‹ Le Père Duchesne. Hébert et la commune de ParisChapitre 124 sur 165 · Aulard. Là Société de* Jacobins. Séance du 28 octobre · texte numérisé non relu

Aulard. Là Société de* Jacobins. Séance du 28 octobre

C'était la négation de toute justice. C'était l'arrêt de mort des Girondins.

Le 30 octobre, à six heures du soir, l 'ex-marquis Antonelle usait, au nom du jury, d'un droit que devait invoquer désormais cette nouvelle magistrature, par lassitude, par obéissance, ou par haine, dans tous les grands procès soumis à sa juridiction.

Les Girondins, reconnus coupables par un verdict unanime, furent condamnés à mort.

— Ah ! s'écria Camille Desmoulins, qui assistait à l'audience, c'est mon Brissot dévoilé, c'est moi qui les tue 1 !

Certes, l'inique et terrible pamphlet du fougueux dantoniste avait cruellement blessé la Gironde; mais c'était Hébert qui avait retourné le fer dans la plaie et lui avait distillé le venin dont elle allait mourir.

Aussi, par une juste compensation, le tortionnaire devaitil recevoir, lui aussi, de la main de Camille, le coup fatal qui le « marquerait » à son tour pour la guillotine.

Comme Louis XVI, Marie- Antoinette et tant d'autres condamnés frappés par la hache révolutionnaire, cette théorie de nobles victimes trouva d'éloquents historiens qui racontèrent, avec une émotion pénétrante, bien qu'inexactement documentée, ses heures de prison et sa marche au supplice. Tous s'inclinèrent devant une infortune que la Fatalité antique n'eût jamais imaginée. Il était réservé au Père Duchesne de l'insulter avec sa bassesse coutumière. Ce lui fut une « grande joie », lorsqu'il « vit défiler la procession des Brissotins pour aller jouer à la main chaude place de la Révolution >. Suivant une fiction dont il commençait à abuser, il s'était introduit dans la prison « en matador de Londres >, — Brissot était vendu au « jockey Pitt » et à « l'âne du Hanovre * » — pour examiner de plus près les patients. Malgré « qu'il fit un temps du diable », il les suivit, comme la hyène ou le chacal qui flaire dans le vivant le cadavre: au reste, celui de Valazé, le suicidé qui avait précédé ses amis dans la mort, accompagnait le funèbre cortège. Et le Père

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