TRAHISON DS RENARDINO
La situation du prince Azor vis-4-vis de Pierrot
devenait de plus en pluj fausse et ridicule, ti. * 6.
-^H fauti ditfil en s'^veUlftfit^le.4()iu]e«iaii^ qu6rJQ> rejtarmine .aujourd'hui B^Si mai, propcevXaakH» owj'yi perdrai mon nom d'Azor* ,
Soudaiaril anaoe saar l>ra6: dkm.Jiiagflk8qiue eimetAi:re^ turc, .dont lui avait fafitipréaent Je^gtawli sultai» Mitslapha» force Piemrtib se. meltee à«^e«^uxtd«Tantr^ lui, et, brandissant son glaive, liii.idéibbaiirge.sEn;la' nuqw un^coup tendble^f
La lôte. disparut.
 la vue d'un si haut fait» d'xrmea, lepdiice A^ioit ne put ré^rimecuniimouvemeiit diorgueil, et, se campant 'fièc&mfint;^ sur la hâ^olu^ jQi^imietierri^Kaii; poing, il posa quelque temps immobile devant ses « gens d'armes.
— A-t-il bientôt fini? murinm^ait tout bas le bourreau, que cet exercice académique commençait à impatienter. — Sire, dit-il ua instant après, excusezmoîtst^ ïToua dârangQ, niais je dois vpmdir^iqaeda tête de votG»:priaonaiet ji;dfôMr«..
U JSBlieSSB DE PIERROT 10S
-*. Ehi venti«bleu ! t j€ ' le sais bien, repartit le prùioequi se cambraMe plus belle.
— Mais cev qiieVoiiSine savezrpas peut-être^ reprît letkotti^Qauv -e'i^si ^qu< il. esi impossible de laretrou-
-«-•Allons àùWi yoiiui plaisaatezA,..Ets xjuillaniâa pi^sethéroïque^j.le priace Â|soins6itBit.Iui^*iQâEtie en quête, mais ne trou^ ridn..
Tout à iCoup'seSi cheveux rouK se dressèrent sur sa tâte,;et ses yeux de\ânnentfixe0ide'.terreur.; ilTeoait d'apereevoir* quelque chose comme) Abb' yeux, un nez et une bouche qui sortaient petit à petit du mir* lieuides^'é^ides. de savietioie^ et repoenaiént .tranquill^ment leur. place acc£M}iumée..G!étaiti la: tète qufHlteherchaikl, cette/ môme t tète iqnïl croyaÂtu avoîn ceiiipée,^mais que PiQnret^:>pa]r.uD!p(C06édâ connu de lui -seul, amt sublâemMit rentrée saineietsauviedana Us f)rofoQdeuiî8^de'Bon;pour|>oint.
A cette vue» le.prmce.A2er couipritqalH anaitétd
siupide, et son humiliation fut telle, qu'il laissa tomber son cimeterre, dont la lame se brisa comme verre sur le pavé, tant elle était de pur acier. ■
— Sire, dit alors le bourreau, voulez-vou§ que cet homme périsse? Oui, n'est-ce pas? Eh bien ! laissezmoi faire, je veux être pendu s'il en échappe celte fois.
— Topez là, mon braye, dit Pierrot en lui. frappant dans la main; c'est convenu.
A l'instant m*ême, la potence fût dressée dans la cour du château et Pierrot hissé sur la plate-forme, dont le plancher devait, à un signal donné, manquer sous ses pieds.
Quand il eut terminé ces préparatifs, l'exécuteur monta à Téchelle une corde à la main. Arrivé au-dessus de la plate-forme, il fit au chanvre un nœud coulant, et se pencha pour l'attacher au cou du patient; mais, au moment où il y pensait, le moins, notre héros le prit brusquement par la taille et lui chatouilla si fort les côtes de ses deux mains, que le pauvre dia-
ble, saisi d'un accès de fou rire, lâcha la corde qu'il tenait popr ne pas tomber.
Prompt comme Téclair, Pierrot s'en saisit, la lui passe prestement au cou, puis, d'un pied renverse l'échelle^ de l'autre fait chavirer le plancher de la plate- forme^ et le bourreau, qui riait toujours, se trouva pendu.
— Allons, mon brave homme, lui dit-il, vous avez perdu.
A cet étrange dénoûment, le prince Azor, écumant de rage, allait se précipiter sur Pierrot pour lui percer le flanc de son poignard, quand un homme^ couvert de poussière et ruisselant de sueur, entra dans la cour du château, arrêta le prince au passage et lui remit un message. *
— De la part du seigneur Rénardino, dit-il, prenez et lisez.
Le prince Azor rompit le cachet et lut.
— Vivat! s'écria-t-il en jetant son turban en l'air; vivat I la Bohême est à nous I -y
Le messager s'avança alors pom* lui faire reniar- ^
quer qu'il y avait à la lettre un postas: riptunu
■—Diable! dit le prince en se grattant Toreille, le juif me demande trois cent mille sefuins... Mais, après tout, ce n'est pas trop cher pour un royaume. Allons, soldats, aux armes, aux armes!
A ce jsignal, tout le château fut eu graad tumulte ; on ne songea plus à Pierrot, qui s'esquiva, ni an bourreaUy qui resta pendu; ce qui fut d'ailleurs un grand contentement pour les. sujets du prince Azojc, qui l'avaient.en. exécration^
Pendaat.que ceci se. posait, le ^oifde Bohême. se, mettait à table dans sou. palais, en «ompagpiede. Pleur-d'Amandier, du grand. jiÛMStoe. Remiidino' et. de CœuiHl'Or, qui av^it été nommé rgénéralissime des troupes du royaume.
Le repas fut morne et silencieux ; le vieux monarqi^e , qu'on n'avait pas vu rire une seule fois depuis l'emprisonnement de la reine et. .le .départ ,dô. Pierrot^.
LA JEUNESSE BE PiEBROT 107
était ce soir-là plus triste . encore qu'i Tordinaire,
Il avait rêvé toute la nuit qu'il était mort de mort violente et qu'on Tenterrait.
Ses convives .n'avaient pas envie de rire plus que lui. Fleur-d'Amandier, toute rêveuse, songeait, à sa mère, et Cœur-d'Or à Fleur-d'Amandier.
Le seigneur Renardino lui-même paraissait fort inquiet, et, l'oreille penchée vers la porte, tressaillait au moindre bruit qui venait du dehors.
Soudain l'huis s'ouvrit à deux battants, et la vieille mendiante du chemin apparut sur le seuil.
— Fleur-d'Amandier, Gœur-d'Or, dit-elle, venez avec moi; Sa Majesté la reine vous mande auprès d'elle.
Au nom de sa mère, FJeur-d'Amandier se leva de table, cowrut embrasser son père et sortit. Cœurd'Or marcha derrière elle ; la porte se referma. .Le seigneur Renardino resta seul avec le roi.
— Ma foi, dit en lui-môme le grand ministre,
408 LE rÈHE GIGOGNE
cette vieille sorcière ne pouvait arriver plus à propos pour me débarrasser de ces importuns, et tout va le mieux du monde.
Allons, sire, ajouta-t-il tout haut, chassez de votre esprit les sombres pensées qui l'assiègent, et versezvous de ce généreux vin de Hongrie, qui n*a pas son pareil entre tous les vins de la terre. A la bonne heure ! Maintenant, trinquons à Textermination pro< chaine du prince Azor et à la prospérité de.votre (maison.
Le roi porta automatiquement le verre à ses lè-
Tres et le vida d*un-seul trait. — Ahl mon Dieul
fit-il, et il tomba à la renverse dans son fauteuil, comme s'il eût été frappé de la foudre.
— Très-bien I dit le Seigneur Renardino en se frottant les mains, la poudre a produit son effet. A présent, accomplissons notre promesse.
Et, tirant des cordes de sa poche , il garrotta le roî de la tête aux pieds.
Si le crime abominable qu'il commettait De Tavail absorbé tout entier, le méchant homme eût pu voir encadrés dans l'œil-de-bœuf qui était en face de lui une figure toute blanche et des yeux démesurément , ouverts qui suivaient tous ses mouvements avec une expression d'étonnement mêlé d'horreur.
C'était Pierrot qui était revenu à toutes jambcjs de la cour du prince Azor, et dont le premier soin, en entrant au palais, avait été de voir ce qui se passait dans la salle des festins.
Tout à coup des cris se firent entendre : un bruit de pas, accompagné d'un cliquetis d'épées, retentit dans les galeries du palais, et le prince Azor, ouvrant brusquement la porte, se précipita vers le seigneur Renardino.
— Où est le roi? demanda-t-il à voix basse.
— n est là, dans ce fauteuil, pieds et poings liés, répondit Renardino.
— Par ma bosse 1 vous êtes un homme de parole.