TINT LA VANITEUSE S
mes ailes en restant plus longtemps près de vous, pour être couvert de votre bave impure.
A ces mots, après quelques jolies évolutions pour faire valoir les brillantes couleurs de ses ailes, le papillon prit son vol et se dirigea vers un endroit où le soleil donnait en plein.
— Oh I oh I dit Tiny en s'envolant de son côté, il me semble qu'ici la vanité a reçu 'une bonne leçon.
Le soleil devint bientôt dévorant, et Tiny se trouva sur des sables brûlants, où elle vit étendue une énorme tortue noire. Elle était si immobile, qu'elle crut d*abord que c'était une grosse pierre noire; mais un imperceptible mouvement de la tête lui prouva qu'elle vivait. Tandis qu'elle restait debout à la considérer, elle la vit tout à coup enveloppée d'une ombre interminable; elle leva tes yeux, et s'aperçut que cette ombre était causée par l'approche d'une immense girafe.
— Eh bien I ma belle petite» dit la girafe, ôtes-vous
donc occupera eontemplër cetta misérable QBéAiiu(e>. qui en vérité pourrait tout aussi bien être unepiecre,, àilaqueile elle ressemble à s'y méprendre. Je ne crois pas qu'elle ait bougé de place depuis des fim% paovre' païqaet presque insensiUe! On ne saurait certes exiger, continua-t-elle en rengorgeant ocgneil^ leus«ment son long cou, que tout^e monde soit créé . auesi beau et aussi gracieux que moi. Non, nonil sans! doute. Toutefois il est impossible de s'abstenir de plaindre une créature aussi complètement déshérité» que celle qui est à nos pieds, qui' semble avoir- élA jetée sur le sable sans pieds pour la porter aillleuig; La tortue i^emua k tête/ leva les yeux^ et dit &.ki girafe d^unevoix lente* et solennelte r
— Animal dfegraeieus et inutile', aveo tes Vongvte» jambes et ton long cou I il est vraînMHi toiste dPmk^ tendire un être, qui- n'existe- qwe quellqués^ années^ parler de sa supériorité I Mes jambes ne* sdoè p» lrès«lo»gu€PS) BiBM je puis les rangera Vàbvi, dé s^rte
(gi0 personne ne me marche sur les orteil& lilûn cou est assez long pour me permettre de regarder encker* hors de ma porte, et pourtant assez court pouir qfxe je puisse rentrer ma tâte à, Tapproehe du davgei;, et . ma vie est si longue, que je me rappelle fort bi^an avoir vu dix ou douze générations de voU*e famiUe, dont les os blanchissent sur les saMes da désert Ainsi donc, que vos longues jambes vous emr portent loin de moi,^ afin que votre vanité n'offense plus mes regards.
Comme les distances n'eifravaient plus Tiny depuis qu'elle avait des ailes, elle vola vers une aubr e partie da inonde où Pair était plus frais» Elle se posa sur des rochers, où se tenait ua vieux pingouin,, en adaération devant les v^ues écumantes qui veiaient se briser à ses pieds»
•^ Voici un petit vent bien frais, dit Tinj»
-«-« JSt très^ortifiant». répliqua le pingouÎA* '^ M ewwe preuve 4a cq qu'il avangaîtt il battiidei^ ailes,
de petites ailes qui ressemblaient à du cuir. — Cet endroit, continua-t-il, est le plus sain et le plus agréable qui soit au monde.
— Vraiment! fit Tiny, ne sachant que dire.
— Ne perdez pas votre temps, petite fille, cria un aigle du haut d'une colline escarpée; ne perdez pas votre temps en mauvaise compagnie; cet animal, moitié oi$eau, moitié poisson, a une «insupportable conversation qui sent l^eau salée. Il est Topprobre de la grande famille des oiseaux. D'abord, il marche tout debout comme |un homme; secondement, en dépit de ses prétentions, il n'a pas ce qui s'appelle une aile; moi, par exemple, je suis le roi des oiseaux, et je puis causer royalement avec vous. Volez donc jusqu'à moi, afin que je vous fasse l'honneur de vous accorder quelques minutes d'entretien.
— Restez où vous êtes, mon enfant, dit le pingouin, je puis être humble et sans grâce, ainsi que l'observe trës*peu royalement ce roi des oiseaux ; mais aprèi»