‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 99 sur 263 · Lettre à Montalembert. Id · texte numérisé non relu

Lettre à Montalembert. Id

Un atelier d'apologétique religieuse lui paraissait l'œuvre essentielle et nécessaire. « Si je ne la fais point , disaitil à Me"" Dupanloup, j'aurai manqué la plus grande partie de ma tâche. Il le faut, Dieu le veut. » (23 août 1863.)

Telle était sa pensée dominante ; telle était l'intensité de son désir.

Tout autre l'idée dont s'inspirait le P. Pététot. Pour celui-ci, les préoccupations scientifiques étaient d'ordre secondaire.Il n'avait euni le temps, ni le goût de s'y livrer; et, à cet égard, il manquait de cette admirable compréhension des besoins de l'Église, qui fit de saint Philippe l'inspirateur et le soutien persévérant de Baronius. Il lui aurait fallu les vues si larges et la science profonde du grand cardinal de BéruUe, maitre de saint Vincent de Paul et du P. de Condren, inspirateur des travaux bibliques et théologiques du P. Morin et de la polyglotte de Lejay, excitateur du génie de Descartes. Or, ces immortels souvenirs n'avaient point de prise sur lui*. Son horizon était resté circonscrit au ministère paroissial, qui avait absorbéjusque-là toute l'activité de son intelligence et de son cœur. Il savait comment ce ministère peut devenir merveilleusement fécond, il voyait aussi pourquoi il donne souvent peu de fruit. Le clergé français, si honnête et si digne d'estime, lui paraissait ne pas échapper au danger du fonctionnarisme routinier, au formalisme administratif, au goût de la vie tranquille et bourgeoise. Il y avait là un inquiétant péril. C'était une de ses maximes , maxime que dans notre société mêlée et troublée, les faits ne confirment point toujours, à savoir, que le peuple est chrétien dans la mesure où le clergé est véritablement évangélique. Par suite, aujourd'hui que la foi a diminué, que le naturalisme coule à pleins bords, il ne s'agit plus, comme autrefois, de conserver par des mérites ordinaires des positions depuis longtemps assurées, mais de donner l'assaut à la barbarie renaissante et do reconquérir des provinces perdues. Des prêtres siniple-

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