‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 152 sur 263 · Mélanges de critique religieuse. Le P. Gratry · texte numérisé non relu

Mélanges de critique religieuse. Le P. Gratry

Unité, élévation, fécondité, voilà, pour une doctrine, des caractères éminemment philosophiques. S'il est vrai, comme on l'a dit, qu'il n'y a de grand dans l'homme que son effort vers quelque chose de plus grand que lui, voilà des titres de premier ordre à l'attention, au respect, à la sympathie. Par suite, dénier au P. Gratry le nom de philosophe, c'est véritablement manquer de justice. Par les principes de sa méthode, comme parles résultats obtenus, tout incomplets qu'ils soient, il s'est rangé de droit parmi les maîtres de la pensée chrétienne.

La conclusion paraît indiscutable.

Aussi n'est-il pas surprenant qu'un pareil maître ait rallié autour de lui toute une élite de disciples et ait exercé une influence profonde et durable. Non pas qu'il voulût se faire chef d'école. « Oh! non, jamais, a-t-il écrit, je n'eusse voulu être appelé père et maître d'un autre esprit. Et pourquoi? parce que j'étais si heureux d'avoir le Christ pour maître que je n'en puis comprendre d'autre, ni pour moi, ni pour le moindre de ces petits i. » Si les penseurs séparés peuvent employer la formule antique : Le Maître l'a dit, Magister dixit, les chrétiens n'ont d'autre guide que la vérité.

Malgré cette réserve, par la vertu persuasive d'une pensée rayonnante et surtout par l'attrait magnétique d'une grande âme, le P. Gratry s'est vu entouré d'un g^roupe admirable de jeunes hommes, qui s'attachèrent à lui comme à un père. 11 suffit de rappeler quelques noms : Adolphe et Charles Perraud, Alfred Tonnelle, Henri Perreyve, Louis Lescœur, Heinrich, Charaux, Nourrisson, Amédée de Ma.rgerie, Charles et Hilaire de Lacombe, plus tard Ollé-Laprune, dont la philosophie chrétienne pleure encore la perte. Le mouvement n'est pas fini. Aujourd'hui, toute une postérité de jeunes intelHgences libres, larges, fermes, fidèles à la raison et à l'Évangile, relèvent directement ou indirectement de l'impulsion qu'il a donnée. Par eux, il continue d'a-

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