‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 100 sur 263 · C'était la pensée du P. de Valrogor · texte numérisé non relu

C'était la pensée du P. de Valrogor

ment honnêtes n'y suffisent pas; il y faut des hommes surnaturels et des saints. Les préparer dès l'adolescence, renouveler les sources de la vie apostolique, pénétrer les aspirants au sacerdoce de l'esprit de pauvreté, de désintéressement et d'abnégation, leur soufflerie feu sacré du dévouement, telle est la réforme à entreprendre et le premier service à rendre à l'Église. Cette action doit commencer par les petits séminaires. Le meilleur moyen de la rendre efficace et puissante est de créer une congrégation spéciale, armée des meilleures méthodes pédagogiques sans doute, mais surtout donnant l'exemple de toutes les vertus sacerdotales.

Depuis quelque temps, cette même idée préoccupait fortement un ami commun du P. Gratry et du P. Pététot, ancien collaborateur de celui-ci aux catéchismes de la Madeleine, M^"" Dupanloup. Il avait songé un moment à la réahser lui-même. « Il faut, écrivait-il, que je lève ce drapeau. » Et Pie IX lui répondait : « Ce serait le salut de la France * ! » Aussi, dès que l'évêque d'Orléans connut le projet du P. Pététot, s'empressâ-t-il d'y applaudir, en même temps qu'il encourageait celui du P. Gratry. Ils lui semblaient parfaitement conciliables entre eux. Ce double et admirable apostolat par la science et par la sainteté constituait, à ses yeux, le lien le plus naturel qui pût rattacher le nouvel Oratoire à l'ancien. Car l'ancien Oratoire avait été, dans ses beaux jours, non seulement une congrégation savante, mais un centre de vie religieuse intense. Il avait grandement contribué au mouvement de réforme catholique et cléricale, qui est l'honneur de la première moitié du dix-septième siècle.

Théoriquement et dans les perspectives de l'avenir, JP Dupanloup avait raison : les deux idées ne présentaient rien de contradictoire ni d'incompatible. Loin de .se contrarier, il sembla même aux intéressés qu'elles se prêteraient un mutuel appui. L'enseignement n'est-il pas une excellente école pour développer, assouplir,

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