‹ Le père Gigogne, contes pour les enfantsChapitre 27 sur 44 · II- n · texte numérisé non relu

II- n

206 LE PÈHE GIGOGNE

Et» en disant cela, il pensait :

— La forêt est pleine de bêtes fauves; elles Tauront bientôt dévorée»

Cependant un poids bien lourd loi était enlevé de dessus le casar^

Un jeune daim se leva : le chasseur lui envoya une Ûèche et le tua ; puis il rouTrit, lui prit le cœur, et rapporta à la reine»

La reine, croyant que e'était le cœur de Blanche de Neige, le fit manger à ses ehiena, ainsi qu'elle Tavait dit.

Quant à la pauvre enfant» elle était donc restée seule dans la forêt, comme elle l'avait promis : elle se mit à fuir, et coimit tant qu'elle eut de forces.

Mais les ronces s'écartaient devant ses pas, et les bêtes féroces la regardaient passer sans lui faire aucun mal*

Vers le soir, elle aperçut une petite maisonnette.-

BLANCHE DE NEIG£ ^7

Il était temps; ses jambes ne pouyaient plus la porter.

La maisonnette était charmante : située dans un site pittoresque, avec une source à dix pas d'elle et de beaux arbres fruitiers dans un jardin.

La jeune ûlle but quelques gouttes d'eau à la source dans 1^ creux de sa main, et entra dans la maisonnette pour se reposer.

# La porte en était poussée seulement.

Tout était petit dans oette maison, mais tout y était propre et net au dernier point. H y avait une petite table couverte d'une nappe, et, sur cette nappe, sept petites assiettes.

Chaque assiette avait sa petite cuiller, son petit couteau, sa petite fourchete et son petit gobelet.

A la muraille étaient adossés sept petits lits, avec des draps blancs comme neige.

. La jeune fugitive, qui avait grandïaim, mangea, sur une des petites assiettes, un peu de légumes

et du pain, but une goutte de vin dans un gobelet ; car elle ne voulait pas tout manger et tout boire, ce qu'elle n'eût point eu de peine à faire, si elle eût mangé et bu à son appétit.

Puis, comme elle était fatiguée, elle s'avisa à se coucher dans un des lits.

Mais aucun des six premiers lits ne lui convenait : l'un était trop court, l'autre était trop étroit.

Il n'y eut que le septième qui*lui allât bien.

Elle s'y coucha, et, après s'être recommandée à Dieu, elle s'endormit.

Quand la nuit fut tout à fait venue, les sept maitrès rentrèrent.

C'étaient sept nains, qui exerçaient la profession de chercheurs de minerai dans la montagne.

Ils allumèrent sept lumières, et alors ils virent que quelqu'un était venu, car rien n'était plus dans le môme ordre où ils l'avaient laissé.

Le premier dit :

— Qui s'est donc assis sur ma chaise?

Le second dit :

— Qui donc a mangé dans mon assiette?

Le troisième dit :

— Qui donc a grignoté mon pain?

Le quatrième :

— Qui donc a mangé ma part de légumes?

Le cinquième :

— Qui s'est servi de ma fourchette?

Le sixième :

— Qui a coupé avec mon couteau?

£t le septième :

— Qui a bu dans mon gobelet?

Alors le premier regarda tout autour de lui, çl s'aperçuf que quelqu'un était couché dans le lit du septième nain, qui était le plus grand de tous.

— Tiens ! demanda-t-il à son camarade, qui donc

est couché dans ton lit?

Tous les autres nains accoururent et dirent : II. 12.

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