‹ Le père Gigogne, contes pour les enfantsChapitre 36 sur 44 · II. U · texte numérisé non relu

II. U

2Ââ LE PÈAE GIGOGNE

Il va sans dire que le roi ne parla pas plus de la condition à Taide laquelle il avait un instant tenu son lièvre que la princesse n'en avait parlé eUemôine.

— C'est absolument comme moi, dit la princesse, je n'ai pu obtenir un de ses lièvres ni pour or ni pour argent.

Le soir, le berger revint avec ses lièvres; il les compta devant le roi : il n'y en avait ni un de plus ni un de moins; ils furent remis au ministre de l'intérieur, qui les fit rentrer dans leur écurie.

Le roi dit alors :

— La première épreuve est résolue. Il s'agit maintenant de triompher «de la Seconde.

Fais bien attention, jeune homme.

Le berger prêta l'oreille.

— J'ai là-haut, dans mon greniçr» continua le roi, cent mesures de petits pois et dent mesures de lentilles ; lentilles et pois sont mêlés les uns avec les

LE SIFFLET ENGHANIÉ 243

autres; si tu parviens cette iruît à les séparer sans lumière, tu auras résolu le second proWème.

— fen fais mon affaire, répondit le berger.

Et le roi appela son ministre de l'intérieur, qui le conduisit au grenier, l'y enferma et remit la clef au roi.

Comme il faisait déjà nuit et que, pour une pareille besogne, il n'y avait pas de temps à perdre, le berger prit son sifflet et siffla.

Aussitôt accoururent cinq mille fourmis, qui se mirent à remuer les lentilles et les pois jusqu'à ce qu'ils fussent séparés en deux tas.

' Le lendemain, le roi, à son grand étonnement, vit que le travail était accompli ; il eût bien voulu faire des difficultés, mais il n'y avait pas la plus petite objection à élever.

n lui [fallait donc compter sur cette chance passablement douteuse, après les deux premières victoires, que le berger succomberait dans la troisième épreuve.

Cependant, comme elle était la plus rude de toutes, le roi ne désespéra point.

— Il s'agit maintenant, lui dit-il, de te rendre, à la nuit tombante, à la paneterie du palais, et de manger en une nuit le pain cuit pour toute la semaine; si demain matin il n'en reste pas une miette, je serai content de toi et tu épouseras ma fille.

Le soir même, le jeune berger fut conduit à la paneterie, lac[uelle était tellement pleine, qu'il n'y restait qu'une toute petite place vide près de la porte.

Mais à minuit, lorsque tout fut tranquille dans le palais, le berger prit son sifflet et siffla»

Aussitôt accoururent diz mille souris qui se mirent à ronger le pain de telle façon, que le lendemain il n 'en restait plus une miette.

Alors le jeune homme frappa de toutes ses forces à la porte, et cria :

— Dépêchez-vous d'ouvrir, s'il vous plaît; j'ai faim.

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