‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 151 sur 263 · De l'avenir de la métaphysique · texte numérisé non relu

De l'avenir de la métaphysique

2. Logique, t. I, p. 210-214, passim. — Cf. A. de Margerie, Ici., ibid. Ces idées reviennent sans cesse chez le P. Gratry. 11 les exprimait,

en 1851, dans une curieuse lettre, adressée à M. Nourrisson, le futur membre de l'Institut : « ... Je ne désire rien tant, cher ami, que de vous voir percer la coquille du philosophique pur... lîien de plus diffi-

tliode morale, dont il est si profondément convaincu. L'accent est si vrai et vient si visiblement du fond de lame, qu'il ne peut pas ne pas toucher, môme les lecteurs superficiels. Ce n'est pas seulement la voix d'un philosophe qu'on entend, c'est celle d'un apôtre passionné, qui a soif de communiquer aux autres le trésor dont il est possesseur et dont il sent l'inestimable prix ; qui ne veut pas seulement éclairer les intelligences, qui veut en même temps exciter les énergies de la volonté, provoquer les résolutions viriles, donner le branle enfin à tout l'être moral. C'est ainsi que, pendant vingt ans, il a communiqué au cœur de ce siècle une puissante impulsion vers l'idéal religieux. Les esprits les plus rebelles aux idées chrétiennes n'échappaient point à l'influence de ce souffle bienfaisant. <( Le P. Gratry, disait Scherer, m'a fait éprouver quelques-unes des plus vives et des plus saines impressions que j'aie eues depuis longtemps... Uya dans ses écrits des passages qui élèvent et attendrissent, qui fortifient l'homme moral, comme le feraient quelques gouttes d'un cordial généreux i. » Il serait facile de multiplier pareils témoignages.

cile que de l'ouvrir vers la poésie, vers l'amour, vers le mysticisme, vers le dogme. Aussi, votre percée sur le mysticisme chrétien, qui est excellente, est l'une des choses qui m'aient fait le plus de plaisir depuis longtemps. Insistez dans cette voie, que ce soit de cœur, de pratique et d'amour, et vous vivrez, et vous grandirez, au lieu de vous essouffler, de vous atténuer avec M. Cousin, et de vous raccornir comme tout autre professeur de philosophie. — Ces jours derniers, j'ai passé deux journées de suite dans ma chambre, tout seul, sans sortir, même pour (liner. J'ai un peu médité de cœur. Le soir, entre six et sept heures, j'ai été frappé d'une image assez vive du philosophique pur, fût-il en possession de toute la vérité. C'était une imperturbable lumière et sérénité du temps par un vent du nord désagréablement froid. Vous comprenez. Ce ciel sans nuage, cette lumière du soir régulièrement classée par teintes, la lune énorme se levant derrière le Panthéon, symbole exquis de la philosophie purement humaine, vide comme elle, ce froid sous la lumière, cette aride et insupportable poussière continuellement soulevée et lancée aux yeux par le vent, tout cela me rappelait le mot de F'ascal : La vérité sans la charité n'est pas Dieu, mais elle n'est qu'une idole... • (Lettre due à l'obligeante coiiimunicatiou de mon confrère, le 11. P. Thédenat, de l'Institut.)

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