Courrier Universel du 10 juin. Séance du
2. Chronique de Paris du 13 juin. Séance du 11. 8. Courrier Universel du 13. Séance du 11.
A. Courrier Universel du 14. Séance du 11.
De son côté, le Père Duchesne ne restait pas inactif. Il avait découvert « une grande conspiration de curés et calotins de Paris », allant répéter partout : « Défiez-vous des sans-culottes; ils veulent vous enlever vos propriétés, ils vont établir la loi agraire... » Et le Père Duchesne répliquait: « Les riches doivent se f... dans la caboche que, si la république ne s'établit pas, tous les propriétaires seront pillés. » Lui qui recommandait aux sans-culottes de « dauber > sur les propagateurs de fausses nouvelles, racontait très sérieusement que « le président de la section du Mont-Blanc venait d'assassiner un patriote » et que « des poissardes postiches avaient parcouru les rues pour forcer les boutiquiers à fermer et à tapisser leurs devantures (le jour de la Fête- Dieu) 1 ». Dans le numéro suivant, le Père Duchesne était plus alarmiste encore. « Jamais, disait-il, nous n'avons été plus près de la contre-révolution » ; et il terminait sur cette déclaration de principes dont la Convention aurait pu, à juste titre, se froisser : « Il n'y a que le Département, la municipalité et les tribunes de Paris qui soient remplis de vrais sans-culottes »
Déjà, en effet, dans la pensée d'Hébert germait cette idée, à laquelle Prudhomme assignera l'heure exacte de son entier développement s, que la Convention devait tout à la Commune et que, par conséquent, celle-ci avait non seulement le droit de primer celle-là, ainsi qu'elle l'avait fait en maintes circonstances, mais encore de l'anéantir.
Par contre, elle avait à ménager une double clientèle d'opinions et d'instincts absolument opposés. Un ancien gendarme de Louis XV,Coste d'Arnobat, qui, par parenthèse, avait été un assez mauvais sujet avant la Révolution4, a constaté, avec une certaine sagacité, l'existence de ces deux courants entre lesquels hésitait la Commune, avançant tantôt d'un côté, tantôt d'un autre. Quelques jours, dit-il, avant le 31 mai, « une
t. Le Père Duchetne, n* 244.
*• Le Père Duchesne, n* 245.