‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 102 sur 263 · Lettre inédite à M" Dupanloup · texte numérisé non relu

Lettre inédite à M" Dupanloup

sence dans la communauté naissante. D'un côté comme de l'autre, et ceci est à l'honneur de tous, mêmes préoccupations apostoliques, même passion du bien, jaiême désintéressement personnel; mais aussi, d'un côté comme de l'autre, une idée arrêtée et, pour ainsi dire, fixe, des tendances divergentes, conciliables en soi sans doute, mais s'acheminant, en raison des circonstances et par le mouvement rapide des choses, à l'opposition irréductible. (')

De cette dualité de vues devait naître bientôt une autre cause de dissentiment. L'organisation d'une société varie, en effet, selon l'idéal qu'elle poursuit et selon la fin pour laquelle elle a été fondée. Tout autre sera la constitution d'une réunion d'écrivains voués aux études scientifiques et à l'apologétique religieuse, tout autre celle d'une congrégation destinée à faire rayonner dans la vie active, et sous les yeux d'une jeunesse d'élite, l'idéal de sainteté sacerdotale. Les règlements seront sensiblement différents. Sans doute , ici, il y avait lieu de s'inspirer avant tout de l'esprit et des traditions de l'ancien Oratoire, puisqu'on en relevait le nom justement célèbre. Mais, outre que la communauté naissante n'avait pas été rattachée officiellement par l'autorité ecclésiastique à l'institut du cardinal de BéruUe et qu'elle n'en était pas encore héritière, ni le P. Pététot, ni le P. Gratry n'en avaient étudié le mécanisme intérieur ni les statuts particuliers. Il leur avait suffi jusque-là d'en connaître l'esprit. Ils le goûtaient et l'admiraient également, tel que Bossuet l'a défini et caractérisé avec tant de précision et<de sympathie dans Voraiso7i funèbre du P. Bourgoing :

« Son immense amour pour l'Église, disait-il à propos du P. de BéruUe, lui inspira le dessein déformer unecompagnieà laquelle il n'a point voulu donner d'autre esprit que l'esprit même de l'Église, ni d'autres règles que ses canons, ni d'autres supérieursqueses évêques, ni d'autres liens que sa charité, ni d'autres voeux solennels que ceux du

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