Le Pire Duchesne, n« 157 i. Le Pire Duchesne, n
Le Pire Duchesne, n# 159.
nette du socialisme d'État. Hébert se demande donc ce que devraient faire les nobles, les propriétaires, les riches, s'ils aimaient réellement la Constitution. « A leur place, ditil, je ferais venir moi-môme le blé qui me nourrit ; et, pour cela... j'aurais assez de la millième partie de ce que je possède ; je partagerais le reste aux malheureux, ou « je le rendrais à la patrie à laquelle je l'ai usurpé > Mais les aristocrates aiment mieux s'entendre avec les financiers et les boutiquiers pour « manigancer > la contre-révolution. Et cotte conclusion revient s'imposer : « Il faut purger la France de cette vermine. »
La théorie du collectivisme appelait fatalement celle de l'internationalisme. Dans un réquisitoire très violent contre La Fayette, le Père Duchesne félicite l'Assemblée Législative d'offrir des pensions aux déserteurs de l'armée ennemie. « Les Français veulent que toutes les nations ne forment plus qu'une famille \ >
Dans une tonalité moins brutale, mais avec une conviction peut-être plus réelle, Marie-Françoise Goupil partageait « les joies et les colères », les espérances et les ambitions de son époux. Sa lettre du 24 juillet 1792 8 à « M1U Hébert l'aînée » est comme un écho, mais très atténué, de Facrimonie du Père Duchesne.
Elle promet à sa belle-sœur qu'elle recevra désormais fort exactement les publications de son frère, maintenant que celui-ci, « la droiture même »,est débarrassé de son associé « le plus grand coquin de Paris ». Puis, un détail intime : elle est enceinte de trois mois. Elle dit comme elle est heureuse et fière d'avoir un tel mari. Elle donne ses impressions personnelles sur les dangers qui menacent la patrie, sur les trahisons de la Cour, des chefs de l'armée, des membres de l'Assemblée Législative. Mais elle ne désespère pas. IJ est encore des députés incorruptibles qui sauront dire à leurs collègues que le salut de la France est entre leurs