De voir l’infâme Brissot et la clique de la Gironde devant le tribunal révolutionnaire ‘. Ses remerciments aux braves bougres qui composent maintenant le Comité de sûreté générale de la Convention , qui ne se sont pas amusés à chaboter les Muscadins, et qui ont enfin trouvé le moyen de déméler la fusée, et de faire voyager cette bande de malédiction dans la charrette de Samson.

En apprenant que le sapajou Gorsas ?, grand porte-coton de Louis XVII, est venu se brüler à la chandelle, et qu'il a été arrêté au Palais-Royal , en venant chercher ses chemises chez sa blanchisscuse. Sa grande colère de voir qu’il existe encore bien des jean-foutres qui veulent remplacer les Brissotins. Ses bons avis à la Convention pour qu'elle empèche les commissaires qu’elle envoie dans les armées, de brûler la chandelle par les deux bouts, en menant un train de princes , et en godaillant comme dés chanoines.

* #2 vendémiaire an II (3 octobre 1793), décret d'accusation contre Brissot et cinquante-deux autres députés.

* Le 17 vendemiaire an Il (7 octobre 1193), le tribunal criminel extraordivaire ordonne que le député Gorsas, comme étant mis hors la loi, sera exécuté dans le jour, sur la place de la Révolution.

Ne 996.

De voir que l'on cherche midi à quatorze heures pour juger la tigresse d'Autriche, et que l’on demande des pièces pour la condamner, tandis que , si on lui rendait justioe , elle devrait être hachée comme chair à pâté pour tout le sang qu’elle a fait répandre. Ses bons avis aux sans-culottes pour qu'ils soient unis comme frères, attendu que les Aristocrates, les Royalistes, les prêtres, les gros marchands, les riches fermiers ct les accapareurs se tiennent tous par la main pour nous manigancer un nouveau coup de chien.

Contre les infàmes soldats du roi Georges Dandin , qui, après atoir pris Toulon par trahison, ont fait pendre les représentants du peuple , pillé les maisons , égorgé les femmes ct les enfants. Ses bons avis aux braves sans-culottes, pour qu’ils soient amis comme des chiens enragés que Pitt a làchés pour ravager la France et nous réduire à l’esclavage.

Au sujet du raccourcissement de la louve antrichienne, convaincue d’avoir ruiné la France, et d’avoir voulu faire égorger le peuple, ‘pour le remercier de tout le bien qu'il lui avait fait. Ses bons avis aux braves sans. culottes, d’être sur pied pour donner la chasse aux Muscadins déguisés et aux fausses poissardes qui se disposent à crier grâce, quand la guenon paraîtra dans le vis-à-vis de maître Samson.

Page 1