‹ Le Père Duchesne. Hébert et la commune de ParisChapitre 139 sur 165 · Méais. La vérité tout entière, etc · texte numérisé non relu

Méais. La vérité tout entière, etc

Vincent, fils du portier de la Conciergerie, clerc chez un avocat au Conseil, puis chef de bureau à la guerre, sous le ministère de Pache, avait été chassé par Beurnonville et réintégré par Bouchotte comme secrétaire général. C'était le plus brutal des hommes et le pire des despotes. Tout le monde, au ministère, dit Prudhomme, le saluait chapeau bas ; et il ne se passait pas de jour qu'il ne fût ivre l.

Elle n'était pas moiadre la responsabilité de Ronsin comme général de cette armée révolutionuaire *, qui avait si bien exécuté, à Lyon, les fusillades « foudroyantes », que devait célébrer, quelques jours plus tard, à la Convention, Collot d'Herbois. Ronsin ne s'était d'ailleurs jamais illusionné sur la valeur de ses soldats.

— Votre état-major, lui disait-on, se conduit fort mal. Aux spectacles et partout, il exerce une tyrannie exécrable ; il bat les femmes, met leurs bonnets en pièces. Votre troupe pille, viole, massacre.

— Que voulez- vous que j'y fasse? répliquait le cynique général. Je sais comme vous que c'est un ramassis de brigands ; mais il me faut de ces gens-là pour mon armée révolutionnaire. Trouvez-moi des honnêtes gens qui veuillent faire ce métier.

Le Conseil exécutif ne chercha pas autrement à couvrir cette poignée de malfaiteurs. Mandé, le lendemain de leur arrestation, devant l'Assemblée Nationale, il se défendit, par la voix de son président Deforgue, d'avoir voulu « rivaliser de pouvoir avec la Convention », mais promit de « livrer les agents coupables à la rigueur des lois ».

— Ils sont arrêtés, déclare Gohier, ministre de la Justice. Leur incarcération appelait fatalement une démarche des

victimes de ces bandits, démarche qui devait être taxée de manœuvre contre-révolutionnaire. Le 20 décembre (30 frimaire), un certain nombre de femmes vinrent, à la Convention, renouveler des sollicitations déjà présentées huit jours auparavant. Elles réclamaient la mise en liberté de leurs parents. Robespierre prit ombrage de ces larmes et de ces

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