‹ Le Père Duchesne. Hébert et la commune de ParisChapitre 133 sur 165 · Annales de U République française · texte numérisé non relu

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s'est formé un grand complot, au sein des Jacobins, de la Convention et du Comité de Salut public « pour perdre les patriotes et s'emparer de l'autorité». Robespierre est chargé de dénoncer Hébert à l'Assemblée Nationale et de le faire arrêter avec Ghaumette, Pache... oui, Pache qui a l'estime de Robespierre lui-même ! Au reste ce système de calomnies se généralise. Ainsi, l'on disait que Danton était retiré en Suisse, « chargé des dépouilles du peuple >. Or, Hébert Ta rencontré aux Tuileries ; et, € puisque Danton est à Paris, il faut qu'il vienne s'expliquer aux Jacobins. Tous les patriotes se doivent de démentir les bruits injurieux qui se propagent sur leur compte...» Mais, aussi, les ennemis du peuple doivent périr ; et cette transition permettait au venimeux Hébert de réclamer une fois de plus « l'anéantissement des complices de Brissot »et « l'extinction de la race de Capet ».

Momoro, qui lui succéda à la tribune, reprit la fable du complot contre les patriotes. A la section de Marat, on répandait le bruit que Pache, Chaumette, Hébert, Dufourny et luimême Momoro étaient arrêtés. Sa conclusion était celle du précédent orateur : il faut poursuivre les aristocrates et surtout les prêtres *.

Ce fut alors que Robespierre demanda la parole pour prononcer ce discours sur ou contre l'athéisme, que des aphorismes, restés célèbres, et surtout son affirmation de l'existence d'un Être suprême ont rendu classique.

La déclaration de guerre jetée par Momoro aux prêtres, le ressentiment toujours vivace de l'injure faite par Hébert à Laveaux avaient fouetté la bile de Robespierre. Une phrase de son adversaire lui sert d'exorde.

— Est-il vrai, s'écrie-t-il, que nos plus dangereux ennemis soient les restes impurs de la race de nos tyrans?

Et tout son discours est le développement de cet argument ad hominem,

— « Est-ii vrai encore que la principale cause de nos maux soit le fanatisme ? Le fanatisme I... Il expire... Vous craignez les prêtres! Et ils abdiquent!... »

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