Mbrcibr. Le tableau du nouveau Paris (réédition de
LB PÈRE DUCHE SNE
peuple, rassemblé sous les bannières des sections, les suivait dans un désordre touchant... » A la foule s'étaient mêlés « les membres de la Commune et du département», les sociétés populaires, des conventionnels, et parmi eux le peintre David, l'ordonnateur de la cérémonie, Fabre d'Églantine, Legendre, Fréron, que son journal et ses pamphlets, luttant d'atrocité avec les feuilles de Marat et d'Hébert, recommandaient à la bienveillance de la démagogie.
* Le corps, déposé sous des arbres, dont les feuilles tremblantes réfléchissaient et multipliaient une douce lumière, le peuple se tint autour du sarcophage, debout, dans l'attitude d'un respectueux silence. »
Le président de la Convention, reprenant la thèse d'Hébert, déclara que Marat serait vengé, mais qu'il fallait se garder de «démarches tardives et inconsidérées» dont profiteraient les adversaires de la République.
Le jacobin Dufourny, alors une des lumières du club de l'Évêché, et membre du Département, demandait que les « œuvres de Marat, causes de sa mort, fussent ensevelies avec lui, afin que la postérité pût juger s'il avait mérité une mort aussi cruelle ».
L'anarchiste Varlet eut un beau succès d'oraison funèbre. « Citoyens, clama-t-il, lorsque Marat, décrété d'accusation, revenait en triomphe aux Jacobins, après avoir couvert de honte ses calomniateurs, à peine entré dans la salle, des enfants lui offrirent des couronnes. € Elles ne sont faites, dit « Marat en les refusant, que pour les morts illustres et qui ont « bien mérité de la patrie... » Citoyens, Marat n'est plus, Marat a bien mérité de la patrie ; et je dépose la couronne sur le front de Marat. »
Le Rapport au Conseil général, auquel nous empruntons cette description enthousiaste, concluait en ces termes: < Il a été inhumé à l'endroit même où, rassemblant le peuple autour de lui, il lui lisait ses feuilles et faisait passer dans tous les coeurs le patriotisme qui l'enflammait *. »