ScHMtoT. Tibleuux de la Révolution, tome I, p
HÉBEhT ET LA COMMUNE
de recrutement. Girey-Dupré, toujours si combatif, apportait aux récalcitrants le concours de sa parole ardente, convaincue, mais rarement mesurée.
Depuis quelquesjours déjà, il fouaillait, avec plus d'âpreté que jamais, la Commune et les Jacobins. Aussi, l'un d'eux avait-il invité, dans la séance du 28 avril 4, les lecteurs de Gorsas et de Girey-Dupré, à envoyer leurs journaux du 25 à Hébert, pour que celui-ci les dénonçât à l'accusateur public du tribunal révolutionnaire. Le substitut de Ghaumette, toujours prêt pour les viles besognes, avait obéi; et, le 2 mai, Girey-Dupré lui infligeait cette notoire flétrissure: « Hébert, anarchiste plat et obscène, auteur des Joies et des Colères du Père Duchesne, a promis aux Jacobins un bon réquisitoire contre Gorsas et contre moi, convaincus d'avoir calomnié Marat. Je prie ledit Hébert de ne pas oublier, dans l'acte énumératif de mes crimes, le plus grand de tous, celui de l'avoir défendu quand il était poursuivi par le juge de paix Buob \ »
Girey-Dupré n'on prit que plus vivement à partie la Commune et les Jacobins, assez inquiets de l'opposition faite au recrutement, pour craindre que la nouvelle s'en répandit dans la Vendée, et pour ordonner une répression immédiate à Santerre, qui partait, lui aussi, « ayant entendu la voix de la patrie en danger » Par une audacieuse manœuvre, le journaliste girondin soutint la thèse contradictoire. « Depuis longtemps, dit-il, le républicanisme et l'anarchie sont en présence. Et ce sont les Jacobins qui ne veulent partir que si la Convention leur livre un certain nombre de députés... Ceux qui se refusent à partir sont ceux qui crient le plus haut 4. »
En réalité, les rôfraotaires étaient principalement les fils de famille. Si la perspective d'être égorgés par des « brigands *, qui passaient pour de féroces fanatiques, ne leur souriait déjà que médiocrement, ils s'indignaient plus encore
1. Alxard. La Société des Jacobins (séance du 28 avril 1793).