‹ Le Père Duchesne. Hébert et la commune de ParisChapitre 22 sur 165 · PauDHOMMB. Crimes de La Révolution» t. V, p · texte numérisé non relu

PauDHOMMB. Crimes de La Révolution» t. V, p

2. G. LkiOtab. Vieilles maisons, vieux papiers, f série, la Mère Duchesne.

LE PÈRE DUCHESNK

(histoire de boutique!) qu'il prétend, bien à tort, « sans lecture et préférant la table à l'étude », Prudhomme donne une explication singulière de cette union. « Hébert, dit-il, se maria plutôt pour avoir l'air de faire acte de civisme que par estime et par amour de sa femme. >

Nous croyons, nous, qu'il obéit à un tout autre sentiment.

Et d'abord il peut sembler étrange que ses actes contredisent aussi formellement ses paroles. Comment cet homme, qui était un fanfaron d'athéisme et se posait en adversaire déclaré des calotins, qui se vanta publiquement, au club des Cordeliers, dans la séance du 2 brumaire an II, d'avoir tenu tête, dès l'âge de seize ans, aux dévots S et qui ne cessait de recommander aux lecteurs du Père Duchesne de fouetter les dévotes, comment cet homme eut-il l'idée d'aller épouser une religieuse, même défroquée?

C'est qu'Hébert, qui n'était cependant ni un inconscient, ni un malade, éprouvait le sadisme particulier aux ultrarévolutionnaires, qu'enivrait la vue de ces femmes, les premières par la naissance, par la beauté, par la fortune, et poussées par eux sous le couteau de la guillotine. Il faut voir avec quelle volupté impatiente il aspire au supplice de la tigresse d'Autriche, de la grosse Babet (M— Elisabeth) de la reine Coco (M"" Roland), de la Du Barry. Et ce sentiment de curiosité cruelle dut assurément le hanter, le jour où il connut le passé de Françoise Goupil, une de ces nonnes î ur lesquelles il appelait si souvent l'outrageante brutalité de la populace. Par un de ces contrastes que peut seul expliquer le délire des sens, il voulut pénétrer le mystère de ce caractère sacré qu'il avait bafoué si indignement sous le voile et sous la guimpe immaculés.

1. QuéwARD. Portraits des personnages célèbres de la Révolution, III, 69.

Etat moral d'Hébert dans les premiers mois de 1792. — Nouvelles violences du Père Duchesne. — Comparution d'Hébert devant le juge Buob. — Son acquittement en police correctionnelle.

Le nouveau ménage s'installait dans des conditions de bien-être qu'Hébert n'avait pas encore connues. Françoise Goupil apportait en mariage, outre son patrimoine, une rente de 600 livres que lui servait le vicomte Le Veneur de Carrouges, et sa pension de 700 livres, comme religieuse sécularisée, sur la caisse des biens nationaux \ Aussi Hébert nageait-il littéralement dans la joie. La lettre qu'il écrit à sa sœur, quelque temps après son mariage, est des plus caractéristiques et des plus instructives. Son bonheur conjugal, ses affaires d'intérêt, ses préoccupations d'avenir, ses relations familiales à Paris et son désir d'évangéliser Alençon s'amalgament, au hasard de la plume, dans cette épttre quelque peu décousue, seul document que nous possédions sur la vie intime d'Hébert dans les premiers mois de 1792 :

« Je suis bien portant et heureux, écrit-il. Uni à une femme qui réunit toutes les bonnes qualités aux charmes de l'esprit, dont l'éducation est achevée, le caractère parfait, je mène la vie la plus douce et la plus paisible. Mon contentement n'est troublé que par les sollicitudes que me donne l'intérêt de ma patrie que j'aime au delà de toute expression. Souvent mes discours et mes écrits m'attirent des

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