Lojique, t. 1, p
présence intime do Dieu, sur la plénitude du bonheur qu'il veut donner à tous, sur sa paternelle providence ; n'avions-nous pas, sur toutes ces vérités, certaines données de lumière implicite, sereine et vivifiante; certaine puissance d'intuition, d'admiration, de foi, certaine capacité d'inspiration, qui seraient aujourd'hui pour nous, si nous ne les a\'ions perdues, d'inépuisables sources de science, d'éloquence, de poésie et surtout d'héroïques vertus? Notre langage peut-être est devenu, sur toutes ces choses, plus flexible et plus varié, notre pensée plus analytique, notre conduite plus réfléchie. Mais qu'avonsnous fait de nos sources, de nos sources de lumière et de feu? Si vous aviez, dans votre âge mûr, avec toute votre science acquise et votre puissance d'analyse, les vertus intellectuelles et la sève lumineuse qu'à douze ans Dieu mettait en vous, vous sauriez aujourd'hui ce qu'est la science infuse, ce qu'est le don de science, de de sagesse et d'intelHgence K »
Ainsi, il y a un commencement impHcite de vie éternelle au fond de l'âme chrétienne. Il s'agit d'y développer de plus en plus la sagesse à la fois divine et humaine, en se résignant avec humihté à l'imperfection d'une lumière initiale. Il s'agit de faire appel à la philosophie totale, à la très haute et très profonde philosophie chrétienne, qui est la mère des sciences de la nature et de la civilisation moderne. Si nous le faisons, d'immenses progrès sont assurés et nous pouvons saluer l'aurore prochaine d'un grand siècle.
Quelles que soient les objections que les rationalistes adressent à cette doctrine, on n'en saurait méconnaître la force et la beauté. Elle procède d'une analyse philosophique aussi fine que profonde des idées et des sentiments de l'âme humaine. Tout le chapitre premier de la seconde partie de la Connaissance de Dieu et celui des Vertus intellectuelles inspirées dans la Logique, relatifs aux causes qui paralysent et dépriment la raison,