LE PETIT POISSON ROUGE
Le lendemain, matin,, sept heures fenaûsnt^à p»im de soaaer iu toutes les horloge» de la ville, qixelt seigneur Renardino se promenait déjà de long qa ki^ au lieu du rendez-TOus, le rondt^oint de la) Folét Verte. Il était accompagné d^dh «rieux génécûl^ tant mutilé par la bataille, oru'il w lui restait- pltts qu'un œil, u& bras et une jambe, eteneore pas au t)oiDplet ; ce quine Perapcchait pa» d-Wre tort joTΫ^ de friser sa moustache et de redresser fièremefft'9a t&ille quand une jolie dame pasêalt^prèsdellii.
La promenade dée deux amis 'durait -depuk deifx heures, lorsque le vieux général s'arrêta pour eeftt^ sotter se m<mtre.
— Mille millions de hallebardes I s*écria-t^, !! efét
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neuf heures I Est-ce qae ton Albinos ne viendrait pas, d'aventure? J'aurais été curieux, cependant, de savoir s'il avait du sang ou de la farine dans les veines.
— Tu le sauras bientôt, répondit le grand ministre en grinçant des dents, car je le vois là*bas qui arrive. .. Et il serra convulsivement la coquille de son épée.
En effet, c'était Pierrot qui arrivait, accompagné d'un marmiton, lequel portait sous son tablier deux broches à rôtir qu'il avait prises le matin dans les cuisines du roi, et qui étaient si longues que les poihtes traînaient par terre à dix pas derrière ses ta- Ions, .
Lorsque les parties en présence eurent échangé le salut d'usage, les témoins tirèrent les armes au $t)trL
— Pile ! dît le général, qui jeta en Tair une pièce de monnaie*
LA JBCNESSB DE PIEBBOT 49
— Face 1 dit le marmiton.
J'ai gagnéy reprit aussitôt le marmiton, qui empc« cha par distraction la pièce de monnaie du vieux général ; à nous le choix des armes»
Et, prenant les deux broches, il tendit l'une au seignefUr Renardino et l'autre à Pierrot»
Les champions s'alignèrent et le combat commença.
Le grand ministre, fort habile en matière d'escrime, s'avança droit sur son adversaire et lui porta en pleine poitrine deux coups de pointe ; mais, chose étrange 1 la broche rebondit comme un marteau sur Tenclume et fit jaillir des étincelles du pourpoint de Pierrot»
Renardino s'arrêta, étonné.
Pierrot profita de ce temps d'arrêt pour lui lancer un violent coup de pied dans les jambes*
Qe fut un bien autre étonnement pour Renardino, qui sauta en l'air en hurlant*
— Damnation l s'écria-r4?il^ tout éfinaianè.dissFage, «1 iLfi'âajuça de nouveau sar Pierrot, quL< «e mH à miDpre, sans cesser œpenéaat deiiiaredensondBttb goniste.
Ld' pauvre HenardinéMétait tout éclopé; muis, dei son côté, Pierrot courait le plus grand daiigfir;.dim sa imirche rétrograde, ilavait rfiRContré ua arhneioù il se trouvait acculé.
— " Je te tiens enfin! dit le grand mintalrff, <qui, voyant tonte retraite fenaéeà son adversaire, seflat»lait du malin espoir de le clouer sur l^'arlaire, coipiiBe on &it d'un papillon dans un herbier.
-^ Attrape ça ! cria-t-il, et, se fendant à fond, iLki porta la botte la plus furieuse qu'il pût faire*.
Mais Pierrot, qui l'avait vu venir,. esquivaiie^oup «n-saufeint'par-de&sus sa* tête.
I^ brocbe* da^ Heoardiao aUà «^enfoncer dans^iJir fijEBur de. UarbMi.
Vite, vite, il se mit^n positive' de^la dégager; nnia
LA JWamBÊM BI.'VIBUIOT tf
Pierrot^ ne 4«i en* Imssa pas le teoips, «t I«i aseena, dros eomme ^rête, de grands coups de pied par der* rière.
— Grâce, grftee ! s'épia enlii le malheureisx Renardino, je suis morti et, lâchant prise, il se laissa
tomber à terre.
En enneim généreux, Pierrot cessa de frapper, et tendit la main à son adversaire, qui se releva tout honteux, aux- éclats de rire des témoins.
— Mlle milHons de hallebardes! criaH le vieux général, comme il t'a tambouriné, mon pauvre ami î tu en as au moins pour quinze jours sans pouvoir t*asseoir, et pour un homme de cabinet c'est bien gênant !
— Je vais prendre les devants , disait de son côté le marmiton, pour faire préparer les corn*presses.
Après maint autre quolibet, nos personnages -rc^ prirent chacun de son côté le chemin du palais.