‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 172 sur 263 · Libres opinions morales et historiques, p · texte numérisé non relu

Libres opinions morales et historiques, p

2. Commentaire sur l'Évangile selon saint Matthieu, t. I, p. 113.

332 LE TEUE GRATRY.

L'optimisme resta jusqu'au bout la foi du P. Gratry. Il y inclinait naturellement, et l'âge ne fit que l'y confirmer comme en une sérénité d'automne. Il écrivait à Montalembert, vieilli et attristé, ces paroles réconfortantes :

« Pour la première fois, depuis cjue l'homme est sur la terre, pour la première fois en ce siècle, ceux qui ont des yeux peuvent commencer à comprendre où nous en sommes et en quel sens marche l'histoire et l'étoile vers laquelle nous allons. Très certainement (sauf apostasie générale du genre humain, malheur auquel je ne crois pas), très certainement nous sommes dans la parole du Christ, et, par elle, nous irons à la vérité lumineuse, et^ par cette vérité, à la liberté déployée dans sa force.

(( Gela ne peut pas nous manquer. Votre idéal, vos rêves et les miens seront réalisés, peut-être même dépassés. « Quant à ce jour et à cette heure, nul n'en sait rien, pas même les Anges du Giel, mais le Père seul. » Le royaume de Dieu est déjà au milieu de nous, et // se développe comme le grain de sénevé ; il fermente comme le levain dans la masse. L'Évangile a toutes les prophéties de l'avenir, et le germe vivant de l'histoire universelle déjà visible aux yeux. G'est là pour moi une consolation plus solide et plus ravissante que celle d'un homme qui croit avoir la certitude que ses lils seront rois.

« Aucune épaisseur de sottise — ou de méchanceté — n'empêchera le triomphe de la justice, de la vérité et de la liberté i. »

Quelques mois après, éclataient les catastrophes de 1870 et 1871, la guerre civile s'ajoutant à la guerre étrangère pour détruire notre malheureux pays, a G'est lenfer rendu visible, » écrivait h^ P. Gratry à iM. I>. Ni-

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