Révolutions de Pari*, n
2. Révolalions de France, n* 86. — Camille Desmoulins affirme que c'était une comédie jouée entre La Fayette et ses prétendus assassins.
3. Archives Nationales, W. 294, 235. Notes et pièces justificatives.
un croquis très vivant de la scène. La suscription en est adressée à « M. le maire de Paris ».
Messieurs,
Nous allions partir quand on vint nous avertir qu'un aide de camp de M. de La Fayette était retenu à l'hôpital du Gros-Caillou et en grand danger d'être tué, que d'ailleurs il y avait un grand rassemblement d'hommes et de femmes sur l'autel de la Patrie et autour. Nous nous sommes transportés au Champ de la Fédération, — le général est toujours avec nous, — nous avons reçu une députation des citoyens rassemblés. C'étaient ceux composant le club des Cordeliers, mais réunis paisiblement et sans armes pour signer la pétition à l'Assemblée Nationale. Nous sommes allés au milieu d'eux nous en assurer. Ils nous ont donné parole de se retirer à mesure qu'ils signeraient. La garde est restée pour les protéger. Ils sont en tout aux termes de la loi et heureusement nous n'avons été obligés de déployer aucune rigueur. On a arrêté quelques particuliers qui insultaient la garde. Les membres du club doivent envoyer avec nous une députation au Corps municipal. Aussitôt que tout sera tranquille, nous retournerons vers vous, messieurs, et nous vous ferons un récit plus circonstancié. De la maison de M. Larive au Gros- Caillou à quatre heures moins un quart.
J.-J. Leroux, J.-J. Hardy, Regnàult.
Entre temps, le président de l'Assemblée Nationale et le maire de Paris échangeaient de nombreux messages. Celuilà signalait à Bailly l'assassinat du matin qui avait si fort ému les constituants ; et le maire répondait à cette communication par une expédition de l'arrêté qui envoyait trois commissaires au Champ-de-Mars et par la première dépêche que la Commune avait reçue de ses délégués. L'optimisme de ceux-ci avait été de courte durée. Les courriers se succédaient à l'Hôtel de Ville, porteurs des nouvelles les plus inquiétantes 1 ; on venait d'amener à la municipalité quatre
1. A.N. W. 294,395. Procès BaUly (Extrait des registres des délibérations dn Corps Municipal).
factieux, arrêtés pour avoir lancé des pierres à la garde nationale; l'un d'eux avait encore sur lui un pistolet chargé 1 ; et la place de Grève s'emplissait de citoyens manifestant à haute voix leurs alarmes. L'Assemblée Nationale, le département pressaient la Commune d'agir.
Enfin, à quatre heures et demie, « le Corps municipal se détermine aux mesures do rigueur que la loi lui prescrit et que l'Assemblée Nationale lui a commandées 1 ». Le procureur de la Commune prend ses réquisitions ; et il est entendu que la loi martiale « sera publiée » sur l'heure et que < le Corps municipal transportera ses séances à l'Hôtel de l'École militaire pour remplir ses devoirs ».
Aussitôt le drapeau rouge est arboré à l'Hôtel de Ville. Soudain, apparaissent les trois députés, accompagnés de douze pétitionnaires qui viennent réclamer à la Commune la mise en liberté de deux citoyens arrêtés contre toute justice au Champ-de-Mars.
Ici, nous nous trouvons en présence de deux documents officiels, authentiqués l'un et l'autre par la signature de deux greffiers différents, documents absolument contradictoires. Il s'agit du rapport des commissaires à leurs collègues.
L'Extrait des registres des délibérations du Corps municipal (pour copie conforme Coidlombeau) mentionne qu' « ils avaient dit aux pétitionnaires que leurs démarches étaient contraires à la loi et tendaient à troubler l'ordre du public >. Toutefois, ils n'avaient pas cru devoir refuser aux délégués de ces pétitionnaires de les accompagner jusqu'à l'Hôtel de Ville. Or, une note en accolade, dont le paraphe est illisible, mais dont l'écriture nous paraît celle de Chau mette, dit en propres termes : <c Cette rédaction perfide de Dejoly est en contradiction avec le rapport n* 2. »
Le rapport n" 2 est en double exemplaire dans le procès de Bailly ; l'un d'eux porte au commencement : « J'atteste que