‹ Le Père Duchesne. Hébert et la commune de ParisChapitre 10 sur 165 · Bibl. Nat. L»»b 4661 (rapport de Santerre · texte numérisé non relu

Bibl. Nat. L»»b 4661 (rapport de Santerre

De ce fait, le commandant du 10" bataillon fut actionné en justice. Aussitôt, la section des Quinze-Vingts protesta contre € les imputations calomnieuses débitées avec emphase » à l'adresse de Santerre ; et, parmi les signataires de cette pièce *, nous trouvons le nom d'Hébert.

Celui-ci ne se borna pas à ce seul témoignage de sympathie. Quand l'accusé, mis hors de cause, eût intenté un procès à La Fayette, Hébert s'empressa d'en démontrer les justes revendications dans un de ces pamphlets dont il aimait à fortifier la propagande du Père Duchesne et qu'il intitula : « Découverte d'une grande trahison contre les habitants du faubourg Saint- Antoine, à l'occasion du procès de M. de La Fayette contre M. Santerre. Détails d'un horrible assassinat commis par le nommé Desmottes et le jugement qui le condamne à être pendu et étranglé *. »

Les violences de ce libelle attirèrent sur son auteur ou plutôt sur ses distributeurs toute une série de disgrâces dont Hébert se plaint, non sans acrimonie, dans une lettre que publia Y Orateur du peuple* de Martel et qui est signée «H..., membre du club des Cordeliers». Il est victime de mesures de police prises par les « suppôts de Moitié (La Fayette)... bandes de scélérats conjurés et armés contrôla liberté de la presse ». Il a donné « une feuille à imprimer chez Tremblay » contre « l'infâme Desmottes, aide de camp de Cromwell-Mottié, assassin, condamné à être pendu ». Dès que la publication paraît, les « habits bleus » (les gardes nationaux) se jettent sur ses colporteurs. Tremblay est mandé aux sections de Saint-Lazare et de Saint-Martin, où le commissaire de police prétend l'arrêter. De nouveau, les colporteurs sont conduits au corps de garde de Saint -Chaumont. Mais le plus indigne de ces policiers est encore le commissaire des Enfants-Rouges, dont lui, Hébert, regrette de ne pas connaître le nom ; il met à l'amende et rançonne les pauvres diables ; n'a-t-il pas fait traîner à la Force un enfant qui n'avait pu lui donner vingt-cinq livres ?

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