TINT LA VANITEUSE
— Vous êtes un bohémien, un aventurier campagnard, répliqua le chat. Vous ne possédez pas un seul attribut de la race féline. Où est votre queue , l'ami? Vous, un chat! en vérité!...
— Une queue? fi donc I dit le lièvre ; à quoi cela me servirait-il? Mais, regardez mes superbes oreilles; montrez-moi donc les vôtres, je vous en prie?
Le chat ne daigna pas répondre, mais il se mit à se frotter le nez avec sa patte.
— Vous osez me parler, à moi! poursuivit le lièvre, moi qui suis recherché par les personnages les plus distingués du voisinage, et qui suis l'ornement de la plupart de leurs tables I Je vis grandement sur mes propres domaines, absolument comme le meilleur gentilhomme campagnard de la contrée ; tandis que vous, valet à courtes oreilles et à longue queue, vous vivez de souris et de tout ce que vous pouvez attraper, et vous n'êtes bon, après votre mort, à confectionner aucun mets connu. Ahl ah! ah!
3â6 LE Pi^BE G1G0GK£
un matou,, en vérité! Vous êtes une trappe à souris.
A ces mots, il frappa la terre de son pisd et s'éloigna au trot. Le chat se parlante lui-mônaue,. murmura : — Une espèce L
— Croa ! croa ! fît une grenouille noaloin de là ; Tiny
fut à sa recherche et la trouva assise sur un petit monticule et se chauffant au soleil. Tandis qu'elle l'examinait, un poisson aux yeux brillants et aux écailles d'argent sortît son nez de l'eau, et adressa la parole au gros crapaud en ces termes :
Pour l'amour du ciel, vpus, vilsdne hôte, finissez ce tintamarre ; l'horrible bruit que vous faites eiapéche mes. petits de s'enjdLornûr.
— Fadaise I dit la grenouille qui jouait négjUgemr vsiAVki avec un bulJrrush, si vous n;^ r<MXipez. la» tête.au su|et de vos petits,, j^e vous, chasserai de mooi étangi
— Votre, étang ! en vérité, veptik ! sepaptit Viagueilleux peiBsont;) pAucquoi n'ea pre&ez-voft&s pas
TINT LA. YAKITEUSE 307
po3fi€Ssioa, s'il est à vous? Mais aûn ! vous ne saunez Y demeurer longtemps, Peau en est trop pure pour vous, monstre immonde !
— Ne vftus ipettez pas en colère, mon brave poisson,, répondit la grenouille ; si vous étiez un honune comme il faut,; vous sortiriez de Peau pour venir causée ; mais, vous n'avez pas sur quoi vous tenir, auâsl je vous prends en pitié. Vous êtes une création incomplète, et par conséquent indigne qu'une personne qui se trouve sur son propre terrain s'occupe dfi vous. Je vous permets de dire que l'étang est à vous, car je ne m'en sers que pour me laver.
Le poisson disparui. sans riposter, à cette, impertinence.
Le voL de Tiny la condui&it de nouveau au bord de la mer,, oà elle fut un. peu interdite par l'apparition d'tm cvàbe énorme (pi paraissait se bâter,, comme s'il était préoccupé de quelque importante affaire; néanmoiBSt lUi obstacle. împr.évu sencontua une de ses
pattes, et il fut renversé sur le dos ; en se relevant, il vit que c'était une huître que le flux avait déposée sur la rive.
— le plus stupide des poissons I s'écria le crabe irrité, ne pouviez-vous vous ranger de côté lorsque vous m'avez vu venir? Je vous proteste que vous êtes cause qu'une de mes griffes a été cruellement blessée.
L'huître, s'entr'ouvrant avec lenteur pour répondre, dit:
— Qui donc ôtes-vous, monsieur, je vous prie ?
— Ne voyez-vous pas que je suis un crabe magnifique ? répliqua- t-il.
— Ah! oui! je vois? fit l'huître, un coquillage! un des nôtres !
— Un des nôtres I reprit le crabe avec dédain. Un des nôtres J prétendez-vous vous mettre sur le même rang que moi? Une superbe création, ornée de griffes de rechange, avec des yeux qui volent clair, et une armure de la construction la plus admirable; on
TINT LA. VAIIITEDSE 309
être tout à fait exceptionnel et hors ligne dans la
grande famille des coquillages. Se trouver classé,
après tout, avec upe espèce comme vous, un paquet,
une pierre! ballottée par la mer sans pouvoir se
diriger elle-même I rien de plus enfin, la plupart du
temps, (pi'une parcelle de rocher attachée à un
autre rocher I
— Ah! ah! ah! fitThuître en éclatant de rire ; imbé-
cile et vaniteuse créature, je ne puis en vérité m'empêcher de rire de vous. Voyez donc, en dépit de'
toutes vos perfections, vous vous traînez toujours de travers, et il vous est impossible de marcher droit devant vous. Ah! ah! ah! fit encore Thuître, qui referma sa coquille en continuant de rire. Le crabe plongea dans l'eau sans ajouter un mot.
Tiny s'éloigna de la mer et s'envola vers les champs, où elle se trouva presque aussitôt en compagnie d'une belle sauterelle dont les yeux d'or reluisaient dans le gazon.
StO XE PËftE GIGOGfïE
— Comment TOUS portez-TOUs, ma chère ? gazoufflat-éHe. Je snîs ravie âe tous voir, car vorcî unesolite taupe qui nfennùie àla mort. — Tout en pariant, dfte flésignait à Tiny le nez d'une tanpe, qui pointait précisément en dehors d'un petit monticule qu*eflle avait soulevé. — Vous voyez, continua la sauterelle, au Iheu de porter comme moi la verte livrée des champs, et d'être magnifiquement dorée, elle est pauvre, elle vît sous terre, ne connaît jien, et n'est pour cette raison qu'une très-maussade société, une vraie motte.
— Si une robe éclatante et de la dorure, sont des choses utiles, je dirai certainement que vous iîtes un ohjet sans prix, dit la taupe ; mais comme vous ne faites pas autre chose que de babiller, je ne puis •vous accorder les louanges que vous désirez, et suis forcée tout naturellement de m'avouer que je suis la plus estimable de nous deux; car je dévore lavermine qui mangerait le blé et détruirait le gazon qui vous abrite; de sorte qtx3y quoique ensevelie sous la
TIKT là VANITBWSE '3il
terre, je suis très-vivante lorsquïl sHigit des intérêts
4ieB tmtres, et ^ois être apprédée «en con<9éqQen€edes eomcm foe je xeinds.
— V«iei ettcore Thonnèteté qui ^sombatia va&kél pensa Tiny en s'envolant loin des deux antagonistes,
•— 4)ii vdlez-vottfi «i iKtte? dUrime pstite mésange bleue ^i fj^tUlait «ar un tncmc d'arbre.
— Je me^é^péôhe potar mr autant de cbosefi fue je puis, répondit Tiny» oâr oaes^ftscloiventAne quitter au lOiMcber du soleil.
— ElLes viennent jus temeat de tomber, dit l'oiseau,
et je 70US ai pitéBerirée d'vste chute.
— Tandis «qu'il parlait, Tiny fut foirt étonnée de vdii* sesailes par «terre.
^Mer^, iboa peliJ;<oiseauI dit ttidteaàent ffiny.
Jlais «comiueikt lenai^e ipiour jr^touraer à la maison?
— Prenez courage, dit la iBiésa^ge, la ^onne p^ite
fée vous protégera, aus^i ttafobesdwcc ûonAnAoe*