‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 133 sur 263 · Cunnaissunce de Vâme, t. II. Les deux foyers, p · texte numérisé non relu

Cunnaissunce de Vâme, t. II. Les deux foyers, p

mais pour nous inviter à chercher l'un et l'autre à la source et au foyer. Leurs charmes et leurs attraits sont des appels expressifs et comme des amorces pour nous attirer à l'amour. Mais, comme elles ne nous offrent rien que de passager, d'imparfait et de borné, « leurs défauts, leurs limites, leurs épines, leurs mensonges et leurs perfidies sont des forces de sens contraire, mais préparées dans le même but, pour nous repousser par la douleur, la tristesse et les larmes, vers l'amour souverain ^ ». Il faut donc sortir des choses extérieures d'abord, où nous tendons à nous disperser et à nous enfoncer ; il faut soumettre sa chair à sa raison, aller du dehors au dedans, rentrer en soi-même pour y retrouver la vérité intérieure, pour la consulter et l'écouter, pour y conformer sa vie. Il faut ensuite sortir de soi-même, échapper au piège de l'orgueil caché parmi nos pensées, aux vaines complaisances de l'amour-propre et s'élancer vers le Bien suprême et vivant. Nous sommes soutenus dans cette double lutte par le sens implicite de Dieu, qui nous aide à nous dégager des biens partiels, qui nous tire en haut et nous donne la force de sacrifier la joie présente à l'attrait de l'infinie bonté.

Cette force, tout homme la sent en lui, toujours mêlée à tout. Elle nous attire au bien sans jamais se lasser. Elle nous emporte, par un irrésistible élan, vers un avenir de lumière, de bonheur, malgré les mécomptes de chaque jour et la vanité du passé. « Cette force confiante, qui maintient en nos cœurs l'espérance indomptable, malgré toutes les douleurs, et ne cesse de nous dire : « 11 y a mieux! » cette force infatigable qui conduit riiomme dans son voyage terrestre, comme un voyageur enthousiaste, plein de jeunesse et d'illusion, rêvant toujours dans le lointain, au delà de chaque horizon, une nature plus riche et plus belle; cette force clairvoyante qui, dans chaque espérance accomplie, nous montre une vanité; qui, dans tout bien que nos mains tiennent, nous

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