‹ Le Père Duchesne. Hébert et la commune de ParisChapitre 120 sur 165 · Dictées de Napoléon à Sainte-Hélène · texte numérisé non relu

Dictées de Napoléon à Sainte-Hélène

manuscrite de Louis XVIII, qui affirme l'existence d'intelligences secrètes entre Hébert et Marie- Antoinette, ou les agents de cette princesse. Le futur roi de France parle, d'après les confidences de l'abbé Edgeworth, de l'entrevue d'une Anglaise,

— M"# Atkins,qui voulait faire évader le Dauphin — avec la reine à la Conciergerie.

« Elle arriva à Paris, où elle alla trouver Hébert, qui lui avait eu des obligations pendant le séjour qu'elle avait fait en France ; et, avec une grosse somme, elle le détermina à la faire entrer pour un instant à la Conciergerie ; la frayeur qui lui prit en passant le guichet fut si grande que ce fut à peine si elle put distinguer la figure de la reine, qui, effrayée de son côté, refusa de prendre le billet, mais s'y détermina enfin, et le lut en tremblant. Au moment où elle allait répondre, Hébert cria : le temps est fini ; et elle fut obligée de sortir *. »

Est-co vraisemblable ? Rappelons avec quelle âpreté Hébert dénonçait, soit à la Commune, soit aux Jacobins, soit enfin dans le Père Duchesne, les tentatives d'évasion qui se multipliaient à la Conciergerie. La prétendue corruption d'Hébert par des agents monarchistes, que signala Camille Desmoulins dans son Vieux Cordelier et dontCouthon devait reprendre la thèse à la tribune de la Convention, se trouve précisée par Mallet du Pan dans ses Souvenirs. Hébert avait reçu un million pour faire évader la reine, et il aurait dit, en le touchant :

— Si je ne peux pas la sauver, je la ferai périr *.

La version donnée par M. de Beauchesne n'est guère dissemblable. « On prétendit qu'un complot avait été ourdi entre M1" la comtesse de Rochechouart et Hébert pour faire évader la famille royale ; que, déjà, Hébert avait, pour récompense de son adhésion à ce projet, touché un million payé par les princes coalisés et qu'un autre million lui devait être compté après le succès. Puis on assurait que, la peur ayant saisi le traître, il avait lui-même dénoncé la conjuration *. »

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