‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 169 sur 263 · Cf. Léon Grégoire, Ibid., p · texte numérisé non relu

Cf. Léon Grégoire, Ibid., p

mouvement social chrétien. « Ce sera d'abord, disait-il, avec cet instinct prophétique, qui est le don du yénio, comme un point qu'à peine on apercevra, une faible ag-régation dont on se rira peut-être. Peu à peu, ce point s'étendra, cette agrégation se dilatera; on y affluera de toutes parts, parce qu'elle sera un refuge à tout ce qui souffre et dans l'âme et dans le corps; et l'humble plante deviendra un arbre dont les rameaux couvriront la terre et sous le feuillage duquel viendront s'abriter les oiseg^ux du ciel^. »

Depuis cette généreuse tentative, aucune voix sacerdotale n'avait, chez nous, plaidé cette grande cause. Le P. Gratry, ému des misères et des souffrances dont il était le témoin, ne put retenir un cri de douleur 2. La pitié lui lit comprendre, aimer, recommander ce qu'il appelle « l'admirable science du pain ». Selon lui, le bien du corps doit être un objet de sollicitude en même temps que celui de l'a me.

Ce n'est pas seulement l'aumône qu'il réclame au nom de la charité ; c'est une plus égale répartition de la richesse au nom de la justice. Non seulement l'exploitation des travailleurs est un crime à ses yeux ; mais la fortune, même honnêtement acquise, ne confère pas le droit d'user et d'abuser. Le Code, en ce point, est resté païen. Pour le chrétien, tous les biens de la terre sont à Dieu. Les riches n'en sont que les dépositaires et les administrateurs, non pour les dévorer dans une vie de luxe, de bonne chère et de plaisirs, mais pour les répandre avec intelligence sur les nécessiteux, et surtout pour rétribuer le travail, de manière à faire vivre honorablement l'ouvrier et sa famille. Tel était le devoir de la bourgeoisie. Elle ne l'a pas compris. Elle a conmiis la faute de l'ancienne noblesse qui s'arrogeait droits et privilèges et s'exemptait des charges. Elle finira comme elle, u Malheur au faible dans la lutte pour la vie ! » dit l'économiste

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