Séance du Conseil général du 23 mai
2. Chronique de Paris du 24 mai (séance du Conseil général du 22).
au tyran Gapet 1 et annonçait « la dernière heure des serpents de la plaine et des crapauds du marais » \
Le Comité des Douze avait enfin trouvé le prétexte qu'il cherchait pour agir avec promptitude et vigueur.
De même qu'un mois auparavant la Gironde avait voulu atteindre la Montagne dans Marat, auteur du Publiciste de la République française, de même le Comité des Douze, émanation directe de la Gironde, résolut de frapper la Commune dans Hébert, rédacteur du Père Duchesne. Et Ton ne peut nier qu'elle ne visât juste: car, nous l'avons démontré de reste, c'était bien le fonctionnaire qui se confondait avec le journaliste en ces pamphlets ignobles d'une action si immédiate sur le populaire.
Le 24 mai, au soir, après une séance de la Convention, où, malgré l'opposition de Danton qui traite presque ses collègues de poltrons, sont décrétées des mesures extraordinaires de salut public, le Comité lance coup sur coup quatre mandats d'arrestation. C'est d'abord Michel et Marino, les administrateurs de police, accusés d'avoir provoqué le peuple au massacre ; c'est Varlet, «c l'agitateur des boues de Paris », comme l'a surnommé Girey-Dupré, ce Varlet qui prêchait l'insurrection sur les places publiques et dans la tribune des Cordeliers ; c'est enfin Hébert, le substitut du procureur de la Commune, inculpé, non pas seulement, comme on l'a prétendu, pour un, mais pour six numéros du Père Duchesne1,
Hébert était prévenu du sort qui l'attendait. L'instant était suprême. Se dérober eût mieux convenu à sa... prudence native. Mais il eût été plus sûrement perdu. Il savait, au contraire, par l'exemple de Marat, ce qu'il avait à gagner en payant d'audace, d'autant que la clientèle du Père Duchesne tenait à en lire régulièrement les Grandes Joies et les Gran* des Colères.
Hébert arrive donc vers neuf heures du soir, à l'Hôtel de Ville , il entre dans la salle des séances. — On m'enlève à mes fonctions, dit-il à ses collègues ;