Feuille de Paris. Séance du 16 décembre
guillotine ? Les membres du Conseil général applaudirent le lazzi d'Hébert et confirmèrent le vote de la Commission
Ces glorieux vainqueurs de l'aristocratie enjuponnée capitulaient, par contre, devant l'indiscipline et devant l'émeute: il fallait sauver avant tout sa popularité. Des cavaliers de l'Ecole Militaire, qui devaient être versés dans la troupe de ligne, entendaient rester cavaliers volontaires de la République, « brûlant, sous ce titre, de combattre la tyrannie >. Us demandaient en outre le licenciement de leurs officiers, dont le civisme leur était suspect.
Le médecin Chambon, alors maire de Paris, fait observer à ces cavaliers, qui sont venus présenter eux-mêmes leur pétition, que l'exécution de la loi est le devoir strict du Conseil.
— Mais, réplique un volontaire, nous ne sommes engagés que pour le service de la Commune de Paris.
Aussitôt, Chaume tte prend en main la cause des rebelles ; il veut qu'on insère au procès-verbal leur pétition avec mention honorable ; démenti éclatant du projet qu'on leur prête de ne rester à Paris que pour y servir les intérêts d'une faction.
Hébert va plus loin : il exige une enquête sur les officiers qui n'ont plus l'heur de plaire. Santerre, nous l'avons vu, avait parfois des éclairs de bon sens ; il admet, à la rigueur, qu'on dresse la liste des officiers taxés d'incivisme ; mais il exige l'exécution de la loi, d'autant que la plupart de ces volontaires poussent le civisme jusqu'à l'indiscipline \
Toutefois, l'attention du Conseil, un instant détournée par l'expédition de ces menues affaires, revenait fatalement au Temple et à ses hôtes. Le même jour, Hébert apprenait à ses collègues que, chaque matin, le Journal de Gorsas,— Gorsas, on concurrent l Gorsas, un Girondin ! — était apporté à Cléry.
L* procès du roi, si impérieusement réclamé par le Père Duchesne, allait bientôt occuper la première place dans les préoccupations du Conseil. 11 fallut arrêter les conditions du