‹ Le Père Duchesne. Hébert et la commune de ParisChapitre 9 sur 165 · Matbr. Hébert avant le 10 août · texte numérisé non relu

Matbr. Hébert avant le 10 août

dière dont il avait la coquetterie, le défenseur du trône et de l'autel avait appréhendé au col un aboyeur de journaux qui le poursuivait de ce cri : « L'abbé Maury fouetté par le Père Duchesnc », et l'avait conduit au poste le plus voisin. Puis, à l'Assemblée, il s'était plaint de l'insolence du drôle. Mirabeau, son perpétuel adversaire, avait répliqué que les députés patriotes étaient harcelés de la même façon, du matin au soir, par des colporteurs royalistes et qu'il était indigne d'une grande Assemblée de s'occuper de pareilles vétilles. En somme, c'était une excellente réclame pour le Père Duchesne ; aussi, son rédacteur en avait-il amplement profité pour écrire sa Grande Colère.

D'autres numéros, qu'il publia avant l'année 1791, mettent en œuvre un procédé, dont Hébert usera volontiers dans ses campagnes de presse, cette chasse à l'information que nos contemporains appellent le grand reportage ,et qu'il nomme, lui, ses grandes visites. A vrai dire, c'est son imagination seule qui voyage, tantôt chez la fameuse comtesse do La Motte, dont une fausse nouvelle annonçait l'arrivée à Paris, tantôt chez Tévêque d'Autun, Talleyrand, à propos de la Constitution civile du clergé, tantôt enfin « à la toilette de la reine», qu'il admoneste, comme il Ta fait déjà pour La Fayette, quand il lui adresse son « dernier avis ».

Mais la vie politique et la notoriété d'Hébert, comme journaliste populaire, ne commencent réellement qu'en 1791. Le 1** janvier, le Père Duchesne 4 porte le numéro 1. Il mérite une mention spéciale, car il donne une idée assez exacte des opinions de son rédacteur à cette époque. Il est consacré en partie aux compliments et aux visites de circonstance. 11 est surtout loyaliste : € J'aime le roi de tout mon cœur », s'écrie Hébert. Et plus loin : < J'entends partout un fripon qui prend mon nom crier contre Bailly, contre La Fayette, contre la garde nationale ; et moi je vous invite, mes amis, à respecter des hommes qui ont sauvé la liberté. » Il va môme jusqu'à adresser de plates excuses au duc d'Orléans et à l'un de ses officiers, M. Lacroix de Laville, qu'il avait fort malmenés dans un de ses numéros du mois précédent.

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