‹ Le Père Duchesne. Hébert et la commune de ParisChapitre 21 sur 165 · Moniteur · texte numérisé non relu

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î,3. Mémoires de la Société historique du CAer,1888.— Article de M.André Mater : Hébert avant la journée du 10 août.

déférence pour sa sœur atnée, Hébert lui demande « son agrément » à son mariage. Pour la même raison, il écrit c à la Boissière », le village où demeure son autre sœur. N'était « l'urgence (?) >, il les eût invitées à la noce « quoique nous n'en fassions point... Je crois devoir remettre ce voyage qui sera plus agréable pour toi quand nous serons un peu arrangés. » Il ne tarit pas d éloges sur le compte de sa fiancée. Elle est très spirituelle : « Dans le vieux style, je dirais que c'est une personne comme il faut, mais comme on m'a assuré que tu es aussi patriote que moi, je ne me sers que des expressions constitutionnelles... »

Ici, le journaliste laisse passer le bout de l'oreille et bientôt entonnera le chant de victoire :c Le sort s'est enfin lassé de me persécuter, et, à force de constance, j'ai su me faire un état agréable et lucratif. Je fais maintenant des journaux dont je t'enverrai tous les jours un exemplaire. Je suis, en outre, intéressé dans une entreprise qui doit me rapporter beaucoup, et, ce qui est beaucoup plus heureux, c'est que je ne dois toutes ces ressources qu'à mon patriotisme qui m'a fait beaucoup de partisans. »

Hébert demande à sa sœur, par la même occasion, son extrait de baptême et autres papiers nécessaires pour le mariage qui doit se célébrer incessamment. Et sa lettre se termine sur ce renseignement indispensable : « Mon adresse est : à M. Hébert, rédacteur du Journal du Soir et l'un des rédacteurs-traducteurs des séances de l'Assemblée Nationale dans toutes les langues, rue Basse-Saint-Denis, n° 11, à l'imprimerie de Tremblay. »

Que n'a-t-il daté aussi soigneusement sa lettre ? On serait fixé sur le jour précis de son mariage, alors que ses biographes ignorent si l'union, associant sa vie à celle de la femme qui lui avait « donné la préférence » sur de nombreux rivaux, eut lieu vers la fin de 1791 ou dans les premiers jours de 1792.

S'il faut e.n croire les Souvenirs de Desgenettes, « son compatriote et presque son condisciple »,ce serait bien en 1791 qu'Hébert aurait épousé Marie-Marguerite-Françoise Goupil. Car, le jeune docteur a noté, avec précision, dans quel-

les conditions et dans quelles circonstances il retrouva un camarade, depuis longtemps perdu de vue. Il l'avait rencontré place de Grève, ou mieux sous l'arcade Saint-Jean, vers la fin de 1791. Hébert qui lui avait voué, comme nous lavons vu, une profonde reconnaissance, depuis que Desgenettes l'avait hébergé chez les traiteurs de la rue de la Parcheminerie, de la rue de Maçon, et de la grille du Carrousel, Hébert lui apprit son mariage avec une femme «jeune et fort spirituelle ». Le nouveau ménage « demeurait rue Saint-Antoine, en face du passage de ce nom qui débouche rue du Roi-de-Sicile ».I1 logeait au troisième étage; et, en raison de la multiplicité de ses occupations, Hébert ne se trouvait chez lui que « pour dîner et pour coucher». Mais Desgenettes, dont il sollicitait une visite que son compatriote mit du temps à lui rendre, était assuré de rencontrer toujours Mm* Hébert dans son appartement.

Françoise Goupil, que Prudhomme 1 traite de « grande araignée » et qu'il déclare fort laide, était plus âgée que son mari. Elle était née à Paris, en 1756. Élevée au couvent de la Conception de la rue Saint-Honoré, elle y avait pris le voile. Lorsque, en juin 1790, des commissaires vinrent, aux termes de la loi, signifier à la communauté la suppression des vœux monastiques, vingt-trois religieuses sur vingtquatre répondirent qu'elles « voulaient rester dans leur clôture ». Seule, Françoise Goupil réserva sa décision. Le \m juillet 1791, son nom ne figurait plus sur l'état dressé par la municipalité \

Elle aussi avait adopté avec enthousiasme les idées nouvelles. Elle s'était affiliée à la Société fraternelle des deux sexes, qui tenait ses séances, trois fois par semaine, dans une salle basse du couvent des Jacobins. Ce fut là qu'Hébert la connut. € Un beau délire révolutionnaire, dit plaisamment Prudhomme, s'empara du couple ; et ils furent en face du peuple qui cria bravo. »

Le même Prudhomme, dans son animosité contre Hébert

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