‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 153 sur 263 · Comment, sur saint Mallhieu, t. II, p · texte numérisé non relu

Comment, sur saint Mallhieu, t. II, p

28r. LE PEllE GRATRY.

gir, (le répandre des semences de vie, do vrrité et de vertu.

Accordons seulement que sa philosophie ne ressemble on rien aux analyses des Écossais ou à celle des éclectiques. Rien d'étonnant qu'elle déroute un peu l'observateur superficiel. On n'est plus habitué à ces démarcheslà, qui rappellent Platon et saint Augustin. Tout autre est la manière commune des professeurs du haut enseignement. « J'entre dans un livre de M. Garnier comme dans une filature, écrivait spirituellement Augustin Cochin, on parlant du Traité des facultés de l'âme; on m'explique un à un les ressorts, on me compte les fds, on pousse les broches; je sors l'oreille pleine d'un tic tac, ayant peu compris, prêt à tout oublier, si ce n'est que la machine est fort ingénieuse, et qu'elle est un des systèmes inven tés pour faire de la toile. J'entre dans le livre du P. Gratry [La Connaissance de lame), comme dans une salle de concert, et, au lieu de compter les cordes des instruments, j'entends, ravi, ou leur suave cantilène ou leur entraînante harmonie. Je sors, sentant que l'âme n'est pas une toile, mais une lyre, que la philosophie n'est pas l'autopsie de la pensée, que, pour la voir en détail, il ne faut pas la disséquer, mais l'illuminer '. »

De la sorte, si l'on n'emporte pas une idée bien nette du mécanisme de la pensée et des rouages divers qui concourent aux opérations de l'esprit, on est émerveillé, ce qui vaut mieux, de la vie mystérieuse et profonde, des mouvements infiniment variés dont le spectacle s'est déroulé sous nos yeux. On s'en va tout saisi, ému, pénétré de la grandeur et de la beauté du monde moral et du désir de devenir meilleur.

Si ce n'est point de la philosophie classique, au gré de l'école, c'est, à coup sûr, quoi qu'on en dise, de la philosophie vivante et de la philosophie féconde, qui classe le P. Gratry danslafamille desPlaton, des saint Augustin, des Malebranche, des Maine de Biran et des Newman.

l. Lettre inédite à Moiitalembert, ilatôe ir.Vllevard, --'-i août 1857.

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